L'éleveur Xavier Bragard, de Mangombroux, victime d'une 19e attaque de loup : "Les éleveurs touchés sont en mode survie"
"Va-t-il falloir que quelque chose de très grave se passe avant d'agir ?", déplore fermement Xavier Bragard, éleveur de moutons et de bovins à Mangombroux-Heusy.
Dans la nuit du 8 au 9 octobre 2026, un loup s'est encore introduit dans l'une de ses prairies et il a pris la vie d'une brebis enceinte de deux agneaux. Depuis le mois d'août 2026, Xavier Bragard dénombre 19 attaques de ce type et la perte de 28 de ses bêtes.
Pour lui, aucun doute quant à l'animal qui est à l'origine de ces attaques : "C'est un loup. Il a été filmé par mes caméras cette nuit", indique l'éleveur. Ces caméras, utiles pour prouver l'origine des dégâts, lui ont tout de même coûté près de 3 000 €.

Un Réseau Loup déplorable
Face à ce fléau, Xavier Bragard s'indigne de l'attitude du Réseau Loup. "J'ai vu M. Licoppe (coordinateur du Réseau loup) sur TV Lux hier soir. Il baisse tout le temps la tête. Il n'est pas capable de dire qu'ils sont dépassés par les attaques et tout ce qui s'ensuit. On prend les éleveurs pour des cons", s'insurge-t-il.
L'éleveur indique s'être entretenu ce vendredi matin pendant près d'une demi-heure en ligne avec le coordinateur du Réseau Loup. "Il m'a dit qu'une réunion allait être organisée à la fin du mois d'octobre." En effet, il semblerait qu'une réunion se prépare à Verviers entre le Réseau Loup, des éleveurs régionaux et Anne-Catherine Dalq (MR), ministre wallonne de l'Agriculture et de la Nature.
"J'en attendais beaucoup de cette réunion, dit l'éleveur. Normalement, la rencontre était organisée pour entendre les éleveurs avant l'élaboration du nouveau plan loup. Mais de ce que je sais, ce nouveau plan est déjà sur la table, presque bon à être signé, sans même nous avoir écoutés." Xavier Bragard espère toutefois avoir une discussion constructive avec la ministre et attend que le Réseau Loup admette qu'il est dépassé par la situation.
Dans l'attente de solutions concrètes et adaptées
Vu la récurrence des attaques et les pertes engendrées, l'éleveur de la rue Fontaine au Biez dénonce des "solutions préventives proposées qui n'ont aucun sens chez nous". Il évoque notamment un système électrique qu'un autre éleveur de la région a tenté mais qui a été sans succès. "Vu que c'est la même louve, si ça ne fonctionne pas chez lui, ça n'arrêtera pas non plus la louve chez moi."
Outre le manque d'efficacité, l'éleveur ne souhaite pas installer ce système pour diverses raisons. Il partirait plutôt sur des clôtures en treillis mais il est rebuté par le prix.
Pour protéger ses troupeaux, Xavier Bragard a pris un chien de protection. "D'après le Réseau Loup, il faut mettre deux chiens par troupeau. J'ai une dizaine de troupeaux, ça voudrait dire que je dois avoir 20 chiens. Certains voisins ont déjà envoyé la police à cause d'aboiements de mon chien. Si j'en ai 20, qu'est-ce que ça va donner ?"

Sans solution efficace, les éleveurs touchés par les attaques de loup continueront de perdre du temps et de l'argent. "J'ai perdu 28 bêtes et les potentiels agneaux qui auraient pu venir au monde. En plus de cette perte financière, je dois justifier chaque attaque, ce qui me prend aussi du temps non rémunéré." Selon lui, les indemnités évoquées restent bien insuffisantes.
Malgré tout, Xavier Bragard tient à remercier les deux agents du Département de la nature et des forêts de la Région wallonne (DNF) verviétois qui "font un travail remarquable". Il souligne la rapidité de la venue des agents pour effectuer les prélèvements.
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