"Je n’en revenais pas, c’est vraiment un coup de hasard incroyable" : plus de soixante ans après, il retrouve la cloche offerte par sa mère dans un petit village audois de 750 habitants
l'essentiel Le hasard fait parfois bien les choses. Alors qu'il cherche en vain à vérifier une anecdote racontée par sa mère, Michel Gilet, dont la famille est originaire du petit village de Salles-sur-l'Hers, dans l'Aude, tombe inopinément sur la seule personne capable de le renseigner : le campaniste du village, qui lui confirme que le nom de son père figure bien sur une cloche de l'église du village, financée par sa mère et installée en 1964. Récit.
Il suffit parfois d’être au bon endroit, au bon moment. De passage chez son frère Jean-Marc, qui habite à Salles-sur-l’Hers, un petit village de 750 habitants situé à la frontière de l'Aude, de l'Ariège et de la Haute-Garonne, Michel Gilet profite de son séjour pour poursuivre les recherches qu’il mène.
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Depuis six mois en effet, l'Audois reconstitue l’histoire de sa famille pour ses petits-enfants en y glissant des anecdotes. "C’est plus vivant", confie-t-il. Une longue histoire : la famille Gilet est installée à Salles-sur-l’Hers depuis le XVIIIe siècle et le grand-père de Michel et Jean-Marc, Paul Gilet, y tenait une menuiserie jusqu’aux années 1940.
Un souvenir lointain
Cette fois-ci, le vacancier veut vérifier un souvenir transmis par sa mère. Celle-ci lui avait raconté avoir participé à une souscription pour financer l’une des six cloches installées en 1964. Les bulletins municipaux confirment qu’en 1963, le conseil municipal avait décidé de financer l’électrification du clocher, laissant au curé le soin de remplacer les cloches.
Une campagne de souscription avait alors été lancée. "Ma mère savait que le nom des donateurs était gravé sur les cloches, rapporte Michel Gilet. Elle a voulu que celui de mon père, Raoul Gilet, y figure parce qu’il était Salhersien et qu’il était encore en vie."
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Mais les archives de l’archevêché de Carcassonne n’ont, pour l’heure, livré aucun document malgré l’existence supposée d’un dossier. Alors un détour par la mairie de Salles-sur-l'Hers, une simple demande de renseignements, et le hasard fait le reste. "Isabelle, à l’accueil, me dit que je tombe bien, le campaniste est là ce matin pour le contrôle des cloches. Je n’en revenais pas, c’est vraiment un coup de hasard incroyable", s’étonne encore Michel Gilet.
La preuve par l'image... mais l'enquête se poursuit
La coïncidence se révèle d’autant plus précieuse que le campaniste, en spécialiste chevronné de l'entretien des cloches, lui confirme plusieurs informations. "Le carillon date bien de 1964 et la note des cloches n’a pas changé depuis", détaille l'Audois. Un élément qui conforte les souvenirs familiaux. Vient enfin le dénouement pour la famille : le reportage photographique réalisé par le campaniste pour les archives municipales permet aujourd’hui de lire les inscriptions gravées sur les cloches et oui, le nom de Raoul Gilet figure bien sur la cloche, image à l’appui.
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Comme dans de nombreuses paroisses rurales, l'installation de nouvelles cloches a très probablement été suivie d’une bénédiction, selon le rite traditionnel de l’Église. "Maintenant, il ne reste plus qu’à retrouver le récit de cette cérémonie… et le nom du fondeur", sourit Michel Gilet.