Jordi Marti, architecte : "La pompe à chaleur est presque magique, mais pour bien fonctionner, elle a besoin des bonnes conditions"
Publié le 25/10/26 à 07:20Par Gary Assouline
Présentée partout comme la solution miracle, la pompe à chaleur déçoit parfois. En 2026, l’architecte Jordi Martí détaille quand elle devient vraiment performante dans un logement.
On voit partout la pompe à chaleur présentée comme la solution miracle pour se chauffer mieux en dépensant moins. L’architecte Jordi Martí, lui, calme un peu le jeu. Pour lui, la machine n’est pas à mettre en cause : « La pompe à chaleur est presque magique, mais pour bien fonctionner, elle a besoin de conditions optimales ».
Derrière le discours marketing, rappelle-t-il, beaucoup de foyers sont déçus après avoir remplacé leur chaudière par une PAC : confort moyen, facture électrique qui grimpe. Le point commun de ces mauvaises expériences tient souvent au logement lui-même, mal isolé ou équipé de radiateurs vieillissants, plus qu’à la technologie installée.
© ShutterstockLa pompe à chaleur permet de faire des économies sur la facture d'énergie.
Pompe à chaleur : quand le logement n’est pas prêt
L’architecte insiste : le problème vient rarement de la pompe à chaleur en elle-même, mais du couple qu’elle forme avec le bâtiment. Il la compare à un athlète de haut niveau qui excelle seulement si le terrain est adapté et l’effort modéré. Plus la demande de chaleur est forte, plus la machine doit forcer.
Dans une maison mal isolée avec des radiateurs classiques, l’eau doit monter très haut en température pour compenser les déperditions. La consommation électrique explose, le rendement chute, et les économies promises s’évaporent. « Si vous avez une maison mal isolée avec des radiateurs classiques et que vous souhaitez remplacer votre chaudière par une pompe à chaleur, c’est comme essayer de déplacer des pianos », prévient-il.
Les bonnes conditions : isolation, basse température, régularité
À l’opposé, la pompe à chaleur donne le meilleur d’elle-même dans un logement où les besoins de chauffage restent modestes. Associée à un plancher chauffant ou à des émetteurs de grande surface, elle peut chauffer l’eau autour de 30 °C, là où un système traditionnel tourne plutôt vers 60 °C pour offrir le même confort.
Dans ce contexte, la machine peut travailler en continu à faible intensité, sans saccades. « Ce dont la pompe à chaleur a besoin, c’est d’un fonctionnement régulier ; c’est là qu’elle est la plus performante. Ne lui demandez pas trop de puissance », résume Jordi Martí. Tout l’enjeu consiste à dimensionner l’installation pour ce régime doux plutôt qu’en mode surpuissant.
Avant de signer : vérifier sa maison et regarder le coût
Avant de signer un devis, mieux vaut regarder son logement comme le ferait un pro. L’état de la toiture, des murs et des fenêtres donne le ton : si le froid entre partout, la PAC compensera difficilement. Viennent ensuite le type de radiateurs déjà posés et la place disponible pour l’unité extérieure, qui doit respirer librement.
Selon l’Organisation espagnole des consommateurs et des usagers (OCU), une pompe à chaleur électrique bien utilisée reste, entre 2025 et 2040, le système de chauffage le plus rentable pour les ménages. L’organisme l’estime environ 30 % moins chère qu’une solution hybride hydrogène-électricité et près de 60 % moins chère qu’une chaudière fonctionnant uniquement à l’hydrogène.
En bref
- En 2026, l’architecte Jordi Martí alerte sur les limites de la pompe à chaleur quand elle est installée sans tenir compte du logement.
- Il décrit le rôle de l’isolation, des émetteurs et du dimensionnement pour expliquer pourquoi certaines PAC flambent en consommation au lieu d’économiser.
- Ses comparaisons d’athlète ou de pianos déplacés illustrent une règle simple pour savoir si une maison est vraiment prête pour une PAC.