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L'épuration naturelle débarque aussi à Tinlot et Clavier grâce aux hélophytes : "À la fin du projet, on aura planté 3,5 km de berges dans le Condroz"

Le dernier chantier participatif remonte à fin mai et s'est déroulé à Tinlot et Clavier. Des membres du GAL Condruses, des Contrats rivière Meuse Aval et de l'Ourthe, des bénévoles dont des élèves de l'Alter école de Clavier ont planté 700 mètres de berges avec des plantes "magiques", les hélophytes, connues pour leurs vertus d'épuration naturelle.

Les plantes ont été mises en terre (ou en eau plus exactement) rue de Diarville, chaussée Romaine et rue Fond de Soheit à Tinlot ainsi que rue de Clavier, rue de Razée et rue de Bouresse à Clavier. "Ce chantier ciblé est la partie visible de l'iceberg, il s'agit d'un projet plus global sur tout le Condroz", explique Luna Maglieri, chargée de projet "Réseau écologique local et biodiversité" au sein du GAL Condruses.

Réduire la pollution de nos cours d'eau

C'est en effet un programme d'ampleur qui a pris racine dans les neuf communes du GAL (Anthisnes, Clavier, Ferrières, Hamoir, Marchin, Modave, Nandrin, Ouffet et Tinlot) : se tourner vers la phytoépuration pour rendre nos cours d'eau plus sains, plus propre et réduire la pollution.

Iris des marais, roseaux ou massettes… Les hélophytes sont des plantes semi-aquatiques, elles favorisent une auto-épuration naturelle de nos cours d'eau et nos fossés qui reçoivent encore en partie des eaux usées domestiques. Les bienfaits sont nombreux. Leurs racines accueillent des bactéries qui décomposent en partie les polluants. Elles offrent refuge et nourriture aux pollinisateurs et à la faune locale. Elles freinent l'eau, facilitent l'infiltration et limitent les odeurs.

Ces plantes sont les pieds dans l'eau et la tête au soleil. Elles sont semi-aquatiques, les racines ou les rhizomes se développent dans la vase ou la terre gorgée d'eau (ou complètement sous eau). Elles sont typiques des zones humides ou marécageuses.

"Le contrat rivière Meuse aval a réalisé un projet pilote à Hannut et Burdinne et nous avons décidé de l'étendre à tout notre territoire", poursuit la chargée de projet.

Des zones prioritaires identifiées

Les deux contrats rivière ont d'abord réalisé un important travail de terrain pour identifier les points noirs, les lieux critiques et les zones prioritaires. Il y a un an, les premiers chantiers de plantation ont débuté, entre autres à Nandrin et Modave "On tient à ce que ce soit des chantiers participatifs, pour impliquer le citoyen."

Le programme est à ce jour bien avancé, il atteint trois quarts de l'objectif des 3,5 km de berges plantées. Il reste quelques tronçons seulement à couvrir, notamment à Marchin où 500 hélophytes seront plantées dans les fossés, en octobre. "Les plantations sont à faire à la période printanière et à la période automnale, qu'elles prennent", précise Luna. Deux fossés sont aussi concernés à Tinlot et Clavier, des zones de grande taille et difficilement accessibles. Ce qui nécessitera, ici, le recours à une entreprise spécialisée.

L'efficacité analysée par un suivi

Et après ? Le projet prévoit un état des lieux et un suivi. "Des études vont être réalisées pour évaluer l'efficacité de l'opération. On sait qu'il y aura des effets positifs mais dans quelles proportions, c'est à analyser", indique la chargée de projet. Une brochure de sensibilisation sera aussi publiée à destination de la population.

De nouvelles campagnes de plantations sont également prévues l'année prochaine dans les zones où elles n'ont pas pris. "Il nous reste un petit budget pour ça." Le programme se terminera fin 2027.

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