"Je ne serai le porte-parole de personne": une victime de Bétharram sera reçue par le pape
Jean-Marie Delbos, ancien pensionnaire de Bétharram, sera reçu à Lourdes avec six autres victimes de violences physiques et sexuelles dans l'Église par Léon XIV le 27 septembre, conformément à la "volonté du pape de favoriser les échanges interpersonnels".
Jean-Marie Delbos, ancien pensionnaire de Bétharram, fera partie des victimes reçues par le pape Léon XIV fin septembre à Lourdes, où il compte livrer "son histoire personnelle", tandis que des collectifs regrettent l'absence de parole collective.
"Je ne serai le porte-parole de personne", a déclaré ce lundi 7 septembre celui qui fréquenta l'internat de l'établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques, au coeur d'un vaste scandale de violences physiques et sexuelles, entre 1956 et 1962.
Âgé de 80 ans, il fut le premier à médiatiser son cas, devant la Conférence des évêques de France à Lourdes en 2021, après la publication du rapport Sauvé qui estimait à environ 330.000 le nombre de victimes mineures d'agressions au sein de l'Église depuis 1950. Deux ans plus tard, Jean-Marie Delbos avait été indemnisé par la Commission Reconnaissance et réparation (CRR).
"Favoriser les échanges interpersonnels"
Devant le pape, l'unique représentant de Bétharram, dont plus de 200 anciens élèves ont porté plainte, s'en tiendra à son histoire "personnelle" en portant une "revendication": la dissolution de la congrégation religieuse qui gérait l'établissement.
Au total, sept victimes seront reçues par Léon XIV le 27 septembre à Lourdes, conformément à la "volonté du pape de favoriser les échanges interpersonnels", selon la Conférence des évêques de France (CEF). Chargée de la sélection, elle dit avoir reçu une quarantaine de demandes d'entretien, dont une douzaine émanant de collectifs, pour cette "rencontre privée".

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Philippe Legallais, représentant d'une association qui a recensé plus de 300 victimes dans une cinquantaine d'établissements du réseau catholique privé La Salle, considère que les évêques ont "sciemment sélectionné des victimes isolées". "On n'a même pas eu de réponse à notre sollicitation, c'est une gigantesque mascarade, il n'y aura pas d'apaisement, je suis extrêmement déçu mais pas surpris", souffle-t-il.
"On débranche le collectif"
"Ce sont des individualités qui sont choisies, on débranche le collectif", fulmine de son côté Alain Esquerre, porte-parole du principal collectif des victimes de Bétharram.
Selon le Canard enchaîné, le pape doit aussi s'entretenir avec Jérôme Guillement, victime d'un prêtre vendéen et auteur d'un livre en 2023 sur son parcours, dont il avait témoigné devant la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase).
La CEF assure qu'"il y aura bien des personnes membres de collectifs parmi les sept" personnes reçues et que l'ensemble sera "représentatif" des parcours.
En Espagne, en juin, le pape avait reçu six victimes de violences sexuelles et d'importantes associations avaient déploré ne pas avoir été invitées.
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