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"Je partais avec des gens que je ne connaissais pas", trois mois seulement après son élection, le maire de cette petite commune aveyronnaise démissionne

l'essentiel Le 15 mars 2026, la liste menée par Pascal Massai est élue à la mairie de Toulonjac (Aveyron), petite commune limitrophe de Villefranche-de-Rouergue. Le conseil se compose d’anciens élus de la précédente mandature, à l’instar de l’ancien maire, et de nouvelles têtes. Rapidement, une scission entre le premier édile et les autres apparaît. Une problématique qui n’a cessé de croître pendant trois mois. Pascal Massai, après un énième conflit, a déposé sa démission en préfecture. En attente de la validation de cette dernière, il souhaite justifier son choix. Explications.

"Pendant une heure et demie, ça a été le pugilat. J’en ai pris plein la figure. À la fin, on m’a fait comprendre : c’est toi ou nous." C'est sur cette scène que s'est achevé le mandat le plus court de l'histoire récente de Toulonjac (Aveyron), petite commune limitrophe de Villefranche-de-Rouergue. Trois mois après son élection avec 78 % des voix, le maire Pascal Massai a remis sa démission, après des semaines de tensions avec son conseil municipal.

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Pour l'ingénieur en télécoms, arrivé dans la commune en 2022 après un coup de cœur avec son épouse, cette démission est l'aboutissement d'un conflit installé dès les premiers jours. "C'est une situation larvée depuis plusieurs mois", résume-t-il.

Un conflit avec l'ancien maire

Lorsque le maire sortant, Gilles Ruscassié, renonce à se représenter, Pascal Massai saisit l'occasion de concrétiser un projet ancien : devenir maire. Une liste mêlant élus sortants et nouveaux candidats est constituée, avant d'être largement élue le 15 mars. La liste se monte consciente de la difficulté de trouver des candidats à la fonction, de plus en plus délaissée.

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Après le dépouillement, un premier épisode illustre selon lui les divergences entre les parties. "Pendant la campagne, on m’avait prévenu que je mettais les pieds dans un panier de crabes. Après l’élection, on vous demande de faire un discours auquel vous n’avez pas du tout pensé, puisque vous ne faites pas de politique. J’ai alors dit : "Je vous remercie de m’avoir élu." J’ai dit "je". On me l’a reproché trois mois après."

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De plus, il affirme avoir rapidement senti que sa légitimité était contestée. Il rapporte notamment une phrase prononcée par l'ancien maire au lendemain du scrutin : "J'aurais levé la main, ils auraient tous voté pour moi." Un épisode qu'il considère comme le point de départ de la rupture de confiance.

Un investissement jugé défaillant

Les semaines suivantes n'apaisent rien. Pascal Massai dit avoir découvert une mairie sans véritable transmission, avec peu d'accompagnement pour prendre ses fonctions. Il assure aussi avoir essuyé des critiques récurrentes sur son investissement, qu'il juge injustifiées. "Cela devait être un engagement total, professionnellement et humainement. On n’est pas maire quelques heures par jour, on l’est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7."

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Le conflit atteint son paroxysme il y a un mois, lors du lancement des travaux de rénovation de l'école. Le maire affirme que son prédécesseur s'est publiquement moqué de lui devant la mairie, allant jusqu'à nier sa qualité de maire. Un épisode qui, selon lui, scelle définitivement la rupture.

Des divergences de méthodes

Le dernier conseil municipal fait office d'explication de texte. Hors ordre du jour, les élus mettent les différends sur la table. Pour Pascal Massai, la décision est prise : il dépose sa lettre de démission à la préfecture.

En attendant sa validation, la première adjointe, Céline Segond, assurera l'intérim avant l'élection d'un nouveau maire, qui ne devrait pas intervenir avant septembre.

Avec le recul, Pascal Massai estime que les désaccords dépassaient les personnes. Ils portaient, selon lui, sur la manière de gérer la commune. "Il y a du politique et de l'humain", conclut-il, dressant le constat amer d'un mandat interrompu avant même d'avoir réellement commencé.

Ce dernier reconnaît ses erreurs. "J’ai été naïf. On m’a présenté les choses et je les ai un peu avalées. Aujourd’hui, je suis très conscient d’avoir fait une grosse erreur à ce niveau-là, parce que je partais avec des gens que je ne connaissais pas."