L’Argentine pense à la guerre des Malouines, Infantino rêve d’un Mondial à 64 équipes : le bulletin de la Coupe du Monde de Trump
Le président de la Fifa Gianni Infantino, au stade de Monterrey, à Mexico, le 29 juin 2026. CARL RECINE / GETTY IMAGES VIA AFP
Ce lundi 13 juillet marquera la deuxième soirée sans match du Mondial. Une douloureuse période pour les aficionados du ballon rond ; une pause fraîcheur bien méritée pour ceux qui se sont déjà farci les 100 premières rencontres de cette Coupe du Monde en un mois et qui n’en peuvent plus. Courage à eux, il ne reste plus que quatre matchs ! Et pas des moindres : l’Equipe de France disputera notamment mardi 14 juillet à 21 heures, jour de fête nationale, sa demi-finale contre l’Espagne de Lamine Yamal. Avec l’espoir de prendre une revanche sur l’élimination lors de la Coupe d’Europe en 2024.
Mercredi 15 juillet, aussi à 21 heures, l’Argentine du génie Lionel Messi affrontera l’Angleterre du golfeur Harry Kane pour la deuxième place en finale qui aura lieu le dimanche 19 juillet à la même heure. La veille, le samedi 18 juillet à 23 heures, la petite finale opposera les deux équipes défaites lors des demi-finales. Voilà pour le calendrier des six prochains jours. En attendant avec excitation le retour de nos Bleus sur le terrain, voici les principales informations à retenir de ces dernières 24 heures.
• Vu de France
Un dispositif sécuritaire XXL. Certes le traditionnel feu d’artifice aura exceptionnellement lieu ce lundi 13 juillet, afin de ne pas interférer avec les commémorations pour les dix ans des attentats de Nice le lendemain. Mais entre les festivités maintenues le 14 juillet (le défilé militaire sur les Champs-Elysées notamment) et la demi-finale entre la France et l’Espagne, sur fond de chaleurs caniculaires, il faut du monde pour assurer la sécurité. La préfecture de police de Paris a donc prévu de déployer 7 000 policiers et gendarmes et 2 000 sapeurs-pompiers dans la capitale et son agglomération. L’objectif affiché pour la soirée de foot ? Permettre qu’elle « reste une fête pour le plus grand nombre », indique la PP dans un communiqué. Un vœu partagé par tous.
• La petite phrase
La Coupe du Monde à 64 équipes « sera examinée ». Désolé pour ceux qui n’en peuvent plus de ce Mondial à rallonge, mais Gianni Infantino n’est pas du même avis. Très satisfait de cette première édition à 48 nations qui a permis de voir jouer Curaçao, le Cap-Vert ou la Jordanie, le patron de la Fifa veut ajouter seize nouvelles équipes lors du prochain Mondial en 2030. « Lorsqu’on organise une Coupe du Monde, il est important de la concevoir pour le monde entier, et pas seulement pour l’Europe et l’Amérique du Sud, a-t-il soutenu au micro du média suisse Blue News. Chaque nation devrait pouvoir rêver d’y participer. » Cela voudrait donc dire que la compétition serait encore plus longue que l’actuelle qui dure cinq semaines et demie.
Officiellement, l’Italo-Suisse souhaite cette nouvelle formule pour offrir aux petits pays la possibilité de participer à un Mondial, ce qui serait une « motivation » pour « continuer à s’améliorer ». Un drôle d’engagement venu du valet de Donald Trump et des puissants ? Pas vraiment, selon le journaliste spécialisé Romain Molina, qui précise que Gianni Infantino joue là sa réélection à la tête de la Fifa. Soutenu par les instances africaines, asiatiques et sud-américaines, il leur offrirait plus de places pour les prochains Mondiaux en échange d’un soutien pour ce qui serait son quatrième mandat. Une explication bien moins honorable.
• Le tacle
L’Argentine et l’Angleterre en guerre (on plaisante à peine). Adversaires en demi-finales, les deux pays ont plusieurs vieux comptes à régler. Sportivement d’abord, les Anglais voudront se venger du quart de finale perdu lors du Mondial 1986 à Mexico. Une défaite 2-1 avec un doublé de Diego Maradona dont un premier but de la main – la fameuse « Main de Dieu ». Comme il y a quarante ans, les Argentins ont demandé et obtenu de la Fifa la possibilité de jouer avec leur maillot bleu - plutôt que l’habituel raillé blanc et bleu - pour se porter chance, rapporte le journaliste Gastón Edul.
La géopolitique va aussi s’inviter dans le match, les deux nations ayant un différent non réglé depuis 1982 : la guerre des Malouines. La junte militaire argentine avait tenté de prendre cet archipel, provoquant une riposte des Britanniques. Bilan : près de 900 morts, surtout des soldats argentins, et une lourde défaite du pays d’Amérique latine. Depuis, les revendications sur ce territoire reviennent parfois, comme en avril dernier par Javier Milei encouragé par Donald Trump. Preuve que le sujet est bien dans les pensées, la fédération argentine a partagé une vidéo de ses joueurs dans les vestiaires après la victoire contre l’Egypte en huitième de finale où l’on peut les entendre chanter : « Pour les Malouines, pour Diego (Maradona) et pour la dernière de Léo (Messi) ! »
• Et pendant ce temps, l’Equipe de France
On voulait vous laisser avec ce bel hommage de la télévision mexicaine à Kylian Mbappé. « La “Mbappémania” nous envahit », a écrit la chaîne TV Azteca sur ses réseaux sociaux, en description d’une vidéo où les différents animateurs imitent les célébrations de notre « Kyky » national. « Le Français a réalisé une excellente Coupe du Monde, avec huit buts à son actif, et a mené les Bleus en demi-finales », souligne-t-elle. On n’aurait pas mieux dit !
Par Richard Godin