"J’aurais honte d’avoir écrit la moindre ligne de ce scénario" : une traductrice et grande spécialiste de l’Odyssée d’Homère démonte le film de Christopher Nolan
Dans une longue tribune pour la London Review of Books, Emily Wilson, auteure d’une traduction anglaise de L’Odyssée publiée en 2017, détruit point par point le dernier succès du réalisateur britannique.
640 millions de dollars de recettes (562 millions d’euros) pour L’Odyssée. Voilà les sommes engrangées par Christopher Nolan et ses équipes après 12 jours à l’affiche des cinémas du monde entier. Une coquette somme qui traduit le succès du blockbuster de presque 3 heures, relève Le Huff Post.
Mais le film ne séduit pas l’ensemble de la critique, notamment Outre-Manche où Emily Wilson, auteure d’une traduction anglaise de l’oeuvre de L’Odyssée, démonte le long-métrage de Christopher Nolan dans la revue London Review of Books.
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"J’aurais honte d’avoir écrit la moindre ligne de ce scénario. J’espérais que l’affinité de Nolan avec les grands thèmes homériques le pousserait vers de nouveaux sommets créatifs mais L’Odyssée reproduit son mélange habituel de grandiloquence et de superficialité", attaque l’autrice.
"La structure narrative repose sur des artifices"
Spécialiste de l’univers d’Homère, Emily Wilson s’exprime avec détail sur tout ce qui ne veut pas, selon elle, dans l’adaptation de Christopher Nolan : "Le film n’a rien de convaincant à dire sur le temps, la mémoire, l’Histoire, la guerre ou encore sur le lien entre le retour glorieux d’un guerrier et la vie de sa famille."
"La vision du monde de Nolan est trop restreinte pour inclure de véritables dieux ou de véritables êtres humains, différents de nous", abonde encore la Britannique.
Dans une interview pour Sunday Times Emily Wilson reconnaît toutefois que le succès de l’Odyssey a aussi des côtés positifs : "Cette épopée ramène les spectateurs dans les salles de cinéma. Les traductions de L’Odyssée, y compris la mienne, se vendent très bien. Et peut-être que le film convaincra quelques responsables d’universités de ne pas supprimer leurs départements de littérature, de langues anciennes ou d’histoire…"