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« Je ne suis pas inquiet, ça va le faire » : Massadio Haïdara, observateur toujours attentif du RC Lens

Capitaine du club de Kocaeli, en Turquie, où les Bleus ont joué le 25 septembre, le défenseur, Lensois de 2018 à 2024, de la Ligue 2 à la Ligue des champions, est resté proche du Racing. Il n’en rate pas un match.

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Massadio Haïdara sous le maillot de Kocaelispor à Istanbul face à Galatasaray le 13 septembre.
Massadio Haïdara sous le maillot de Kocaelispor à Istanbul face à Galatasaray le 13 septembre. - Photo AFP
Massadio Haïdara a passé six saisons sous le maillot lensois.
Massadio Haïdara a passé six saisons sous le maillot lensois. - Photo Matthieu Botte
Publié: 29 Septembre 2026 à 07h01

Temps de lecture: 3 min

Proposer à Massadio Haïdara de parler de Lens, c’est souvent l’assurance d’avoir un retour positif de l’ancien défenseur Sang et Or. Durant une bonne demi-heure, par téléphone depuis la Turquie où il était en repos durant cette trêve internationale, il a pris le temps de reparler de ses années artésiennes, tout en ayant un regard acéré sur la saison du Racing.

Sa vie en Turquie : « Maintenir le club dans l’élite, un peu comme à Lens »

L’international malien (33 ans) a quitté Lens à l’été 2024, où il venait de passer six ans après déjà cinq saisons et demie à Newcastle. Une saison à Brest, où il a à nouveau disputé la Ligue des champions, puis direction Kocaelispor, club de la ville d’Izmit, tout juste promu en Süper Lig (D1), dont il est désormais capitaine. Avec sa famille, ses trois enfants de 8, 5 et 2 ans, « qui kiffent leur vie ici », il vit, comme la plupart des étrangers de l’équipe, à Istanbul, partie asiatique, d’où il met généralement 45 minutes, à revers le plus souvent des gigantesques bouchons de la capitale turque, pour rejoindre Izmit, au fond de la mer de Marmara, et le centre d’entraînement à l’entrée de la ville. Désormais il parle quelques mots de turc, le comprend de mieux en mieux.

« C’est un club que je ne connaissais pas. J’ai appris à le découvrir. Il a gagné des trophées en Turquie, joué la coupe d’Europe. Ici, c’est un club historique, comme on peut en trouver en France, qui ont un peu disparu puis sont revenus sur le devant de la scène. Il jouait les premiers rôles dans le championnat avant un gros crash financier. Il est redescendu en division amateur et a gravi tous les échelons. Quand je suis arrivé, ça faisait 16 ou 17 ans qu’ils n’étaient pas remontés en première division. Il y a eu beaucoup d’engouement dès la saison dernière, il y a une grosse communauté de supporters. On a fait une saison assez correcte, on a fini 10e. Et là on est bien repartis (4e après 6 journées, 4V, 2D). L’objectif principal, c’est de maintenir le club dans l’élite, le stabiliser. Un peu comme à Lens, mais on l’avait fait en express avec trois saisons toujours dans le Top 7 et ça avait accéléré les objectifs du club. »

Capitaine, « une belle reconnaissance »

« C’est une belle forme de reconnaissance encore plus à l’étranger, c’est valorisant. C’est une décision du coach, déjà un peu la saison dernière. C’était plutôt un truc que j’évitais, je n’aimais pas trop, j’aimais bien être dans l’ombre. Mais j’en avais l’attitude sans avoir le brassard. J’ai toujours essayé d’être exemplaire sur le terrain et en dehors. J’espère que je vais remplir cette mission du mieux possible. »

Lors de la conférence de presse d’avant Arsenal – Lens, en Ligue des champions, à l’Emirates Stadium à Londres, fin novembre 2023.
Lors de la conférence de presse d’avant Arsenal – Lens, en Ligue des champions, à l’Emirates Stadium à Londres, fin novembre 2023. - Photo Séverine Courbe

Lens, l’attachement : « Ça a été difficile de m’en remettre »

« Kocaelispor, c’est ce que je recherchais en faisant le choix de quitter la France. Ça avait été difficile de me remettre de mon départ de Lens. Ça s’est bien passé à Brest, c’était un bon choix sportif, avec de bonnes échéances et retrouver le coach Éric Roy m’avait donné envie d’y aller. J’ai passé une très bonne année dans un très bon club avec des partenaires magnifiques, des gens super sympas. Mais sur le plan personnel, ça a été un peu plus difficile, il y a des moments où Lens me manquait. Parce que ma raison de quitter Lens a été purement sportive. Je voulais jouer plus. J’avais fait mon temps aussi, je le savais. C’était bien pour les deux parties. Je savais ce que je laissais, pas ce que j’allais retrouver. Mais dans la vie d’un footballeur, il faut faire des choix par rapport à la carrière, il faut savoir partir, être lucide. S’il n’y avait pas eu ce choix à faire, c’est sûr que je serais resté ! C’est pour ça que j’ai fait le choix de partir à l’étranger, il valait mieux que je parte. Connaître autre chose de vraiment différent. Quand tu es en France, tout te ramène à ton ancien club, à Lens. Même si aujourd’hui, je le regarde toujours, tous les matchs… Depuis que je suis parti, j’ai dû en rater 2, 3 ou 4. Il y a toujours les Sotoca, Gradit, tous ces gens-là, des membres du staff, on reste en contact tout le temps. »

Comment il voit la suite : « Moins de certitudes dans le jeu mais “Cahu” va faire du très bon boulot »

« Ça ressemble un peu à la saison qu’on avait vécue après avoir fini deuxièmes avec le coach Haise (2023-24 avec la Ligue des champions également), avec un début poussif. Mais je ne m’inquiète pas. Surtout avec “Cahu” (Yannick Cahuzac, qui a pris la suite de Dino Toppmöller), que je connais très bien et que j’apprécie vraiment. En toute objectivité, je pense qu’il va faire du très bon boulot. Humainement, déjà, c’est quelqu’un de très bien. Il faut juste qu’ils trouvent leur équilibre. Dans le jeu, il y a moins de certitudes, ils se cherchent, il y a eu des blessures, Baidoo en préparation, Udol qu’ils ont dû réaxer parfois. Toutes les planètes n’étaient pas alignées pour le meilleur début de saison possible. Il y a aussi tous les doutes que les gens ont pu mettre autour du club, parce que tu fais une super saison, tu as le coach (Pierre Sage) qui part à Crystal Palace. Un nouveau arrive, qu’est-ce que ça va donner ? Tu es obligé de vendre à cause de la situation économique, Mamadou Sangaré…

Massadio Haïdara a disputé 169 matchs au total avec le RC Lens.
Massadio Haïdara a disputé 169 matchs au total avec le RC Lens. - Photo Ludovic Maillard

Il y a plusieurs facteurs qui entrent en compte, c’est difficile à juger, et on n’a joué que cinq journées. Mais les gens sont impatients, ils comparent toujours avec la saison précédente. Mais l‘effectif est très correct, il y a de quoi faire. Ils ont eu des pertes qui n’ont peut-être pas été remplacées réellement, en termes de rendement. Mais dès qu’ils vont reprendre le fil, je pense qu’ils vont faire une bonne saison. La Ligue des champions va prendre de l’énergie mais ça peut aussi donner de la confiance. Le match à Prague (2-3) aurait pu être le début de quelque chose. Après, d’autres événements se sont passés, et, du coup, ça reste un peu dans le flou. Mais je pense que ça va le faire. Il y a toujours des bonnes personnes dans l’équipe qui vont essayer de rallumer tout ça. C’est pour ça que je ne m’inquiète pas. »

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