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Genève : Nicolas Walder veut empêcher les résiliations de baux avant travaux

Publié18. octobre 2026, 22:09

Genève«Je veux mettre fin aux résiliations de baux avant travaux»

Le conseiller d'État, Nicolas Walder, veut proscrire cette pratique qui avait scandalisé Genève en janvier, quand 107 locataires de Carl-Vogt avaient été priés de partir.

Jérôme Faas

Nicolas Walder, conseiller d'État Vert chargé du territoire.

Nicolas Walder, conseiller d'État Vert chargé du territoire.Tamedia - Irina Popa

«Je veux mettre fin aux résiliations de baux avant travaux!» Le conseiller d'État Nicolas Walder est déterminé à éviter la reproduction d'épisodes comme celui du boulevard Carl-Vogt, qui ont excédé une bonne partie des Genevois étranglés par la pénurie de logements et les prix des loyers. Pour rappel, en janvier 2026, les 107 locataires dudit boulevard avaient été priés de partir, certains baux étant résiliés, d'autres non renouvelés. Le propriétaire - la caisse de pension de Bâle-Ville (PKBS) -  avait expliqué être contraint à cette extrémité pour rénover lourdement le bâtiment.

Pour parvenir à ses fins, l'élu Vert a immédiatement fait modifier le formulaire de demande d'autorisation de construire. «J'y ai fait introduire la question: avez-vous ou entendez-vous résilier des baux?» Si la réponse est oui, sauf nécessité avérée, et sans solution alternative crédible offerte aux locataires, l'autorisation devrait être refusée. «Et s'ils disent non mais le font quand même, leur position sera largement affaiblie au tribunal en cas de contestation des résiliations par les locataires.»

Pas d'autorisation sans plan de relogement

Dorénavant, assure l'élu, «on ne délivrera plus d'autorisation en l'absence d'un vrai plan de relogement», temporaire (via des rocades) ou pérenne. Cette garantie lui paraît d'autant plus importante que «l'État pousse à rénover» le bâti - «entre autres pour améliorer le confort des habitants et éviter les déperditions d'énergie». Il observe que «ni les coopératives, ni les fondations immobilières de droit public, qui gèrent des milliers de logements, ne procèdent à des résiliations si ce n'est pas absolument nécessaire. Pareil pour une bonne partie des propriétaires privés. Je souhaite que l'ensemble des acteurs respectent ce principe. Dans la situation de crise du logement que nous connaissons, cela relève du bon sens.»

«Les gens sont tellement à bout que sinon, on ne pourra plus planter un clou à Genève»

Nicolas Walder, conseiller d'État chargé du Territoire

Nicolas Walder indique avoir rencontré plusieurs propriétaires pour les sensibiliser. «C'est aussi dans leur intérêt. Les gens sont tellement à bout que sinon, on ne pourra plus planter un clou à Genève. On doit convaincre la population que le développement ne se fait pas contre les habitants, mais pour eux. Il ne faut donc pas qu'ils se retrouvent dans des situations pires qu'avant.»

Il souligne toutefois que la marge de manœuvre des autorités cantonales reste faible, le droit du bail étant fédéral. «Ceci dit, la pratique des résiliations anticipées n'est heureusement pas encore trop répandue. Et la charte de l'Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI) recommande de renoncer à ces pratiques. C'est pour ça qu'il faut rapidement siffler la fin de la récréation.»

La responsabilité des locataires

Nicolas Walder rappelle qu'en l'état du droit fédéral, «si le propriétaire veut résilier et que le locataire ne conteste pas, le bail est résilié». De même, si après le départ d'un locataire, un bien est reloué deux fois plus cher, «si le nouvel arrivant ne conteste pas le loyer, personne ne le remarquera», et rien n'empêchera une augmentation ultérieure. Bref, une part importante de la régulation repose sur les épaules des locataires.

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Jérôme Faas

Jérôme Faas (jef) est journaliste et responsable adjoint de la rubrique Régions de 20 Minutes, titre qu'il a rejoint en 2012.

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