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Justine Mettraux dévoile son projet IMOCA pour le Vendée Globe

Publié24. septembre 2026, 08:15

VoileJustine Mettraux met le cap sur un nouveau défi en solitaire

De retour à Genève, la navigatrice genevoise a fait le point sur sa récente transatlantique, son futur nouveau bateau et le Vendée Globe 2028, qui pointe à l’horizon.

Robin Carrel

La Genevoise en mode construction: sous les couleurs Teamwork-Team Snef, Mettraux pense déjà au Vendée Globe 2028 et au chantier colossal qui l'attend.

La Genevoise en mode construction: sous les couleurs Teamwork-Team Snef, Mettraux pense déjà au Vendée Globe 2028 et au chantier colossal qui l'attend.IMAGO/PRESSE SPORTS

Après son Vendée Globe marquant et une transatlantique disputée avec Team Malizia, Justine Mettraux était de passage à Genève pour découvrir les «formules 1» du SailGP et retrouver sa famille. La navigatrice du bout du Léman a évoqué son retour à l’équipage, les enseignements d’un bateau tout neuf et l’immense chantier qui l’attend: la construction de son IMOCA en vue du prochain tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance.

Comment avez-vous vécu le fait de courir contre votre sœur, puis de retrouver votre frère à Genève?

C’est toujours sympa. Courir contre ma sœur, c’est assez anecdotique… Je ne me sens pas en compétition avec elle. Au contraire, j’étais contente qu’elle participe aussi à cette régate. Cela nous a permis de passer du temps ensemble à New York, puis à Lorient après l’arrivée. C’était aussi l’occasion pour moi d’aller ensuite à Genève, à l’occasion d’un événement SailGP. J’ai pu découvrir ce circuit, voir Bryan, visiter son bateau et passer un peu de temps avec lui.

Comment avez-vous vécu ce SailGP, vous qui revenez du large?

C’est un format complètement différent de celui que nous pratiquons. Je revenais d’une transatlantique qui a duré environ dix jours, eux disputent des manches qui durent parfois moins de dix minutes. Je savais à quoi m’attendre, mais c’était passionnant de découvrir ce circuit et l’intensité des régates. On pourrait croire que les courses sont vite réglées, mais il y a beaucoup de duels, de retours aux passages de bouées et dans les croisements. Gagner ou perdre des places peut se jouer à très peu. C’est extrêmement précis et ce sont parmi les meilleurs navigateurs du monde qui sont à bord. C’était vraiment chouette.

Lors de votre Ocean Race Atlantic, cela ne s’est pas joué à grand-chose non plus. Après une arrivée aussi serrée et malgré l’avarie, sort-on de là frustrée ou fière?

De mon côté, je n’ai pas vraiment ressenti de frustration. C’était la première course avec ce bateau, qui avait été mis à l’eau moins de deux mois auparavant. Déjà, le fait de réussir la transatlantique jusqu’à New York, puis de revenir, sans souci majeur — hormis un incident lié à une collision —, était positif. C’était une très bonne première étape, très formatrice. Cela permet aussi d’identifier les points à améliorer.

Qu’est-ce qu’un nouveau bateau oblige à réapprendre? Est-ce comme lorsqu’on change de voiture?

Oui, on peut faire le parallèle. Un bateau comporte énormément de paramètres sur lesquels on peut jouer. Selon son architecture, il faut apprendre les réglages et trouver les bons compromis pour atteindre les vitesses recherchées. Cela demande de l’entraînement. Il faut rencontrer différentes conditions, tester beaucoup de choses et apprendre à connaître la machine. Ce sont des bateaux complexes. On peut dire qu’il faut environ une année pour les fiabiliser complètement.

Justine Mettraux salue la foule depuis le cockpit de son IMOCA au départ de la Transat Café du Havre, en octobre 2025. Un sourire et une main levée avant de prendre la mer.

Justine Mettraux salue la foule depuis le cockpit de son IMOCA au départ de la Transat Café du Havre, en octobre 2025. Un sourire et une main levée avant de prendre la mer.IMAGO/PRESSE SPORTS

Votre propre bateau est en construction. Quelle liberté ça donne de pouvoir penser un projet dès le départ?

Beaucoup de liberté. Nous construisons un bateau qui sera mis à l’eau en juin de l’année prochaine, afin de préparer le Vendée Globe, qui aura lieu un peu plus de deux ans plus tard. Il y a beaucoup de liberté, mais aussi des contraintes à respecter, notamment pour rester dans la jauge. Je ne suis pas seule… Je m’appuie sur l’équipe de Guillaume Verdier, l’architecte que nous avons choisi pour concevoir ce bateau, ainsi que sur l’équipe qui m’entoure. C’est une succession de choix et de renoncements. Nous essayons de faire les bons arbitrages, mais il y a énormément de travail en amont de la mise à l’eau.

Y a-t-il une forme de philosophie dans la conception d’une nouvelle machine? Est-elle un peu dessinée pour vous?

Oui, elle est dessinée pour moi, puisque ce sera un plan unique. Pour l’instant, il n’y a pas de bateau jumeau. Mais cela dépend aussi beaucoup de l’architecte, de sa vision de ce que sera la performance de demain et des enseignements tirés des IMOCA comme des autres circuits sur lesquels il conçoit des bateaux. Il y a donc forcément une forte empreinte de l’architecte. On le voit dans les bateaux qui sortent: ceux dessinés par Guillaume Verdier auront probablement des formes assez proches, une même logique de famille. C’est pareil pour les autres architectes.

Ce projet vous enthousiasme? C’est un peu votre bébé…

C’est une chance de pouvoir vivre cela une fois, d’apprendre tout ce qui entoure la conception et la construction de ces bateaux. C’est aussi très prenant, parce qu’il y a énormément de décisions et de choix à faire. On espère qu’au bout du compte, on aura construit la bonne machine. Mais nous n’aurons vraiment la réponse que dans quelques mois.

IMAGO/PRESSE SPORTS

Robin Carrel

Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.

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