« J’espère qu’on a instauré plus de proximité avec les agents communaux » : Florent Rossi, nouveau maire d’Auribeau à 24 ans, nous décrit sa méthode
À quelques mois près, Florent Rossi devenait le plus jeune maire du département à 24 ans. Mais Ewan Corinaldesi (19 ans) lui a grillé la politesse à Roquefort-les-Pins en battant le cacique Michel… Rossi (aucun lien de parenté). Qu’importe. Le maire d’Auribeau, grand vainqueur de son duel avec Anthony Tibier, est très à l’aise dans ses baskets de premier édile. Plein de projets, d’enthousiasme et d’envie (d’ambition aussi ?). Même s’il veut aussi reprendre une activité d’attaché de presse, afin de n’être pas un professionnel de la politique dépendant du système, « comme une moule s’accroche à son rocher. »
La charge de travail est importante, mais je ressens de la bienveillance et de la sérénité parmi la population. Cet accueil fait du bien, après les épisodes tourmentés d’Auribeau. Ce qui ne veut pas dire que tout est facile !
Le plus compliqué pour œuvrer : le budget ?
Nous ne disposons pas de grandes marges de manœuvre, alors que le patrimoine immobilier communal est vieillissant au regard de notre niveau d’exigence et du cadre de vie à maintenir. Et il manque des infrastructures, pour un vrai service à la population.
Entre Pégomas, Grasse et la Roquette, votre projet de médiathèque n’est pas de trop ?
Il s’agit surtout de rafraîchir notre bibliothèque du vieux village, devenue insalubre, en y ajoutant une salle informatique, mais ce ne sera pas 500 m2. Il nous manque aussi des lieux de rencontre, pour la jeunesse. Après les travaux de la cantine, on fera d’ailleurs le City stade dans l’enceinte du groupe scolaire Bayle.
Où en est le chantier de la cantine justement ?
Les travaux ont démarré. L’ancienne cantine va être rasée pour être surélevée et accueillir 400places d’ici fin 2027, début 2028. En attendant, elle déménage dans l’ancienne maternelle au rez-de-chaussée et les repas livrés par Elianor sont réchauffés. Le coût du chantier est de 3 Me, dont 1,8 Me de subventions. En tout, 8 Me auront été investis dans le groupe scolaire, mais nous ne voulons pas revivre le traumatisme du chantier de la maternelle en 2017, qui a duré trois ans et demi au lieu d’un, avant de se prolonger encore de deux ans sous la municipalité Paganin. Avec L’agglomération à la maîtrise d’œuvre, nous voulons être exemplaires.
Le Conseil d’État a cassé le jugement qui condamnait la commune à payer 670 000 euros à Marc Paganin dans le dossier du Parc des Condamines. Qu’en est-il à présent ?
Notre avocat a déjà déposé 80 pages de mémoire en défense, en vue d’un nouveau procès en appel. La dépense est provisionnée et pour l’instant, je fais avec l’argent que j’ai, sans tirer de plan sur la comète.
Du changement dans les services municipaux et dans la méthode ?
J’espère qu’on a instauré plus de proximité avec les agents communaux. Les agents sont à leurs postes de compétences, avec un maire qui travaille, connaît ses dossiers et est proche d’eux, comme lors de mes tournées mensuelles avec la voirie.
Vos relations avec l’ex-maire Michèle Paganin, qui reste conseillère départementale ?
On n’est pas amis, mais on a des relations cordiales et respectueuses. Je n’hésiterai pas à la solliciter pour porter nos projets au ninveau départemental…
À l’agglo, vous êtes vice-président délégué à la culture. Votre domaine de prédilection ?
C’est mon choix personnel pour renforcer l’attractivité du territoire, avec l’aval de Jérôme Viaud. D’octobre à juin, nous allons déjà proposer une série de dix concerts payants à tarifs abordables à la Roquette, et je réfléchis à créer un festival porteur pour le pays grassois.
Alexandre Carini / NIce-Matin
Au niveau communal, le premier marché nocturne est un succès estival ?
Oui, on est très content, il sera renouvelé avec plusieurs dates à l’été 2027, où nous expérimenterons le cinéma en plein air et nous renforcerons le festival de théâtre.
Les berges de la Siagne, moins mouvementées cette année ?
J’ai signé le contrat de débroussaillage, il y a plus de sécurité, moins de fêtes nocturnes, et moins de plaintes de riverains. Mais ça reste très sale, avec beaucoup de déchets car les gens ne respectent pas ce site naturel. Malgré les risques, on trouve encore des mégots !
Le Plan local d’Urbanisme, enfin adopté, vise justement à préserver l’environnement ?
C’est un PLU qui protège la commune car les trois quarts du territoire sont en zone agricole, naturelle, ou verte. Le droit à bâtir y est plus restrictif car la municipalité n’est pas le fer de lance de la promotion immobilière. Il faut conserver notre cadre de vie et ne pas devenir une ville, même s’il est normal de favoriser l’accès au logement pour les jeunes et les actifs. À cet égard, je milite ardemment pour que l’attribution des logements sociaux relève de la compétence des mairies.
Alexandre Carini / NIce-Matin
Quels sont les plus gros projets à venir ?
Les travaux de l’école, l’extension du cimetière avec 50 concessions, la mise en œuvre d’une mutuelle communale d’ici la fin de l’année, un nouveau site internet et l’ouverture de deux nouvelles salles associatives dans l’ancien centre de loisirs dès le 1er septembre.
Encarté Nouvelle Énergie, vous soutenez David Lisnard à l’élection présidentielle ?
Je ne participe pas à sa campagne mais je soutiens pleinement sa démarche et ses idées libérales, tout comme son souci d’éducation et de culture car notre pays est en plein déclin éducatif. Et je regrette qu’il n’y ait pas de primaire à droite pour désigner son candidat.
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Quelles personnalités ont compté pour vous ?
« J’ai toujours aimé les femmes fortes en politiques. À 5 ans, j’étais amoureux de Ségolène Royal à travers sa figure médiatique, mon premier engagement militant était auprès de Michèle Tabarot, j’ai été le collaborateur de Laurence Trastour-Isnart, adjoint dans la majorité municipale de Michèle Paganin, et j’ai suivi le sillage de Rachida Dati à Paris. J’aime les femmes qui comptent, à la fois classe et punchy ! »