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les mâchoires du Budget se referment

Le gouvernement peine vraiment à boucler son projet de loi de finances pour 2027, parce qu'il est pris en étau.

Publié le mardi 15 septembre 2026 à 07:45

La première mâchoire, c'est la pression financière qui se resserre.

Hier, les taux d'intérêt auxquels l'Etat s'endette ont dépassé les 4,5%. Au début du mois, c'était 4,1%. Il y a un an, c'était 3 et demi. La France n'est pas à l'origine de cette poussée de fièvre, partie des Etats-Unis et générale.

Mais elle nous touche davantage que d'autres puisque nous sommes davantage endettés et que nos taux sont les plus élevés de la zone euro. Il suffisait de voir la mine, vendredi, du ministre de l'Economie Roland Lescure en conférence de presse pour comprendre que la situation est tendue.

Il a pris garde de ne pas affoler les marchés avec des chiffres sinistres. Car dès cette année, la charge de la dette (le coût des intérêts), pour l'Etat, la Sécu et les collectivités locales, dépasse les 70 milliards d'euros. On attend avec intérêt (si j'ose dire) le chiffre pour l'an prochain : 80, 90 milliards ?

Car sur toute la planète, la demande d'argent frais monte et l'offre rétrécit.

La deuxième mâchoire est sociale.

En face des gnomes gris de Zurich, selon l'expression peu amiable pour parler des marchés, aura-t-on le retour des Gilets Jaunes à cause du prix des carburants ? C'est la rumeur du week-end, avec un rendez-vous le 17 octobre.

Vendredi, le litre de gazole était affiché à 2 euros 29 en moyenne en France, selon les données officielles publiées hier. Et l'Etat est à sec.

Cette fois, ce n'est plus le ministère de l'Economie qui stresse, c'est celui de l'Intérieur.

Or, ce n'est pas le seul front. Il y a aussi celui des retraités qui, de toute évidence, vont sous une forme ou une autre passer à la caisse.

Bref, il n'est pas impossible que les automobilistes retraités soient d'humour chafouine cet automne.

Un mouvement social est-il possible ? La perspective de la présidentielle pourrait bien l'amortir. Mais le point commun entre les automobilistes et les retraités est que ce sont deux priorités de Marine Le Pen.

Et il y a peut-être une 3ème mâchoire ….

L'année dernière, Sébastien Lecornu a cherché (et trouvé) une esquisse de compromis avec les socialistes. Il n'en est pas question cette année. Cette fois, et selon les informations de ma consoeur Cécile Cornudet des Echos, un autre acteur entend peser : Emmanuel Macron, qui exige des mesures fortes pour que le déficit ne dérape pas trop.

Il est (pardonnez-moi l'expression), il est gonflé parce que son bilan est désastreux sur les finances publiques. Mais la copie de Sébastien Lecornu tarde à être écrite. Il faudra néanmoins qu'elle le soit d'ici jeudi ou vendredi.

Avis aussi aux candidats à la présidentielle : vous pouvez commencer à réécrire votre programme.