« J’investis petit à petit » : dans l’arrière-pays niçois, Benoit Veber a choisi de s’installer comme maraîcher bio malgré le malaise agricole
C’est dans son ADN. Il suffit de voir ses mains glisser dans la terre des restanques du quartier Saint-Martin pour comprendre.
À 700 mètres d’altitude, là où la vue sublime ferait pâlir d’envie n’importe quel promoteur immobilier, Benoit Veber veille seul sur son hectare.
Entre deux rangs de salades et de cébettes au vert tendre, ce fils d’agriculteur a le geste sûr et l’humilité de ceux qui travaillent la terre à bras-le-corps.
Après un bac pro en élevage, le jeune Tourrettan s’est naturellement tourné vers le maraîchage. Il a enchaîné les missions d’intérim agricole et les postes de salarié. Puis, il a franchi le pas.
Malgré le malaise agricole général, malgré les politiques nationales difficiles à mettre en œuvre pour soutenir la filière, Benoit a choisi de s’installer à son compte il y a trois ans. Courageux.
Un maraîcher bio qui développe son exploitation
« J’investis petit à petit dans les serres, le matériel est un coût important », assure Benoit Veber dans ce décor digne d’un film de Pagnol, heureusement préservé par un classement en zone protégée et agricole.
Sous la serre poussent tomates, aubergines et courgettes. Et à peine plus loin, à même le sol, melons, pastèques salades et cébettes côtoient les colonnes de haricots verts.
« Il y a tous les légumes de saison, de quoi faire la ratatouille, et j’ai déjà mis en terre 8.000 plants de poireaux pour l’hiver », poursuit le maraîcher bio.
Une profession à préserver malgré les difficultés
Une passion et une détermination saluées tout récemment par une délégation d’élus de la majorité municipale, venue visiter l’exploitation sous la conduite de Bruno Gabelier, conseiller municipal délégué à l’Agriculture.
Alors que la profession connaît un déclin et que la tendance montre la disparition progressive des petites exploitations agricoles et fermières, l’élu tenait à montrer qu’il est encore possible de voir l’agriculture locale perdurer.
« Nous voulons valoriser les agriculteurs, et nous nous penchons sur les problématiques qu’ils rencontrent et sur les perspectives d’avenir de la filière, notamment sur la ressource en eau », appuie le maire Frédéric Poma.
Car on ne le répétera jamais assez : Tourrettes-sur-Loup n’est pas seulement la terre des violettes, elle est aussi un berceau du maraîchage.
Vente directe le mercredi et le samedi matin sur le marché de la place du village. Paniers de saison sur commande le jeudi, de 18 h à 19 h 30, à la Bastide aux Violettes. Contact : 06.26.39.83.91.