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« Je suis très fier, mais j’ai aussi peur pour lui » : à Cannes, trois générations de policiers dans la même famille

Le 12 août dernier, le Cannois Alain Pomares a ressorti son uniforme du placard. Non pas pour reprendre du service, mais pour assister à la remise de diplôme de son fils Ewan, 25 ans, qui a intégré à son tour la police nationale.

Une cérémonie forcément chargée d’émotion pour ce retraité de 70 ans : dans la famille Pomares, on est policier de père en fils depuis trois générations.

« On était tous les deux en tenue. Mon père aurait été fier de voir ça. J’espère que notre histoire donnera envie à d’autres jeunes de faire ce métier. »

Car avant Alain, il y avait François Pomares. Policier lui aussi. D’abord en poste à Casablanca, alors sous protectorat français, il rejoint ensuite Paris avant d’être envoyé en Algérie, après avoir obtenu une spécialisation de démineur.

« Là-bas, il a été blessé en sautant sur une mine. » Il poursuivra malgré tout sa carrière, notamment à la brigade stupéfiant de Cannes, avant de prendre sa retraite.

« Ce sont ses récits qui m’ont donné envie de devenir policier. Je me souviens qu’il avait arrêté un cambrioleur qui s’était réfugié sur un toit. Mon père avait dû lui tirer dans la jambe pour l’arrêter. » Le patriarche lui enseigne le courage et le respect.

Des valeurs qu’il transmettra a son fils au fil des années. « J’avais envie d’aider les gens. J’étais fier de porter l’uniforme. Et puis il y avait aussi l’adrénaline… Pour mon fils, aujourd’hui, c’est un peu pareil. »

40 ans dans la police nationale

Alain Pomares fera carrière dans la police nationale. Près de quarante ans passés sur le terrain, entre Le Cannet et Vallauris, avec son lot d’interventions, de violences et de drames humains.

Il raconte ce cambrioleur qui lui casse le nez et lui fracture la pommette lors d’une interpellation à Vallauris. « Deux coups de tête, j’ai dû être opéré… » Ou encore cette femme victime d’un arrêt cardiaque, qu’il parvient à sauver grâce à un massage cardiaque.

À l’époque, il est également sapeur-pompier volontaire. Son sang-froid lui vaudra les félicitations de sa hiérarchie.

Il n’a pas oublié non plus cet homme qui menace de se jeter de son balcon, qui s’avérera être un pédophile, ni ce père qui vient de perdre son fils de 18 ans, parti se suicider sous un train après une dispute familiale.

« On voit énormément de détresse »

« Il y a aussi eu un homme qui s’est tiré une balle dans la tête devant sa femme enceinte. C’est éprouvant, on voit énormément de détresse. Si on n’a pas la passion, on ne tient pas longtemps. »

Au fil des années, Alain Pomares a vu le métier changer. « Mon père a connu une époque où il y avait davantage de respect pour l’uniforme. » Il raconte l’ambiance qui change dans les années 90 au sein des cités. Les réseaux de drogue qui se structurent. « La société a changé… Et la justice est trop clémente », selon lui.

Aujourd’hui, c’est son fils qui s’apprête à prendre le relais.

« Bien sûr, je suis très fier. Mais j’ai aussi peur pour lui. Je lui ai dit de faire attention, et de toujours réfléchir avant de s’engager sur une intervention. »