« Je ne pensais pas être capable de ça » : un rugbyman amateur roue de coups deux jeunes femmes à la sortie d’une de boîte de nuit à La Garde
Un homme âgé de 27 ans a été condamné ce mardi à Toulon à trois ans de prison pour des violences volontaires commises au préjudice de deux jeunes femmes. Les faits remontent au petit matin du dimanche 30 novembre 2025 aux abords d’une boîte de nuit à La Garde.
Les victimes ont reçu des coups de poing et de pied, y compris lorsqu’elles se sont retrouvées au sol. La scène a été enregistrée par une caméra de vidéosurveillance d’une entreprise voisine du 809 Social Club où les protagonistes ont passé la nuit.
L’une des deux a dû être hospitalisée dans un service de réanimation avec une fracture du crâne et une hémorragie cérébrale qui « aurait pu avoir des conséquences définitives », a souligné la procureure Stéphanie Battle à l’audience du tribunal correctionnel.
La magistrate a également fustigé « une inertie assez incroyable des uns et des autres, il n’y a personne qui intervient pendant qu’il est en train de les frapper à terre. » Selon ses réquisitions, « plusieurs dizaines de personnes » étaient pourtant présentes.
Les enquêteurs de la police nationale ont tenté de reconstituer les faits « hors caméra » en auditionnant plusieurs témoins. Une dispute, pour un motif futile, aux toilettes des femmes est ainsi apparue comme un élément de contexte, cependant sans lien de causalité avéré.
De son côté, l’auteur des coups a indiqué être intervenu sur le parking de l’établissement pour écarter deux jeunes femmes qui s’en prenaient à son ex-compagne… Il aura fallu le confronter aux images de vidéoprotection pour lui rafraîchir une mémoire altérée par « dix verres de vodka ».
« J’ai dit tout ce dont je me souvenais et ensuite j’ai vu la vidéo », explique le rugbyman amateur à l’audience. « Je ne me rappelais pas… Je ne pensais pas que je pourrais faire quelque chose comme ça. J’ai un enfant de 3 ans, ce n’est pas l’image que je veux lui donner. »
« Depuis cette agression, je ne suis plus la même »
La victime la plus sévèrement blessée a pris son courage à deux mains pour s’exprimer à la barre du tribunal présidé par la juge Valeryane Lorenzini. « Depuis cette agression, je ne suis plus la même […] j’ai dû réapprendre à faire certaines choses. Aujourd’hui encore, je dois continuer à me reconstruire. »
Constatant le défaut de circonstances aggravantes (le suspect a été identifié plusieurs jours après les faits, l’état d’ébriété n’a donc pas été retenu), le ministère public a requis trois ans d’emprisonnement — soit le maximum encouru — dont deux fermes avec une incarcération à brève échéance.
En défense, Me Montassar Mizouni a insisté sur les gages donnés par son client depuis qu’il a été placé sous contrôle judiciaire. « Il travaille en intérim, des rendez-vous ont été pris avec un psychologue, un psychiatre et un addictologue […] Est-ce que la prison ferme est la réponse à un individu qui cherche à s’insérer ? »
Si le jeune père de famille a bien été condamné à trois ans de prison, le tribunal a assorti les deux tiers de cette peine d’un sursis probatoire et prononcé une détention à domicile sous bracelet électronique pour l’année restante. Une interdiction de paraître au 809 Social Club, jusqu’en 2030, a également été ordonnée.