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"Je ne voulais pas rester à ruminer" : refusés en Master malgré de bons dossiers, ces jeunes changent complètement de vie

270 000 candidats, 3 millions de candidatures, et une phase complémentaire qui vient de se terminer ce dimanche.. Cette année encore, des milliers d’étudiants terminent l’été sans master. Plutôt que de ressasser les refus, certains ont choisi de partir loin, très loin, pour se réinventer.

Ils s’appellent Mathis, Océane et Lila. Trois jeunes de la région, trois dossiers honorables. Moyennes correctes, stages, motivation intacte et pourtant, trois refus. Face à la sélectivité croissante des masters, où près d’une place sur cinq restait non pourvue en 2025 faute de candidatures retenues, ils ont décidé de ne pas attendre une hypothétique place à la rentrée. Direction la Chine, les États-Unis ou la scène : voici comment ils ont choisi de rebondir.

Mathis Taroudjit, 22 ans : direction le berceau du kung-fu

Étudiant en informatique à Montpellier, 13 de moyenne, aucun master à la sortie. Mathis a choisi de tourner le dos aux mails de refus pour s’envoler vers Dengfeng, dans la région du Shaolin, en Chine, pour un stage intensif de kung-fu d’un mois.

“Un master, ça ne fait pas tout, lance-t-il. J’ai eu que des lettres de refus, alors je me suis dit : autant faire quelque chose qui a du sens pour moi. “Le jeune homme ne compte pas rentrer tout de suite : il envisage de prolonger son séjour, et pourquoi pas décrocher un poste dans l’informatique sur place. “La Chine recrute, il y a un vrai marché. Si je peux allier ma passion et mon métier là-bas, je resterai. “

American dream comme roue de secours

Originaire de Saint-André-de-Sangonis, Océane avait quant à elle suivi un cursus Administration économique et sociale à Paris-Saclay. Malgré une moyenne de 12, des stages à l’étranger et plusieurs concours d’écoles de commerce tentés, aucune porte ne s’est ouverte. Elle a décidé de tenter sa chance outre-Atlantique en devenant fille au pair à Miami un programme d’échange qui permet à de jeunes étrangers de vivre chez une famille américaine, s’occuper des enfants et suivre des cours, en échange du gîte, du couvert et d’une petite indemnité.

“Je ne voulais pas rester à ruminer les refus, explique-t-elle. Là-bas, je vais apprendre l’anglais couramment, découvrir une autre culture, et surtout arrêter de me sentir en échec parce que je n’ai pas de master.” Un nouveau départ qu’elle espère transformer, à terme, en tremplin professionnel.

La musique plutôt que l’amphi

Licenciée en sociologie à Paul Valery, Lila Chartier, 22 ans, n’a décroché aucun master. Plutôt que de multiplier les candidatures l’an prochain, elle a choisi de se consacrer pleinement à sa passion : la musique. Elle prépare déjà un premier album et cherche un petit boulot à côté pour financer le projet.

“Le master, ce n’est pas la seule voie pour réussir sa vie, assure-t-elle. J’ai un truc à dire en musique, alors autant essayer maintenant plutôt que de le regretter plus tard.” Entre les compositions et les recherches de petits contrats, la jeune femme avance sereinement, loin de la pression des dossiers MonMaster.

Trois trajectoires, un même constat : face à la sélectivité croissante des masters, ces jeunes refusent de se laisser définir par un refus administratif.