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"Je voulais faire plaisir à ma copine" : fan du street-artiste toulousain Ceet, il vole en pleine rue son œuvre, avant d'être retrouvé et condamné à un an de prison avec sursis

l'essentiel À Toulouse, un maraîcher de 45 ans a été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir volé une œuvre de street art de Ceet Fouad, estimée à 40 000 €, le 9 septembre dernier en plein centre-ville. L'œuvre, retrouvée intacte, avait été dérobée pour "faire plaisir" à sa compagne. Il devra aussi verser 4 500 € de dédommagements. Une condamnation qui s'inscrit aussi dans un contexte de plus en plus récurrent d'œuvres, qu'elles soient de street-artistes ou plus classiques.

Après avoir passé la nuit de jeudi à vendredi en garde à vue, il est rentré penaud dans le box des accusés, en comparution immédiate, vêtu d'un tee-shirt blanc. À 45 ans, M. H., séparé de sa première compagne, père de deux enfants et actuellement en couple, a été condamné une seule fois en 2018 pour délit routier. Maraîcher à son compte, le 9 septembre dernier, il a volé l'œuvre de street art "Les chicanos rue du Taur" de l'artiste Ceet Fouad, mondialement connu, exposée pour le festival Paliss'art à Toulouse au cœur du chantier de la ligne C du métro et estimée par l'expert entre 35 000 € et 40 000 €.

"Un geste impulsif" selon lui "pour faire plaisir à sa copine". Après plusieurs jours de recherche, ce graff a été retrouvé jeudi en parfait état dans l'appartement de la compagne du prévenu. Celui-ci l'a rendu sans contestation. "Les caméras de vidéosurveillance ont pu définir comment ce vol s'est déroulé, explique maître Alice Patoureaux, avocate de Ceet Fouad. Le prévenu est venu se balader dans l'après-midi précédent le vol et a remarqué cette œuvre d'un street artiste qu'il admire. Puis vers 5 heures du matin, est revenu pour la décrocher et la mettre dans un camion frigorifique prêté par la Ville de Cugnaux et utilisé dans le cadre de son activité".

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"Une histoire qui démarre mal et finit bien" selon le juge

"C'est grâce à la plaque d'immatriculation et au travail rigoureux de la police que cette œuvre a pu être retrouvée chez son amie et son voleur appréhendé." En effet, à la lecture des bandes enregistrées, on voit distinctement le numéro de la plaque d'immatriculation du véhicule et le prévenu, sa corpulence, son crâne chauve, charger seul le graff de 80 kg et de 2 m x 3", estime l'avocate.

"Un exercice compliqué", a reconnu le prévenu. Qui dit aussi "ne pas comprendre son geste" et "fait des excuses à l'artiste". Des réponses un peu simplistes qui ont fait dire au juge "vous avez perdu la boule. Enfin l'histoire a mal commencé mais finit bien".

Si suite aux articles de presse, M. s'est un peu inquiété, il a aussi pensé "que ce fait divers allait être vite oublié". Vendredi pourtant, il est apparu bien moins sûr dans le box des accusés. "C'est dans un contexte d'actualité où plusieurs œuvres ont été dérobées à Toulouse et de vol prémédité que la gravité se fait sentir, a relevé Alice Patoureaux. De plus, le street artiste, aujourd'hui rassuré, a passé trois semaines d'inquiétudes, ignorant ce que son œuvre allait devenir. Il s'est aussi senti trahi, lui qui dans ce graff, a fait passer des messages de solitude et de solidarité. Pour cette raison, la partie civile que je représente avait demandé une peine plus lourde. Ne serait-ce à titre d'exemple". L'avocat de la défense, tout en condamnant un acte répréhensible, avait mis en exergue "un accident de parcours chez un individu inséré socialement".

Un an de prison avec sursis, 3 000 € de dommages et intérêts

Le fait que l'œuvre ait été retrouvée intacte, et rendue sans contestation par l'auteur, a certes joué dans la décision du juge. Il a néanmoins voulu une condamnation d'exemple au vu de la multiplication des vols d'œuvres ces derniers temps dans la Ville rose. Le maraîcher a ainsi écopé d'un an de prison avec sursis, 3 000 € de dommages et intérêts pour préjudice moral envers le street artiste et à 1 500 € de frais de procédure. Il verra aussi cette condamnation inscrite à son casier judiciaire.