« Je voulais qu’elle se taise » : les aveux de Cédric Jubillar devant la justice
Après plus de cinq ans de déni, Cédric Jubillar a reconnu devant la justice être responsable de la mort de son épouse Delphine, dévoilant les circonstances de sa disparition à Cagnac-les-Mines.

Par la rédaction Publié le 21/07/2026 à 18:35 Temps de lecture: 4 min
Cédric Jubillar a livré devant la justice le récit de son passage aux aveux concernant la disparition de son épouse Delphine. Après cinq ans et demi passés à nier les faits, l’ancien peintre-plaquiste a provoqué un véritable bouleversement judiciaire en affirmant être responsable de la mort de sa femme, d’abord dans un courrier envoyé le 6 juillet, puis lors de son audition par les enquêteurs le 15 juillet.
Interrogé par une magistrate désignée par la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne sur ses déclarations auprès de ses avocats, Cédric Jubillar a déclaré : « Je reconnais les faits, être l’auteur de la disparition de mon épouse ». Selon ses conseils, Mes Guy et Pierre Debuisson, il a reconnu « être à l’origine de la mort de Delphine Aussaguel », rapporte BFM.
Devant la justice, l’homme de 38 ans a raconté le déroulement de la nuit du 15 au 16 décembre 2020 : « Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, je me suis couché vers 22 h 30, le petit et Delphine sont venus me faire un calin dans mon lit et je me suis endormi », a-t-il expliqué.
Il a ensuite décrit un contexte de tensions dans son couple, marqué par des difficultés personnelles et un divorce envisagé : « Je dormais mal depuis quelque temps, je me réveillais souvent la nuit et j’allais fumer une cigarette, car j’étais stressé, on parlait de divorce avec Delphine ».
Selon son récit, une dispute aurait éclaté dans la nuit. « Ce soir-là je me suis réveillé dans la nuit, je pense vers 1 h ou 1 h 30 mais je ne pourrai pas être plus précis. » Une dispute aurait alors éclaté entre le couple et la discussion aurait ensuite dégénéré en insultes.
Cédric Jubillar affirme qu’une phrase prononcée par son épouse aurait déclenché sa réaction. Il a alors décrit les circonstances de la mort de Delphine : « Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou, je l’ai serrée et je lui disais : tais-toi. Je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard. Elle est tombée inerte ».
Il a poursuivi : « Il m’a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. Je suis en panique. Je suis tétanisé ».
La disparition du corps
Concernant la disparition du corps, Cédric Jubillar a expliqué avoir voulu éviter que ses enfants découvrent la scène : « Je me suis dit qu’il ne fallait pas que mes enfants voient leur mère comme ça et qu’ils allaient m’en vouloir, je me suis dit qu’il fallait que je la cache. »
Il a raconté avoir transporté le corps jusqu’à son véhicule : « Je l’ai chargée sur mon épaule, et je l’ai déposée dans le coffre de la voiture », ajoutant être descendu de la rue « au point mort pour ne pas réveiller les voisins ».
Il a ensuite expliqué ne pas avoir eu de destination précise : « Je ne savais pas où aller, je n’avais pas d’objectif précis (…) Je me souvenais avoir vu des monticules de terreau que j’avais vu avant dans le cadre d’un chantier. Je me suis dit que j’allais la mettre là-bas ».
Il a également détaillé la manière dont il aurait dissimulé le corps : « J’ai évacué de la terre entre deux monticules de terreau, j’ai utilisé mes mains pour faire ça, comme c’était du terreau, c’était facile, j’ai creusé comme je pouvais, et j’ai recouvert comme je pouvais ».
Après être rentré chez lui, il a déclaré avoir jeté certains effets personnels de son épouse : « J’ai vérifié que les enfants dormaient bien, j’ai vu le téléphone de Delphine, je l’ai pris avec une paire de boots et un manteau à elle et j’ai tout jeté dans la poubelle d’un voisin à 50 mètres de la maison. »
« Je pense beaucoup à mes enfants »
Au cours de son audition, Cédric Jubillar a également évoqué ses regrets et ses inquiétudes concernant ses enfants : « Je pense beaucoup à mes enfants, j’ai peur qu’ils m’en veuillent, qu’ils ne veulent plus me parler, j’ai d’énormes remords par rapport à Delphine, à ma belle-mère, à mes enfants, je pense beaucoup à eux ».
Il a expliqué avoir ensuite maintenu son mensonge pendant plusieurs années : « J’ai réalisé que j’avais commis quelque chose d’abominable. Après je me suis enferré dans mon mensonge. Avec la pression des enquêteurs, la pression médiatique, la pression des juges, je ne savais pas comment faire pour me sortir de mon mensonge ».
Enfin, il a indiqué avoir transmis aux enquêteurs l’endroit où il aurait caché le corps : « J’espère vraiment qu’on va la retrouver, je n’ai aucun intérêt maintenant à dissimuler l’endroit où se trouve le corps », a-t-il conclu.
Après ses aveux, Cédric Jubillar a indiqué avoir dissimulé le corps de son épouse dans un secteur situé à proximité de leur domicile de Cagnac-les-Mines, près d’Albi. Des fouilles ont ensuite permis de retrouver des ossements, dont les analyses ont confirmé qu’ils appartenaient à Delphine.
Le procès en appel de Cédric Jubillar, initialement prévu en septembre, a finalement été renvoyé par la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne en raison de la poursuite de l’enquête après ses aveux. Il devrait désormais se tenir au premier semestre 2027.
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