L’AS Monaco Basket dans l’attente pour sa survie en Betclic Elite : l’avis du CNOSF rendu mercredi ou jeudi
Le dossier de l’AS Monaco Basket est désormais entre les mains du CNOSF. Le collège de conciliateurs a examiné mardi après-midi les éléments apportés par le club. L’audience, débutée à huis clos à 14 heures, en présence du directeur général Oleksiy Yefimov et de l’avocat du club Xavier Le Cerf-Galle s’est achevée dans l’après-midi sur les coups de 16h30. L’AS Monaco Basket attend désormais une décision mercredi ou jeudi, avec l’espoir de voir sa situation réexaminée à la lumière des nouvelles garanties financières présentées.
Le principal argument avancé par le club concerne l’évolution de sa situation financière. L’AS Monaco Basket affirme avoir désormais apuré son passif historique et être « effectivement exempte de dettes ». Pour le club, cette évolution constitue une amélioration majeure par rapport à la situation qui avait conduit à la décision initiale de la DNCCG de l’exclure des compétitions professionnelles. Selon les chiffres communiqués par le board, plus de 2 millions d’euros de recettes sont déjà identifiées entre indemnités de transferts et sponsoring. Ces différents éléments représentent précisément 3 270 000 euros de recettes déjà encaissées ou identifiées. À ces sommes s’ajoutent plusieurs garanties et perspectives financières importantes à déployer au cours de la saison, mais séquestrées en banque comme l’exige la FFBB. Ajoutés à cela, d’autres éléments permettent d’identifier de manière fiable 5 millions d’euros pour l’exercice 2026-2027, dont les abonnements puisque la campagne n’a pas pu commencer. Autant d’arguments mis en avant pour démontrer que le modèle économique de la Roca Team, sans subventions publiques, peut être viable indépendamment des incertitudes qui avaient entouré son dossier ces dernières semaines.
Sans oublier que l’ASM poursuivra ses relations avec ses partenaires historiques en cas de maintien dans l’élite. Le club estime que plusieurs entreprises qui l’accompagnent actuellement, parmi lesquelles le Groupe Michel Pastor et d’autres marques locales, prolongeront leurs contrats de sponsoring.
Un budget de 6 à 7 millions d’euros pour rester compétitif
Ces engagements futurs ne sont pas comptabilisés dans les recettes déjà sécurisées présentées au CNOSF, mais constituent une perspective supplémentaire pour le budget 2026-2027. Ce qui avoisine une somme totale autour des 6-7 millions d’euros.
Il ne faut pas oublier que Monaco a gagné l’Eurocup en 2021 avec un budget de 6,8 millions d’euros, et que le budget annoncé est supérieur à celui de Saint-Quentin (autour des 4 millions d’euros) qui pourrait prendre la place de Monaco dans l’élite.
De quoi être compétitif comme le concède Olivier Mazet, l’un des agents de joueurs les plus réputés en France : « À ce niveau de budget, bien évidemment qu’il y a matière à être compétitif, que ce soit en championnat mais aussi en Eurocup. Ça implique une ambition différente des autres années, certes. Mais c’est à partir de tout ça que le club peut reconstruire. »
L’enjeu n’est pas seulement de boucler le budget. L’ASM doit aussi montrer sa capacité à monter un effectif, puisque seul Juhann Begarin est encore sous contrat. Et parmi les noms annoncés au cœur de l’été, il ne resterait que Yak Ouattara en passe de s’engager. Pour l’agent de Matthew Strazel, cela est possible malgré le timing serré pour recruter. Mais ce serait surtout une bonne chose de voir Monaco en Betclic Elite, en dépit de tout ce qu’il se passe : « Je ne sais pas comment on peut se réjouir qu’un club qui fut la locomotive de notre championnat puisse disparaître. L’attrait de la ligue aujourd’hui, c’est l’Asvel, Paris, Monaco et aussi Bourg. On a besoin de marque, et qu’on le veuille ou non, Monaco en est une. »
Les dirigeants de la Roca Team veulent désormais croire que ces nouveaux éléments produits et documentés permettront de modifier l’appréciation de sa situation afin de prendre part au championnat Élite en 2026-2027.
Le CNOSF doit rendre sa recommandation de conciliation ou de non-conciliationce mercredi ou jeudi. Le club attend qu’en cas de recommandation de conciliation, la FFBB accepte de renvoyer l’étude du budget prévisionnel à la DNCCG. Alors que nous sommes maintenant à un mois du début du championnat. La saga continue…
Maître Le Cerf-Galle : « L’ASM est prête pour la Betclic Elite »
L’avocat de l’AS Monaco, Maître Xavier Le Cerf-Galle, s’est exprimé mardi à l’issue de l’audience avec le CNOSF et a exposé la situation : « Nous avons exposé avec la plus grande transparence la situation économique et financière de l’AS Monaco Basket, à savoir celle d’un club qui n’a plus de dette systémique, dont la situation financière est assainie. Et qui a dès à présent 5 millions d’euros de ressources dont 3,3 millions d’euros de ressources documentées dès le début de saison. Cela signifie que le club est déjà mieux doté financièrement que les deux tiers des autres écuries de Betclic Elite qui sont toutes structurées autour de subventions et de ressources publiques (subventions directes, achats de places et de visibilité par les collectivités telles que les municipalités, les métropoles, les départements, les régions). Là où l’AS Monaco Basket ne fonde son modèle économique que sur ses ressources privées. Sans compter sur ces garanties financières qui ne nous sont demandées qu’en raison du passé du club et non au vu de sa situation restructurée, l’AS Monaco Basket est prête pour la Betclic Elite avec une masse salariale maîtrisée. Nous attendons la recommandation de conciliation du CNOSF. Nous l’appelons de toutes nos forces. »
Le projet porté par Benjamin Erisoglu non convié devant le CNOSF
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Un autre projet de financement est apparu ces derniers jours autour de l’entrepreneur Benjamin Erisoglu, sollicité pour travailler sur une solution permettant de maintenir le club en Betclic Élite. Erisoglu l’assure : « J’ai amené un investisseur, résident monégasque et issu du monde industriel, susceptible d’apporter une garantie bancaire de 10 millions d’euros, avec 1,2 million d’euros mobilisable immédiatement. »
Sauf que ces potentiels investisseurs n’ont pu prendre part à la visio mardi devant le CNOSF, l’avocat du club, Maître Xavier Le Cerf-Galle, ne leur ayant pas donné l’accès.
Selon l’homme d’affaires, deux accords de confidentialité et deux lettres d’intention auraient été pourtant signés dans le cadre des recherches menées ces derniers jours. Une situation que l’ancien président de l’équipe de foot de Cholet estime difficilement compréhensible, alors que son groupe affirme disposer des fonds et garanties nécessaires.
L’avocat du club précise qu’une lettre d’intention a bien été transmise par l’avocat azuréen de l’industriel, peu après 15h05 en pleine audience de conciliation. Mais, conformément aux règles de la procédure de conciliation, seuls les éléments formellement produits avant l’ouverture de l’audience peuvent être examinés et les débats sont réservés aux parties concernées, à leurs avocats et à leurs conseils.