L'Allemagne réussit le premier lancement orbital d'une fusée privée en Europe continentale
Publié le 06/09/2026 - 13:09 UTC+2•Mis à jour 15:00
Le lanceur Spectrum, développé par la société allemande Isar Aerospace, a décollé du spatioport d’Andøya, en Norvège, et placé sa charge utile en orbite terrestre basse. Il s’agissait du deuxième vol de la fusée, après un premier essai en 2025 qui avait duré à peine 30 secondes avant que le lanceur ne retombe en mer.
Haut de 28 mètres et d’un diamètre de deux mètres, Spectrum est propulsé par dix moteurs : neuf sur le premier étage et un sur le second. Il est conçu pour placer jusqu’à 1 000 kilogrammes de charge utile en orbite basse (LEO).
Contrairement au premier vol, qui n’emportait aucune charge utile, cette mission, baptisée "Onward and Upward", transportait six charges commerciales et éducatives, dont plusieurs CubeSats ainsi qu’une expérience destinée à tester de nouvelles technologies dans l’espace et à offrir aux étudiants européens une expérience pratique.
Un jalon pour le Défi européen des lanceurs
Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a qualifié le lancement d’"historique", soulignant qu’il s’agissait de la première fois qu’un acteur européen du secteur des lanceurs parvenait à atteindre l’orbite.
Selon lui, Isar Aerospace, fondée il y a seulement huit ans, vient ainsi de franchir une étape importante vers un secteur spatial européen plus diversifié et plus autonome.
Un jalon pour le Défi des lanceurs européens
Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a qualifié le lancement d’"historique", estimant qu’il s’agissait de la première fois qu’un acteur européen du secteur des lanceurs parvenait à atteindre l’orbite.
Selon lui, Isar Aerospace, fondée il y a seulement huit ans, a ainsi franchi une étape importante vers un secteur spatial européen plus diversifié et plus autonome.
La mission a bénéficié du soutien du programme Boost! de l’ESA, qui finance des initiatives commerciales dans le domaine du transport spatial. Isar Aerospace avait déjà été accompagnée par le centre d’incubation d’entreprises de l’agence et avait remporté la première compétition de microlanceurs organisée par l’Agence spatiale allemande (DLR). Ce concours avait notamment permis de sélectionner les charges utiles embarquées lors de ce vol.
En 2025, Isar Aerospace a été retenue, aux côtés d’autres entreprises, pour participer au Défi européen des lanceurs, un programme qui demande aux fournisseurs d’effectuer un lancement orbital d’ici 2027. Avec ce vol, la société est la première à franchir ce premier jalon du programme.
Géraldine Naja, directrice du transport spatial à l’ESA, a souligné qu’Isar Aerospace était la première entreprise européenne à atteindre l’orbite avec son propre lanceur. Elle a félicité les équipes impliquées et exprimé l’espoir de voir davantage de lancements depuis Andøya dans un avenir proche.
Un secteur en plein essor
Le succès d’Isar Aerospace s’inscrit dans une phase de dynamisme pour le secteur européen des microlanceurs. D’autres entreprises, comme l’espagnole PLD Space, ont elles aussi commencé à décrocher des contrats dans le cadre du Défi des lanceurs européens.
Fin août, l’ESA a signé avec cette entreprise basée à Alicante un contrat de 158,9 millions d’euros pour accélérer la cadence de production de son lanceur MIURA 5. Une démarche qui poursuit le même objectif : réduire la dépendance de l’Europe aux lanceurs étrangers pour mettre ses satellites en orbite.