ICE : la candidature de Lance Schroyer retirée
La Maison-Blanche a annoncé jeudi qu'elle retirait la candidature de Lance Schroyer, un ancien agent de la police d'État de l'Oklahoma, à la tête de l'Agence fédérale de contrôle de l'immigration (ICE).
Ce retrait garantit ainsi qu'une agence au cœur du programme national du président Donald Trump restera, au moins pendant encore quelque temps, sans dirigeant confirmé par le Sénat.
M. Schroyer, qui possède peu d’expérience en matière d’immigration, est proche du secrétaire à la Sécurité intérieure (DHS), Markwayne Mullin, ancien sénateur américain de l’Oklahoma.
La Maison-Blanche n’a formulé aucun commentaire.

Lance Schroyer est un ancien policier de l'Oklahoma.
Photo : Reuters / Oklahoma Highway Patrol
Ce nouveau revers intervient alors que l’agence fait toujours l’objet d’une surveillance étroite concernant sa gestion des opérations de contrôle.
Les détracteurs remettent en question la manière dont l’ICE a recruté et formé ses agents, alors qu’elle s’est empressée d’en embaucher des milliers pour tenir la promesse de Donald Trump de procéder à des expulsions massives.
Des agents de l'ICE ont abattu une citoyenne américaine à Minneapolis, au Minnesota, au début de l’année, puis un ressortissant mexicain au Texas et un ressortissant colombien au Maine, en juillet. Un autre citoyen américain avait été tué à Minneapolis en janvier par des agents frontaliers fédéraux.
Le sénateur Rand Paul, président de la commission sénatoriale de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales, avait refusé de tenir une audition sur le candidat tant que le DHS ne lui aurait pas fourni les informations qu’il demandait concernant les décès de civils survenus lors d’opérations de contrôle menées par l’ICE.
Je n’ai aucune objection quant à l’identité du candidat. Je leur avais demandé de me tenir informé de l’avancement de l’enquête interne sur les décès de civils, a expliqué M. Paul, sénateur républicain du Kentucky, à l’Associated Press.
Et j’attends toujours
Lorsque M. Mullin a pris la tête du DHS en mars, il s’était engagé à adopter une approche plus discrète en matière de contrôle de l’immigration, en mettant un frein à la répression agressive et tumultueuse menée dans les rues des grandes villes, qui avait suscité une condamnation générale de la part du public.
Les arrestations ont continué de s’accélérer, atteignant près de 51 000 en août, soit le nombre mensuel le plus élevé enregistré au cours du second mandat du président Trump.
Le sénateur Paul a déclaré qu’il avait l’intention d’organiser une audition sur la nomination de Lance Schroyer, mais cela ne s’est jamais concrétisé. Il n’a appris le retrait de la nomination que lorsque la Maison-Blanche l’a rendu public, jeudi.
L’ICE n’a pas eu de dirigeant confirmé par le Sénat depuis l’administration Obama. David Venturella, ancien cadre d’un exploitant privé de prisons, est revenu à la tête de l’agence en tant que directeur par intérim en début d’année, après la démission de Todd Lyons.
Lorsque Donald Trump a nommé M. Schroyer en juin, il a déclaré sur sa plateforme, Truth Social, que son choix était un patriote doté d’une véritable expérience opérationnelle et un leader confirmé ayant des décennies d’expérience dans l’incarcération des pires criminels.
L’administration n’a pas indiqué quand elle pourrait annoncer une autre nomination à ce poste.
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