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"Je voulais juste dormir…" : une mère accuse son ex-mari de viols conjugaux et de violences sur leurs enfants

Une mère de famille de 45 ans se bat pour que son histoire soit entendue par la justice. Elle accuse son ancien compagnon de violences, viols conjugaux et violences sur leurs enfants. Deux plaintes pour violences sexuelles, déposées en 2024 pour elle puis en 2025 pour sa fille adolescente, ont été classées sans suite.

Selon nos confrères du Parisien, le docteur Bernard Marc, médecin légiste et expert judiciaire, a rencontré Jeanne (prénom modifié) en mai 2024, lorsqu’elle a déposé plainte contre son ex-mari. Après l’avoir examinée, il évoque un cas de contrôle coercitif. "Elle a subi la même chose que Gisèle Pelicot", résume-t-il. Pour lui, cette femme était sous l’emprise de son compagnon : "Son récit peut paraître étonnant pour les non avertis et pourtant…"

Le spécialiste évoque également une possible soumission chimique, qui aurait pu expliquer certains symptômes dont souffrait Jeanne.

“J’étais pourtant loin d’être naïve”

La mère de famille raconte avoir rencontré Cyril (prénom modifié) en 2018 sur une application de rencontres. À l’époque, elle sortait d’une séparation difficile avec le père de ses deux enfants.

"J’étais pourtant loin d’être naïve. Je dirigeais une équipe d’une trentaine d’hommes dans mon travail… ", explique-t-elle. Au début, elle décrit un homme charmant et attentionné. "C’était l’homme de mes rêves", raconte-t-elle. Mais progressivement, elle affirme avoir découvert ses mensonges et une relation marquée par l’emprise.

Des années de violences dénoncées

Selon son témoignage, son compagnon aurait imposé des rapports sexuels et multiplié les comportements humiliants. Elle raconte notamment : "Je dormais 16 heures par nuit. Je me réveillais avec des bleus sur les cuisses, des saignements interminables qui duraient parfois plusieurs semaines." Pour le docteur Marc, ces éléments pourraient correspondre à une soumission chimique : "Beaucoup d’abus sexuels sont commis avec des prises d’alcool ou des tranquillisants, souvent prescrits à la victime, mais administrés en surdose par le conjoint."

Après leur mariage en 2022, Jeanne affirme que les violences se sont aggravées. Elle accuse son ex-mari d’avoir également violenté son fils et d’avoir fait subir des violences sexuelles à sa fille adolescente. Des lésions compatibles avec des viols ont été constatées sur sa fille, mais elles n’ont pas pu être datées. Les faits n’ont donc pas donné lieu à des poursuites pour violences sexuelles.

Une plainte relancée devant un juge d’instruction

L’ancien compagnon de Jeanne doit être jugé en septembre devant le tribunal de Compiègne pour des violences physiques présumées sur son ex-épouse et son fils. Son avocate a par ailleurs déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile afin de tenter de rouvrir le dossier sur les accusations de violences sexuelles.