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Journées d’octobre de Mulhouse. « La France ne peut pas se passer de ses paysans » : coup de projecteur sur l'agriculture

Des pommes de terre et des patates douces, des courges, des poivrons et des aubergines, du miel et du lait végétal. Une chaîne humaine s’est formée peu après midi, ce mardi 6 octobre dans le hall 4 du Parc Expo, où les agriculteurs du Sud Alsace tiennent leur restaurant et leur boutique éphémères le temps des Journées d’octobre (JO). Les sacs, les cageots, les pots, offerts par six exploitations donatrices à l’appel de Solaal (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires) Grand Est, sont passés entre les mains d’une trentaine de personnes, avant d’être déposés dans une palette des Restos du cœur. Plus de 450 kg de produits frais ont été récoltés, l’équivalent de 900 repas. « On a besoin de bénévoles, d’argent et de denrées alimentaires », a remercié Patrick Stoessel, le trésorier adjoint de l’association dans le Haut-Rhin.

Plus de 450 kg de produits frais ont été offerts par les agriculteurs à l’initiative de Solaal Grand-Est.   Photo Vincent Voegtlin

Plus de 450 kg de produits frais ont été offerts par les agriculteurs à l’initiative de Solaal Grand-Est.   Photo Vincent Voegtlin

Mais il manquait les vaches

« C’est la première chaîne du don agricole dans le Haut-Rhin. Même dans les périodes difficiles, les agriculteurs continuent de donner », a souligné de son côté Marie Casenave-Pere, vice-présidente de Solaal, qui avait invité à cette occasion le nouveau commissaire à la lutte contre la pauvreté de la région, Jérôme Normand. « Solaal est là pour valoriser les producteurs, dans une forme de lutte contre le gaspillage alimentaire par des dons de produits frais. »

Ce qui a fortement manqué, lors de ce temps fort agricole, c’est la présence du troupeau de vaches de la ferme-auberge du Buchwald, qui promettait une parenthèse pastorale. La transhumance matinale, prévue entre le magasin de producteurs Cœur paysan de la rue de Bâle et le Parc Expo, a été annulée la veille en raison des cortèges en ville. La chambre d’agriculture d’Alsace a rebondi sur la suite du programme, en particulier une table ronde dédiée à l’alimentation locale, en laissant la parole aux collectivités, la Ville de Mulhouse, M2A (Mulhouse Alsace agglomération) et la CEA (Collectivité européenne d’Alsace).

La boutique éphémère des agriculteurs du Haut-Rhin, un condensé de productions locales.   Photo Vincent Voegtlin

La boutique éphémère des agriculteurs du Haut-Rhin, un condensé de productions locales.   Photo Vincent Voegtlin

« Produire une carotte, c’est une chose »

Sur la question précise de la viande, des légumes, des œufs et des poulets en agriculture biologique, quatre acteurs de terrain ont donné leur point de vue. Christophe Bitsch, président de l’abattoir de Cernay, indique : « Les modes de consommation changent. Notre première adaptation a été de produire des steaks hachés surgelés, des merguez et brochettes. » Patrick Meyer, producteur de légumes en est convaincu : « Clairement, la France ne peut pas se passer de ses paysans. L’agriculture a construit ce pays. Comment on trouve sa place ? On démarche, c’est du commerce. »

Christophe Bitsch, Patrick Meyer, Jérémy Pflieger et Thierry Faller lors de la table ronde.   Photo Vincent Voegtlin

Christophe Bitsch, Patrick Meyer, Jérémy Pflieger et Thierry Faller lors de la table ronde.   Photo Vincent Voegtlin

Jérémy Pflieger, représentant de Cœur paysan et des Champs de l’Ill, représentant de Bienvenue à la ferme, privilégie « la vente en direct pour sécuriser les débouchés et travaille aussi avec la grande surface. On est soutenu par les collectivités, mais on a besoin de plus d’accompagnement ». Thierry Faller, directeur de la Sapam de Mulhouse , grossiste en fruits et légumes, a expliqué comment l’entreprise apporte sa valeur ajoutée depuis 1950. « Produire une carotte c’est une chose et l’amener à destination, c’en est une autre. Dans notre métier, on reste des facilitateurs. »