"Je savais à dix ans que j'aurais des chevaux" : sur le causse de Pech Merle, le petit-fils du découvreur de la grotte a fait de sa passion son métier dans le Lot
l'essentiel Pascal Gaudebert, 58 ans, a transformé une friche en ferme équestre près de la grotte de Pech Merle, dans le Lot, où il élève des chevaux arabes. Petit-fils du découvreur du site, il propose des randonnées vers Rocamadour et Saint-Jacques-de-Compostelle. Rencontre.
Installé depuis 2001 à quelques centaines de mètres de la célèbre grotte préhistorique de Pech Merle, Pascal Gaudebert, 58 ans, a bâti sur les terres arides du causse une ferme équestre où il élève des chevaux arabes et guide des cavaliers sur les chemins du Lot. Petit-fils du découvreur du site, cet enfant de la région parisienne raconte un parcours guidé, depuis l'enfance, par une seule certitude : vivre avec les chevaux.
Une vocation d'enfance
C'est à environ 300 mètres d'altitude, entourée par les prairies rases et les falaises calcaires, que la ferme de Pascal Gaudebert domine un paysage naturel et presque désertique à Cabrerets. Sur cette petite propriété familiale alors à l'abandon, il a construit ce qu'il savait devoir construire depuis toujours. "Je n'ai pas décidé à 20 ans de m'installer. Je savais déjà à 10 ans que j'aurais des chevaux", résume-t-il. Initié au cheval très jeune près de chez lui, il commence à travailler dans le milieu équestre dès 16 ans, dans l'Yonne, comme apprenti-moniteur. "C'était une autre époque", sourit-il.
Né en région parisienne, Pascal Gaudebert est pourtant lotois "par sa mère et ses origines maternelles", comme nombre d'enfants de l'exode rural. Petit-fils de l'inventeur de la grotte de Pech Merle, il s'installe finalement à moins d'un kilomètre du site, sur le tracé géologique de la cavité et à proximité d'un habitat préhistorique fouillé pendant des années. Un lien fort avec ce territoire, mais qu'il tient à distinguer de son activité : "Les balades, elles n'ont pas de rapport avec la grotte." Reste que la majorité de ses visiteurs enchaînent les deux étapes.
De la friche à la ferme équestre
Inscrit sur les listes électorales dès 1993, il ne s'installe réellement qu'à partir de 1996, le temps de "restaurer une maison en ruine et de tout apprendre", confie-t-il. Sans formation agricole, il passe un brevet professionnel, se forme auprès d'un voisin éleveur et travaille avec un artisan pour apprendre à bâtir. Aujourd'hui, son exploitation compte une cinquantaine de chevaux répartis sur deux sites et 180 hectares, en grande partie des friches non mécanisables.
Pour le cavalier, sa relation aux chevaux n'a rien d'un loisir. "C'est une passion, mais ce n'est pas une passion comme un hobby, parce que c'est mon métier", précise-t-il, insistant sur la rigueur qu'exige le travail avec des animaux, "Il n'y a pas de dimanche et de jour férié." Il rappelle aussi qu'aimer les chevaux ne suffit pas : "Il faut aimer les gens, quand même. On travaille avec du public, c'est une rencontre nouvelle à chaque fois." Autour de lui, plusieurs collègues de 75 à 78 ans montent encore à cheval, une longévité qui le conforte dans l'idée que cette passion, loin d'être figée, se construit avec le temps.
Éleveur de chevaux arabes et demi-sang arabes, Pascal Gaudebert organise des randonnées de un à six jours, dont deux boucles emblématiques vers Rocamadour et sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle via la vallée du Célé. Il privilégie des chevaux "équilibrés, généreux", capables d'enchaîner les efforts sans "chauffer", contrairement aux chevaux de sport. Le reste de l'année, il propose des balades et des cours, forme ses chevaux à l'attelage et accueille pèlerins et cavaliers en gîte.
"Un beau métier"
Seul aux commandes depuis le départ de son associé, il embauche ponctuellement l'été et cherche aujourd'hui quelqu'un pour reprendre une partie de la charge. Les journées de canicule, avec des levers à trois heures du matin, n'entament pas son enthousiasme. "C'est quand même un beau métier. On fait le métier qu'on aime", affirme-t-il. Vingt-cinq ans après ses débuts, la passion, dit-il, "ça se travaille, ça se forme, ça évolue... mais elle est toujours là."