"Je ne me rendais pas compte": un ex-animateur du périscolaire jugé à Paris pour agression sexuelle sur neuf mineures

Photographie d'illustration, plusieurs cartables d'écoliers dans une école primaire, groupe scolaire Marie de Gournay dans le nouveau quartier Malepère à Toulouse, en septembre 2025. - Photo par ADRIEN NOWAK / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Un ancien animateur du périscolaire comparaissait ce lundi 31 août devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est suspecté d'avoir agressé sexuellement neuf élèves, âgées de six à neuf ans, dans une école du 15e arrondissement de Paris. Le procureur de la République a requis cinq ans de prison, dont un an ferme et quatre ans de sursis avec un suivi socio-judiciaire contre cet homme.
Triste hasard du calendrier qui ramène, s’il le fallait, au scandale du périscolaire. Ce lundi 31 août, veille de rentrée scolaire, Michael M., un ex-animateur de 38 ans, comparaissait pour des agressions sexuelles sur neuf mineures, âgées entre six et neuf ans, au sein du périscolaire de l'école primaire Vigée-Lebrun, dans le 15e arrondissement de Paris.
Costume bleu roi sur le dos, cheveux longs retenus par un chouchou noir, le prévenu au casier judiciaire vierge a reconnu les faits, comme c'est le cas depuis le début de cette affaire, en 2024. Un jour de janvier, alors qu'elle quitte son école parisienne, une jeune élève confie à sa mère que son animateur Michael M. lui a touché les fesses.
Interloquée, la mère se tourne vers lui et l'interpelle. L'homme se défend: il n'a pas touché les fesses, mais le bas du dos de la petite fille. Cette explication, le prévenu l'accompagne d'un geste, suscitant la colère de la mère de famille qui le gifle et dépose plainte.
Les témoins, dont des enfants et des animateurs, entendus un à un dans la procédure, alourdissent un peu plus les charges retenues contre cet ex-animateur: neuf jeunes victimes sont identifiées dans ce dossier. Elles l'accusent d'attouchement sur les fesses ou le pubis.
"Je n'ai pas respecté la première règle"
Ce lundi, le président du tribunal correctionnel a aussi relevé l'esquisse d'un véritable mode opératoire chez le prévenu. "Cela se passe toujours sous le préau, pendant les temps, à l'abri des regards", appuie-t-il.
Les mains posées sur la barre, Michael M. exprime des regrets. "Je suis désolé de tout ce que j'ai fait, je m'excuse, je demande pardon à toutes les victimes et leurs familles", dit-il. "Je n'ai pas respecté la première règle que l'on apprend lorsqu'on devient animateur, et je le regrette énormément."

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Laquelle, lui demande le président. "La règle fondamentale, la première règle, pour un animateur, c'est d'assurer la sécurité affective, physique et morale des enfants", répond-il. "Je ne l'ai pas respectée." Basket grises aux pieds, il reconnaît bien avoir "touché de façon inappropriée des mineurs", mais nie être attiré sexuellement par les jeunes enfants.
Le BAFA à 30 ans
Ces regrets exprimés, le prévenu, qui affirme reconnaître les faits, dit aussi ne se souvenir de rien ou alors de très peu pour la plupart des cas évoqués un à un. À peine, dit-il reconnaître l'une des enfants en lançant un regard à la photo que lui tend l'une des avocates de la partie civile. Me Carine Durrieu Diebolt, autre avocate de la partie civile, a d'ailleurs regretté des "aveux qui n'ont pas été jusqu'au bout de la reconnaissance des faits".
Les questions fusent aussi lorsque le tribunal s'intéresse aux choix de vie du prévenu. Pourquoi a-t-il installé une application sur laquelle il échangeait avec des pédocriminels, alors que l'enquête le concernant était en cours? Il assure avoir voulu "parler avec eux pour les dénoncer". Le président relève qu'il n'y a jamais eu de dénonciation auprès d'une autorité compétente.
Pourquoi a-t-il décidé de passer son Bafa à 30 ans? "Je faisais beaucoup de sorties scolaires avec ma fille", répond-il, expliquant qu'on lui disait qu'il était à l'aise avec les enfants.
"Je ne me rendais pas compte de la gravité"
Il pense aujourd'hui qu'un "bruit, une odeur" a réveillé ses "pulsions" lorsqu'il a commencé à travailler avec les CP dans le 15e arrondissement, se demandant s'il n'a pas vécu quelque chose lorsqu'il était au CP. Mais une avocate de victime lui rappelle qu'il a déjà travaillé avant à Bagneux, en Normandie, avec des CE2. Il se défend en disant ne pas encore comprendre aujourd'hui ce qui a déclenché cela chez lui.
"J'ai l'impression que je ne me rendais pas compte de la gravité des choses et c'est au moment où j'ai été agressé par la maman que je me suis rendu compte de la gravité des faits à ce moment-là", dit-il aussi au tribunal.
Il se confie aussi sur la honte qu'il dit ressentir. "Est-ce que cette honte explique que vous portez un masque dans cette salle d'audience qui est pleine", lui demande le président. "En partie, oui", lui répond le prévenu. "Finalement, c'est une bonne chose que vous ayez été arrêté, non? Où est-ce que ça vous conduisait tout ça?", rebondit le président.
Recueillir la parole d'un enfant
Et c'est tête baissée qu'il écoute un père de famille raconter l'affaire qui a bouleversé sa famille. L'homme a tenté de rassurer sa jeune enfant afin de la mettre en confiance, après avoir après appris que Michael M. a touché une petite fille à l'école. Un jour, alors qu'elle prend sa douche, la petite s'effondre. "Elle m'a tout expliqué", confie le père de famille. Aujourd'hui, la jeune enfant à neuf ans. "Elle est bien entourée. Elle rentre en CM1", expose-t-il. "Elle a juste un problème avec la nudité. On ne peut pas lui mettre de short."
De retour à la barre, le prévenu l'affirme: "Je ressens de la tristesse d'avoir brisé autant de vie, de la honte et surtout du dégoût de moi-même". Après plus de sept heures d'audience, le procureur de la République a requis 5 ans de prison, dont 1 an ferme et quatre ans de sursis avec un suivi socio-judiciaire pendant près de cinq ans. La décision a été mise en délibéré. Elle sera rendue le mardi 15 septembre prochain.
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