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Jérôme Alonzo

Jour de demi-finale du mondial de football entre la France et l'Espagne. L'invité de France Inter est Jérôme Alonzo, ancien footballeur, gardien de but de l'Olympique de Marseille, de Saint-Etienne, du PSG et consultant foot de France Inter et de Radio France.

Les Espagnols le répètent : ils n'ont pas peur des Français, et même que les Français devraient avoir peur d'eux, c'est ce qu'a dit entre autres la star de l'équipe, Lamine Yamal. Ont-ils raison ? "C'est parfait, laissons-le parler, laissons-le jouer son jeu, nous, les Français, nous avançons masqués dans cette mission, qui est une mission magnifique, comme un hommage à Didier Deschamps pour sa dernière danse, parce que le groupe est fantastiquement bien soudé, mais nous on ne parle pas, on joue, on gagne et on ne dit rien", se réjouit presque Jérôme Alonzo.

Quitte à surjouer l'humilité ? Didier Deschamps dit que l'Espagne est favorite de la Coupe du Monde, mais pour le monde entier c'est la France qui est favorite. "En sport de haut niveau, on aime bien se rejeter ce rôle de favori, même si je pense que la France assume totalement le fait d'être une des meilleures équipes du monde, il n'y a pas de débat là-dessus, mais pour un gros match comme ça, on connaît Deschamps, il aime bien ne pas être favori".

Jérôme Alonzo revient néanmoins sur les qualités de jeu du jeune joueur espagnol de seulement 19 ans : "C'est un super joueur de football qui est arrivé un petit peu blessé à la Coupe du Monde et on le ressent, il a du mal à lancer vraiment dans sa compétition, mais des joueurs comme ça évidemment peuvent se réveiller n'importe quand".

Une demi-finale qui se déroule dans un contexte d'attaques racistes contre l'équipe de France, après le match contre le Paraguay, avant ce match contre l'Espagne, de la part notamment de l'ancien Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy. "J'ai joué au foot pendant 18 ans, je n'ai jamais été vraiment confronté, ni moi, ni mes collègues, à cette question. Je ne sais pas comment cela peut activer un levier supplémentaire de fierté, de patriotisme, d'identité, je ne sais pas, honnêtement. Connaissant la fierté et le caractère de ce groupe, à mon avis cela peut fonder quelque chose de nouveau encore".

Une équipe de France qui se montre plus soudée que jamais : "Pour aller loin dans une compétition comme ça, il y a le terrain, évidemment, mais il y a 7 semaines de vivre-ensemble, même quasiment 2 mois de vivre-ensemble, et ce qui se passe dans la cafétéria, dans les réunions, c'est aussi important que ce qui se passe sur le terrain. Et je trouve que Kylian Mbappé en est devenu un leader incontestable, incontesté et exemplaire, ce qui n'a pas toujours été le cas".

Concernant le surnom donné aux Bleus, "Les méchants", Jérôme Alonzo confirme : "Je crois que les gentils garçons ne gagnent pas des titres, il faut avoir un petit peu ce caractère. Je trouve que l'exemple parfait c'est Adrien Rabiot, qui est un garçon charmant, élégant, bien sur tous rapport, mais sur le terrain c'est une vraie teigne. Ma carrière me l'a prouvé aussi : 11 teignes, vous pouvez pas, 11 gentils, vous pouvez pas, mais la France, c'est un bon mélange des deux".

Niçois, Jérôme Alonzo salue la décision de la FIFA, qui a accepté, chose assez inédite, une minute de silence avant le coup d'envoi, en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice il y a 10 ans : "Je ne suis quasiment jamais d'accord avec la FIFA, mais là c'est un geste qui nous touche beaucoup ici, qui est très important, on n'est toujours pas remis, on panse toujours nos plaies, on pense toujours à ça tous les jours. C'est un moment d'histoire pour nous aussi, qu'on n'oubliera jamais et donc c'est important que tout le monde y pense aujourd'hui, on est très heureux de ça".