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Les pépites musicales de RFI - Kriol Jazz Festival: sur les traces de la rumba avec Wuta Mayi, pape de l’amour

En avril 2026, un groupe légendaire a « presté », comme on le dit, au Cap-Vert lors du Kriol Jazz Festival. Un évènement devenu majeur avec le temps, orchestré par José Da Silva, le producteur de feu Cesária Évora. Ce groupe fondé à Paris a ses racines à Kinshasa. Les quatre étoiles du Zaïre, c'est 40 ans d’histoire, de musique portée par des musiciens géniaux, notamment l’un des chanteurs, Wuta Mayi.

Comme une source qui jamais ne se tarit, Wuta Mayi, Gaspard Wuta Mayi, alias Blaise Pasco, sème ses chansons depuis l’enfance. Depuis son quartier de Kinshasa, dans son âme et son cœur bat le son qui fait vibrer son Congo : la rumba : « Déjà quand j’étais gosse, on avait un appareil qu’on appelait à l’époque phono. Donc j’étais fanatique de nos vieux : comme la chanson "Bolingo na Ngai na Beatrice" de Franco Luambo. » Wuta Mayi est donc une immense voix, un artiste qui a joué avec les plus grands, dont Franco Luambo. Et si la vie est comme une immense blague, en affaire de musique, c’est du sérieux : « Même si je dors, je chante, même si je rêve, je chante, même si je me promène à pied, je chante, c’est une chose, pour moi, fondamentale dans la vie, tout court ! »

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« Aimons-nous vivants ! »

À 77 ans, Wuta Mayi a traversé le temps, les joies, comme les galères. Et désormais, il transmet son goût de la vie aux plus jeunes. Avec un conseil, l’unité est la clé : « Nous tous nous sommes des frères, nous sommes des frères !, s'exclame le septuagénaire. Pas des frères biologiques mais des frères en amour sur la musique que nous faisons pour les auditeurs et pour les mélomanes. » 60 ans de carrière plus tard, Wuta Mayi n’en a pas fini, l’artiste refuse de se reposer sur ses lauriers, comme il le dit, et poursuit sa quête de mélodies, de mots pour raconter nos vies : « Oui, je continue à écrire. Je chante sur tous les thèmes, sur les femmes, sur l’amour, sur la vie quotidienne, le respect mutuel ! Nous critiquons, nous critiquons qui ? L’État, car c’est lui qui gère tout dans le pays ! »

Fâché contre ceux qui le fâchent : les menteurs, les tricheurs, les mauvais garçons, Wuta Mayi, pudique, finit par se livrer et nous offrir sa définition d’un monde heureux, d’un monde amoureux : « L'amour… ma définition ? L’amour, c’est quand on aime quelque chose, c’est quand on aime quelqu’un, c’est ça l’amour car on ne peut pas vivre sans amour. S'il n’y a pas l’amour, on ne peut rien construire, on ne peut rien faire. Donc la base de la vie, c’est l’amour. Aimons-nous vivants ! », conclut le musicien.

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