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Japon, Allemagne : les « vaincus » d’hier se réarment

Le Japon veut renforcer son arsenal militaire. Le ministre des armées japonais appelle en effet « à renforcer davantage encore les capacités de défense » de l’archipel.

Publié le jeudi 6 août 2026 à 08:16

Le gouvernement japonais doit, avant la fin de l’année, réviser sa stratégie de sécurité nationale et certains politiques - certes minoritaires, mais tout de même - souhaiteraient voir le Japon se doter d’un arsenal nucléaire.

Le pays est à un moment clé de son histoire. On le sait, en 1945, les alliés ont totalement démantelé la machine militaire japonaise. Depuis, l’armée nippone n’a vocation qu’à défendre le pays, rien d’autre.

Ces dernières années pourtant, le Japon s’est doté de capacités offensives. Et c’est un changement de doctrine majeur.

Il a notamment acquis des missiles de longue portée Tomahawk, qui lui permettent, théoriquement, de frapper des bases ennemies. Tokyo peut désormais faire plus que se défendre, il peut riposter. Il compte poursuivre sur cette voie et augmenter encore ses dépenses militaires.

Des menaces de plus en plus présentes

Le Japon redoute d’abord la Chine, qui s’est imposée comme le géant économique et géopolitique de l’Asie, et dont les dépenses d’armement explosent.

Menace numéro 2 : la Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, qui multiplie les essais balistiques et n’hésite pas à franchir allègrement l’espace aérien japonais.

Troisième menace : la Russie, soutenue dans sa guerre en Ukraine par la Chine et la Corée du Nord. Pékin n'a en effet jamais condamné l'invasion et Pyongyang fournit armes et soldats à Moscou.

La Chine, la Russie et la Corée du Nord inquiètent donc Tokyo, mais c’est plus encore leur convergence stratégique à tous les trois qui alarme les autorités nipponnes.

Jusque-là, le Japon voyait ces trois pays comme des menaces possibles, mais isolées. Le Japon redoute désormais de faire face à plusieurs adversaires coordonnés...

Et, pile au moment où il s’agit de faire face au bloc Chine-Russie-Corée du Nord, Tokyo découvre que le grand frère américain n’est plus aussi fiable qu’avant.

L’Oncle Sam ne lui tourne pas le dos, certes, mais il monnaye son soutien. Donald Trump a mis en avant la présence de GI’s au Japon pour obtenir gain de cause sur les droits de douane. Les Japonais ont aussi pris acte - comme nous autres, Européens - qu’ils devaient augmenter leurs dépenses militaires pour bénéficier du parapluie américain. Cette protection semblait acquise par le passé, elle ne va plus de soi.

L'exemple allemand

Le Japon et l’Allemagne savaient, par le passé, que les États-Unis voleraient à leur secours en cas d'agression. C’était une certitude, cela devient aujourd’hui une hypothèse. Alors, comme Tokyo, Berlin investit désormais, et massivement, dans sa défense.

Ce n’est pas qu’un tournant stratégique, c’est aussi une page politique qui se tourne : celle de l’ordre international né en 1945.

Après la guerre, le Japon et l'Allemagne, tous deux vaincus, ont été démilitarisés. Et, contraints et forcés, il ont fabriqué des voitures plutôt que des chars et montré au monde qu’on pouvait être un géant économique sans être une grande puissance militaire. C’était une autre époque… Un autre siècle, même.