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L’importation de viande brésilienne suspendue en Europe: “Peut-être un tournant”

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président brésilien Lula © AFP

La suspension par l’Union européenne, à partir de ce jeudi, des importations de bœuf, de volaille et de miel en provenance du Brésil constitue peut-être “un tournant dans la politique commerciale” de l’Union, souligne mercredi l’eurodéputé belge Benoît Cassart (MR).

A. FO

Source: Belga, AFP

2 septembre 2026, 13:22Dernière mise à jour: 13:25

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La Commission européenne reproche au Brésil de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage.

Concernant la volaille et le miel, un audit doit s’achever vendredi. S’il s’avérait concluant et que les pays européens donnaient leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne vers l’UE pourraient de nouveau être autorisées dans les semaines qui viennent. Les délais pourraient en revanche être plus longs pour le bœuf.

La Commission, “garante des règles”

Hormones de croissance interdites

Selon l’élu, la suspension serait aussi liée à la présence d’hormones de croissance interdites dans l’UE. Elle constitue à ses yeux “un premier pas dans la bonne direction”. Toutefois, “la logique de contrôle de la Commission reste trop centrée sur le produit fini qui arrive dans les ports européens et pas suffisamment sur les méthodes de production.” Benoît Cassart pointe les différences de réglementation en matière de bien-être animal, de traçabilité et d’utilisation de pesticides, y compris de substances qui ne laissent pas de résidus, comme celles utilisées pour la betterave sucrière.

“La Commission européenne semble avoir compris...”

L’eurodéputé voit d’autres signaux positifs dans l’exclusion de l’agriculture de l’accord UE-Inde, ainsi que dans les menaces en Australie de bloquer l’accord avec l’UE en raison d’un volet agricole qui serait trop favorable à l’Europe. “La Commission européenne semble avoir compris qu’il n’était plus possible de signer des accords de libre-échange dans lesquels l’agriculture était systématiquement utilisée comme monnaie d’échange.”

La viande brésilienne interdite à partir de jeudi

L’Union européenne va suspendre à partir de jeudi les importations de volaille et de boeuf brésiliens, a indiqué Bruxelles, qui attend des garanties du Brésil sur le respect de ses règles sanitaires. À ce stade, la Commission européenne reproche au Brésil de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage.

“Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre”

“Le Brésil est un partenaire important de l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre”, a précisé une porte-parole de l’exécutif européen à l’AFP lundi soir. La suspension des importations brésiliennes concerne aussi les oeufs et le miel.

L’Europe veut démontrer sa vigilance

Utilisation d’antimicrobiens

Selon les règles européennes, l’utilisation d’antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser la croissance ou d’augmenter les rendements est interdite. Les animaux ne peuvent pas non plus être traités avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines. Ces mesures font partie d’une politique européenne visant à lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les recours inutiles aux traitements antibiotiques.

Résistance aux médicaments

Le monde a connu une explosion du nombre d’infections résistantes aux médicaments ces dernières années. D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) sont directement responsables de plus d’un million de décès et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires chaque année.

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