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« J’aime sa façon de lever la main quand il faut prendre ses responsabilités » : Tomás Albornoz, ouvreur et véritable catalyseur du jeu du RCT

Balayer les doutes et rayer les échecs. Il y a ceux qui se cachent, tête basse, puis il y a Tomás Albornoz. Col relevé, buste haut, « El Cepillo » [« la brosse à cheveux », littéralement] de son surnom, a prouvé qu’il en avait dans le ventre. Une semaine après son drop manqué après la sirène dans le Tarn, le natif de San Miguel de Tucumán, au nord-ouest de l’Argentine, n’a pas hésité une seule seconde à repartir au charbon. Il est né pour ça, « Tomi ».

Attaquer, attaquer, et encore un peu attaquer. « C’est un “10” qui adore porter la balle, mettre de la vitesse, aller au contact et franchir », débriefait Oliver Cowie à l’issue de la prestation réussie de son ouvreur face au promu.

Un sentiment partagé par Franck Azéma. Face à la presse, l’entraîneur principal du RCT s’est laissé aller à une description un peu plus poussée : « Albornoz ? J’aime d’abord le tempérament qu’il a. J’aime sa façon de lever la main quand il faut prendre ses responsabilités. Il amène de la confiance et de l’énergie autour de lui. »

« Il est simplement magique »

Sa prise d’initiative, au cœur du jeu à la 33e minute, en est l’illustration parfaite. Toulon est mené 0-10. Juan Bautista Pedemonte et Vannes sont à l’attaque, sur les 40 mètres varois, quand le flanker argentin fait tomber le ballon.

En un éclair, son compatriote et adversaire « Tomi » saute sur la gonfle. Un step vers l’extérieur et un appui fort sur le pied gauche plus tard, l’ouvreur s’est remis dans l’axe du jeu, lève la tête et scanne la situation. Malgré un cinq contre trois plutôt évident, Tomás Albornoz décide de créer… et de pousser au pied dans le champ profond. Huit secondes lui suffisent à remonter 60 mètres qui le séparaient, au départ, de l’en-but vannetais. Un essai qui réveille Mayol et toute son équipe, par la même occasion.

— RCT – Rugby Club Toulonnais (@RCTofficiel) September 26, 2026

De quoi ravir son partenaire Juan Ignacio Brex, Argentin de naissance mais international italien : « “Tomi” est simplement magique. C’est un vrai facteur X. On a besoin de lui. On l’a vu aujourd’hui [hier], même quand ça ne marche pas collectivement, il réalise des choses magiques. »

De l’audace, jusqu’au bout

Et « Nacho » a raison. Tomás Albornoz fait partie de ces mecs qui, lorsqu’ils touchent un ballon, font frissonner le public. N’importe quand. C’est tout son charme. Jusqu’à la 74e minute. Le RCT mène 21-10 et a besoin d’un ultime essai pour décrocher le bonus, quand l’arbitre revient à un avantage sur la ligne médiane.

98 % des ouvreurs seraient allés chercher la touche, le plus proche possible. « Tomi », lui, se saisit du ballon et attend que ses coéquipiers se replacent. Il analyse la structure de la défense bretonne, donne un signal clair à ses partenaires et joue pour lui-même. Si son coup n’est pas immédiatement gagnant, il remonte 30 mètres ballon en main. Et l’histoire, vous la connaissez. Huit temps de jeu plus tard, Junior Kpoku s’écroulera dans l’en-but, libérant le stade.

Véritable bonheur pour les amoureux du jeu, Tomás Albornoz apporte une réelle fraîcheur et une créativité nouvelle à ce Toulon-là. Quel plaisir, de le voir évoluer sur la rade.