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« L’Armée des romantiques » a secoué la société, brisé les carcans du classicisme du XIXᵉ siècle

« L’Armée des romantiques » de Amélie Harrault

« L’Armée des romantiques » de Amélie Harrault SILEX FILMS

Victor Alexandre Dumas, George Sand, Charles Baudelaire ou Gérard de Nerval : ils sont aujourd’hui admis au panthéon de l’art. Hier, pourtant, ils n’étaient que des jeunes qui en voulaient. Des inconnus dans leur vingtaine, qui sillonnaient le Paris tumultueux du XIXe siècle la tête farcie de grandes ambitions.

Ces romantiques ont secoué la société, brisé les carcans du classicisme et lutté avec leurs plumes ou leurs pinceaux. Alexandre Dumas cherche à conquérir la Comédie-Française, Victor Hugo sera « Chateaubriand ou rien », Honoré de Balzac veut devenir le « Napoléon des lettres », Eugène Delacroix peint avec une fougue inédite « la Mort de Sardanapale ».

Répression, prison, exil

Créée par Amélie Harrault, réalisatrice des « Aventuriers de l’art moderne » et de « Mademoiselle Kiki et les Montparnos », césar du meilleur court-métrage d’animation en 2014, cette saga en animation 2D entremêle les destins de ces artistes de génie à la vie politique bouillonnante de la France d’alors, de la révolution de Juillet à la proclamation de la République.

Magnifique quand il s’inspire de tableaux ou qu’il donne à voir paysages et monuments, moins convaincant sur les visages, ce feuilleton narré par Cécile de France rejoue les réussites et les échecs des uns et des autres, leurs amours, leurs amitiés, leurs paradis artificiels. On assiste à la bataille d’« Hernani », où anciens et modernes s’invectivent à coups de sifflets et d’applaudissements, à la dolce vita que George Sand mène à Nohant, aux lubies de Balzac, qui consulte une voyante au sujet de sa relation avec la comtesse Ewelina Hańska ou imagine cultiver des ananas pour financer la Société des Gens de Lettres.

C’est aussi la répression qui menace à chaque instant, case prison (Nerval, Daumier) ou exil (Dumas). Avec la complicité de l’écrivain Dan Franck, qui a publié sur le même thème « le Roman des artistes » (Grasset, 2024), cette série très documentée redonne tout son romanesque à cette génération dont les idéaux subsistent. C’est Théophile Gautier qui en parle le mieux, dans son « Histoire du romantisme » : « Une sève de vie nouvelle circulait impétueusement. Tout germait, tout bourgeonnait, tout éclatait à la fois. »

◗ Samedi 22 août à 20h55 sur Arte. Série documentaire d’animation d’Amélie Harrault (2024). 4 x 52 min.(Disponible en replay jusqu’au 21 septembre 2027 sur Arte.tv).

Par  Amandine Schmitt