J’ai testé le Sony RX10 V, un bridge lumineux et très polyvalent à condition d’y mettre le prix
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Le meilleur bridge du marché s'améliore
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22 août 202622/08/2026 • 18:00

Cet appareil n’aurait jamais dû exister en 2026. Coincé entre les smartphones qui zooment à 100x et les hybrides devenus abordables, le bridge devait s’éteindre doucement à la fin des années 2010, et tout le monde aurait trouvé ça logique. Pourtant, contre toute attente, le Sony RX10 V est bel et bien là. Neuf ans après le RX10 IV, Sony a pris son temps.
Il faut dire que le rayon des bridges est en ruine. Panasonic aligne encore un Lumix FZ82D, Nikon un Coolpix P1100 : des capteurs minuscules, de 1/2,3 pouce voire moins, des longueurs focales de 1200 ou 3000 mm, et des images qui manquent de tout dès qu’on approche du bout du zoom.

Sony a fait le choix exactement inverse en limitant la focale à 600 mm, pas un de plus. C’est déjà un énorme grossissement et, techniquement, Sony aurait sans doute pu aller plus loin. Si la marque s’arrête là, c’est pour garder une qualité optique homogène sur toute la plage et une luminosité correcte : le Zeiss Vario-Sonnar T* ouvre à f/2,4-4. Un 600 mm à f/4, sur ce type d’appareil, c’est une bonne nouvelle, et, pour ne rien gâcher, il a un vrai caractère.
Les différences avec le précédent RX10 reposent sur un capteur amélioré, avec plus de points d’autofocus, un processeur plus rapide, pour l’autofocus et la captation vidéo, ainsi qu’un nouveau viseur électronique mieux défini et ultra-fluide.
J’ai vécu avec cet appareil pendant plusieurs semaines. Voici ce qu’il vaut.
| Sony RX10 IV | Sony RX10 V | |
|---|---|---|
| Capteur | 1 pouce empilé, 20,1 MP | Similaire (mais plus de points AF) |
| Objectif | 24-600 mm f/2,4-4 | Identique |
| Processeur | Bionz X | Bionz XR + unité IA |
| Autofocus | 315 points sur 65 % de l’image | 575 points, 70,6 %, reconnaissance IA |
| Rafale | 24 i/s | 30 i/s, sans écran noir |
| Vidéo | 4K 30 i/s | 4K 120 i/s (recadrée), 10 bits |
| Viseur | 0,39 pouce, 2,36 M de points | 0,5 pouce, 3,68 M de points, 120 i/s |
| Batterie | NP-FW50, ~400 vues | NP-FZ100, 630 vues |
| Carte | SD UHS-I | SD UHS-II, un seul logement |
| Connectique | micro-USB | USB-C 10 Gbit/s |
| Poids | 1095 g | 1111 g |
Sony RX10 VFiche technique
| Modèle | Sony RX10 V |
|---|---|
| Type d’appareil | Bridge |
| Format du capteur | 1″ |
| Résolution capteur | 20,1 Mpx |
| Stabilisateur d’image | Optique |
| Définition enregistrement vidéo | 4K @ 120fps |
| AF-S | 30 FPS |
| Écran orientable | Oui |
| Poids | 1026 g |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec un appareil prêté par Sony.
Sony RX10 VUn bridge qui se prend pour un Alpha
Le premier contact est un peu brutal. Le Sony RX10 V est massif : 1,1 kg sur la balance, 15 x 15 x 10 cm environ (éteint), et un bloc optique qui se déploie sur une vingtaine de centimètres à 600 mm. Le RX10 V ne se glisse pas dans une poche de veste, et quand on le sort du sac, on ne passe pas inaperçu. Cet encombrement découle directement du zoom à longue portée de qualité.

Passée la surprise de l’encombrement, cet appareil est remarquablement confortable. Sony a opté pour la poignée des hybrides de la série A : grip profond, déclencheur avancé et incliné vers l’avant. Le bénéfice est réel : on tient l’appareil à une main à fond de zoom sans trembler. Le poids est là, mais il est bien réparti. J’ai pu le porter du bout des doigts sur des kilomètres sans inconfort et en toute sécurité.

Le dessus du boîtier reprend la disposition des Alpha : roue des modes, sélecteur Photo / Vidéo / S&Q en dessous, deux roues crantées pour l’ouverture et la correction d’exposition. Au dos, l’appareil gagne enfin un joystick et un vrai bouton AF-ON, deux absents du RX10 IV. Le joystick change la vie : on déplace les collimateurs au pouce sans quitter l’œil du viseur. Sur le fût, on retrouve un commutateur AF/MF, un limiteur de mise au point et un bouton personnalisable. La bague de diaphragme est décrantable, et le zoom se pilote de deux façons : un levier à deux vitesses autour du déclencheur, et la bague de zoom pour les retouches fines de cadrage. Les deux se complètent étonnamment bien.

Deux disparitions par rapport au RX10 IV : le flash intégré et l’écran de contrôle supérieur. Le boîtier est tropicalisé et encaisse la pluie sans broncher, le pare-soleil est fourni et se retourne proprement pour le transport, et le filetage de 72 mm à l’avant accepte les filtres.

Deux bémols, quand même. D’abord, la carte SD a migré dans la trappe de la batterie, alors qu’elle avait sa propre porte sur le RX10 IV : sur un trépied, l’accès peut se retrouver bloqué, et il n’y a toujours qu’un seul logement, même s’il passe enfin à l’UHS-II. Ensuite, le démarrage peut être lent : environ deux secondes zoom rentré, et jusqu’à cinq secondes si une mémoire personnalisée rappelle l’appareil à 600 mm.
Sony RX10 VConnectique : enfin à la page
C’est un des chantiers que Sony a menés à bien. L’USB-C arrive en norme 10 Gbit/s, avec recharge, alimentation continue et transfert rapide, et l’ancien micro-USB reste présent, mais relégué au rang de simple port accessoire : il ne recharge plus rien. On trouve aussi une sortie micro-HDMI, deux prises jack 3,5 mm pour le micro et le casque, et un Wi-Fi en 2,4 et 5 GHz. L’appareil gère le streaming en direct jusqu’en 4K 30 i/s et se pilote depuis Creators’ App, via USB ou Wi-Fi.

La griffe multi-interface accepte l’audio numérique : jusqu’à quatre canaux en 24 bits / 48 kHz, ce qui permet de brancher un micro Sony sans câble ni conversion analogique, avec une piste de secours et un micro-cravate sur la même prise.
Sony RX10 VÉcran et viseur : un viseur qui donne envie de déclencher
Le viseur électronique est souvent le parent pauvre des appareils hybrides. Rares sont les appareils disposant d’un EVF plaisant à utiliser, faute d’un agrandissement suffisant, d’une résolution faiblarde et de couleurs tout sauf justes. L’EVF OLED du Sony RX10 V est tout simplement excellent. Sony a augmenté la résolution de 2,36 à 3,68 millions de points environ et opté pour un rafraîchissement jusqu’à 120 Hz et un gamut 10 bits élargi.

En pratique, l’image dans l’œilleton est superbe et permet de vérifier la mise au point sans forcer l’œil. Les couleurs sont belles, justes et la réactivité excellente.
Pour aller plus loin
Reflex ou hybride : pourquoi le viseur change tout à la qualité de vos photos
Sur un appareil qui photographie à 600 mm, ce qui suppose de plaquer l’appareil sur le visage plutôt que de le porter à bout de bras pour cadrer, avoir un viseur de qualité est un détail qui compte.

Sur le terrain, on colle l’œil, on voit ce qu’on va obtenir très fidèlement, et on a envie de déclencher sans cesse. Et puis, la focale est si longue qu’on se sert parfois de l’appareil comme d’une longue-vue.

L’écran tactile de 3 pouces monte à 1,62 million de points et passe au format 3:2, bien plus adapté au ratio des images que l’ancienne dalle 4:3. Il est inclinable, et l’interface bascule à la verticale comme sur les derniers Alpha. Mais il fait l’impasse sur la rotule : pour les contre-plongées en mode portrait au ras du sol, c’est un inconvénient.
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Sony RX10 VAutofocus : neuf ans de progrès, d’un coup
Le RX10 V hérite du processeur Bionz XR qui équipe les boîtiers Alpha, ainsi que d’une unité de traitement dédiée à l’intelligence artificielle. On passe de 315 collimateurs couvrant 65 % du capteur à 575 points couvrant 70,6 %, et la reconnaissance de sujets est celle de la dernière génération : humains avec estimation de la posture, animaux, oiseaux, insectes, voitures, trains, avions, plus un mode automatique qui identifie tout seul le type de sujet.

Sur sujet statique, c’est quasiment sans faute : rapide, silencieux, précis, avec une accroche fiable même quand le sujet est petit dans le cadre. Sur sujet mobile, la grande majorité des images est nette, y compris des sujets rapides. Le seul vrai accroc rencontré : un sujet minuscule et lointain sur un fond chargé peut faire hésiter le système.
On regrette juste l’absence de pré-capture, présente sur certains concurrents de la marque : la rafale ne conserve pas les vues précédant l’appui complet. Il y a en revanche la fonction Speed Boost, qui accélère temporairement la cadence tant qu’on maintient un bouton personnalisé.

Pour dire les choses autrement, l’autofocus donne une grande confiance à l’utilisateur.
Rafale et obturateur : 30 i/s, avec un mode d’emploi
La rafale grimpe à 30 images par seconde en obturation électronique, sans écran noir et avec 60 calculs AF/AE par seconde, contre 24 i/s auparavant. En obturateur mécanique, on plafonne à 10 i/s (pas si mal). Le tampon est confortable : environ 150 vues à 30 i/s en RAW compressé, et jusqu’à 400 vues à 10 i/s, à condition d’utiliser une carte SD UHS-II rapide.
Il y a des bémols. La cadence de 30 i/s impose le RAW compressé avec perte et, si l’on veut conserver des RAW compressés sans perte, il faut se limiter à 10 i/s. De plus, il n’existe pas de mode basculant automatiquement du mécanique à l’électronique au-delà d’une certaine vitesse.

Un petit détail : le son de l’obturateur électronique est un enregistrement du véritable obturateur mécanique, et il monte dans les aigus aux cadences supérieures.
Sony RX10 VL’objectif : le vrai patron
Sony n’a pas changé le bloc Zeiss du RX10 IV. C’est un petit regret, car les nouveaux procédés de fabrication permettent d’obtenir aujourd’hui de meilleures performances encore.
Pour aller plus loin
Objectifs photo : tout comprendre aux différentes optiques pour votre appareil photo
Mais, objectivement, la résolution du capteur n’ayant pas changé, il n’y avait pas matière à refondre l’objectif. En plusieurs semaines de test, jamais en inspectant une image, je n’ai conclu qu’elle manquait de précision, au contraire.

Dix-huit éléments répartis en treize groupes, dont six lentilles asphériques : ce bloc optique est la raison d’être de l’appareil, et la raison de son gabarit. Le piqué est remarquable à toutes les focales, y compris à pleine ouverture au bout du zoom, ce qui est exactement ce qu’on demande à cet appareil : pouvoir rester à f/4 et obturer assez vite pour ne pas pousser les ISO.

Le contraste est franchement superbe jusqu’à 600 mm, le vignetage virtuellement absent (corrigé numériquement), et on ne trouve quasiment aucune trace d’aberrations chromatiques, même en périphérie des zones surexposées. La résistance au flare est excellente : on peut photographier face au soleil sans catastrophe.
Deux mises en garde, quand même. D’abord, inutile de beaucoup diaphragmer : au-delà de f/5,6, le piqué s’effrite à cause de la diffraction.

Le zoom Zeiss est motorisé, avec deux systèmes de contrôle. Tout d’abord un petit levier autour du déclencheur, à deux vitesses, pratique pour utiliser l’appareil d’une seule main. Ensuite, le fût dispose d’une bague de zoom à course infinie, pour piloter le moteur très précisément.
L’ouverture glissante, en détail
Voici précisément comment l’objectif ferme progressivement :
- de 24 à 26 mm (équivalent) : ouverture maximale de f/2,4
- de 27 à 34 mm (équivalent) : ouverture maximale de f/2,8
- de 35 à 55 mm (équivalent) : ouverture maximale de f/3,2
- de 56 à 99 mm (équivalent) : ouverture maximale de f/3,5
- de 100 à 600 mm (équivalent) : ouverture maximale de f/4
On atteint donc f/4 dès 100 mm, et on y reste jusqu’à fond de zoom.
En pratique, gardez en tête le coefficient de 2,7 du capteur 1 pouce : en termes de profondeur de champ, ce f/2,4-4 équivaut à environ f/6,5-11 en plein format. En somme, pour générer du bokeh, il faut photographier un sujet près de soi, idéalement à la focale la plus longue.

Le bokeh varie selon la longueur focale et c’est à fond de zoom qu’il est le plus crémeux, avec des transitions douces entre les zones de netteté et le reste de l’image.
Pour aller plus loin
Ouverture focale en photo : tout comprendre, du flou d’arrière-plan à la netteté de vos images
C’est une qualité de plus à mettre au crédit de l’optique Zeiss.
Proxyphoto, zoom étendu et petite énigme résolue
Ce zoom cache une fonction proxy. Ce n’est pas de la vraie macro, mais, à 600 mm, la distance minimale de mise au point descend à 72 cm depuis la lentille frontale, pour un rapport de reproduction de 0,49x, soit du 1:2. De quoi valoriser des sujets minuscules avec un arrière-plan complètement effacé, à une distance de travail confortable. À 24 mm, on approche à 3 cm pour 0,42x.

Petite énigme résolue, pour finir : le fût affiche 9,1-210 mm, là où le RX10 IV affichait 8,8-220 mm. La norme de déclaration des focales a simplement évolué : le RX10 IV indiquait des focales effectives, après correction logicielle des distorsions, tandis que le RX10 V indique les focales littérales de l’optique. Dans les deux cas, les images couvrent exactement de 24 à 600 mm, et l’EXIF le confirme.
Sony RX10 VPhoto : les limites du 1 pouce repoussées
Le capteur est un CMOS empilé Exmor RS de 20,1 MP au format 1 pouce (13,2 x 8,8 mm), comparable à celui du RX10 IV. Objectivement, c’est un très bon capteur : fichiers impeccables de 100 à 800 ISO, exploitables sans réserve jusqu’à 1600 ISO. À partir de 3200 ISO, le bruit de luminance devient visible et dérive assez vite vers du bruit de chrominance.
Pour aller plus loin
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La dynamique est évidemment moins généreuse que celle d’un APS-C ou d’un plein format, mais à ISO 100 le RAW encaisse étonnamment bien les scènes contrastées. Les hautes lumières sont bien préservées et les ombres restent suffisamment riches pour être relevées en post-traitement, au prix d’une montée progressive du bruit.

La bonne nouvelle, c’est que le RAW traité avec une réduction de bruit par IA en post-traitement repousse nettement ces limites : à 6400 ISO, on obtient des images tout à fait exploitables, avec du détail, de la couleur et un grain convaincant. C’est en post-traitement que ce capteur donne le meilleur de lui-même en basse lumière.
Les images ci-dessous sont issues des fichiers RAW, nettoyés à l’IA par l’appareil, mais sans aucune autre réduction de bruit (même pas chromatique). Ce sont donc les « pires » images qu’on puisse obtenir sorties du RX10 V.
ISO100
ISO200
ISO400
ISO640
ISO800
ISO1600
ISO3200
ISO6400
ISO12800
En bonne lumière, en revanche, c’est un régal. Les couleurs sont très belles, avec les douze Creative Looks habituels de la marque, dont les profils Film Look FL2 et FL3. Le Bionz XR apporte surtout la balance des blancs automatique assistée par IA vue sur les derniers Alpha, et ça se voit : les JPEG sortent nettement plus justes, y compris en lumière mixte. Vu le public visé, c’est loin d’être un détail.

On gagne aussi le HEIF et la compression RAW sans perte, à environ 35 Mo le fichier. Petit regret en revanche : toujours pas de conversion RAW intégrée au boîtier. Sony reste le seul grand fabricant à ne pas la proposer, et en 2026 sur un appareil qui dispose de presets de couleurs et gère les LUT, c’est étonnant. Reste l’application gratuite pour ordinateur Sony Imaging Desktop pour réaliser les conversions.
Stabilisation : optique seulement, et c’est très bien
Pas de stabilisation capteur ici : tout passe par la stabilisation optique intégrée à l’objectif, annoncée à 4,5 stops selon la norme CIPA. Et elle est très efficace. À 600 mm, on shoote à main levée au 1/60 s sans souci et, en se gainant bien, on obtient encore des images nettes vers le 1/25 s. Autour de 35 mm, je suis descendu jusqu’à la demi-seconde de pose de façon répétée.

Dernier point technique à connaître : l’obturateur mécanique monte à 1/2000 s, mais au-delà du 1/1000 s, l’ouverture est bridée à f/8. Pour garder une grande ouverture aux vitesses élevées, il faut passer en obturation électronique, qui grimpe jusqu’au 1/16 000 s. L’autre solution est au bout du fût : le filetage de 72 mm accepte les filtres.

Sony RX10 VVidéo : le vrai bond en avant
C’est là que l’écart avec le RX10 IV est le plus spectaculaire. L’ancien modèle plafonnait en 4K 30 i/s. Le RX10 V filme en 4K 60 i/s sans recadrage, suréchantillonnée depuis toute la largeur du capteur, en 10 bits 4:2:2, monte à 4K 120 i/s avec un recadrage d’environ 1,4x, et à 240 i/s en Full HD pour des ralentis jusqu’à 10x.
Pour aller plus loin
H.265, 4:2:2, 10 bits, UHD ou 60p : tout comprendre aux formats et à la compression vidéo
Surtout, l’appareil s’ouvre à un vrai flux de travail : S-Log3 avec les espaces S-Gamut3 et S-Gamut3.Cine, S-Cinetone pour des images utilisables directement avec les couleurs Sony qu’on connaît, et jusqu’à seize LUT importables (via l’app Sony Creators App), prévisualisables en direct ou applicables au fichier.
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En vidéo, la stabilisation optique est complétée par une stabilisation électronique en mode Actif. Ça compense pas mal de mouvements, mais soyons honnêtes : ça ne dispense pas d’un pied dès qu’on va chercher les longues focales, où le moindre tremblement fait bouger tout le cadre. Mais ça filme très bien.
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Un comportement à connaître : une fois l’enregistrement lancé, le zoom se déploie plus lentement, et on ne peut pas l’accélérer. C’est volontaire : ça laisse aux moteurs le temps de suivre la mise au point pendant le mouvement, ce qui donne l’illusion d’une optique parafocale. C’est déroutant au début, mais on en comprend vite l’intérêt.
Sony RX10 VAutonomie : le passage à la NP-FZ100 change la donne
Le RX10 V abandonne la petite NP-FW50 pour la batterie NP-FZ100 de 2280 mAh, celle des Alpha, plus de deux fois plus capacitaire. Sony annonce 630 vues CIPA à l’écran et 570 au viseur, soit environ 50 % de mieux que le RX10 IV.
Comme toujours, les valeurs CIPA sont pessimistes. Hors rafale, on accroche sans peine 700 à 750 images au viseur. J’ai enchaîné près de 2000 vues en un après-midi, entre rafales et vues unitaires, avec la jauge qui affichait encore environ la moitié. Ajoutez l’alimentation en continu par USB-C Power Delivery, et on tient une journée entière de reportage animalier sans y penser. C’était la faiblesse la plus pénible du RX10 IV ; c’est devenu un point fort.

Sony RX10 VPrix et concurrents : 2499 euros, et personne en face
Le Sony RX10 V est affiché à 2499 euros. C’est 500 euros de plus que le RX10 IV à son lancement en 2017, et ça en fait tout simplement le bridge le plus cher jamais commercialisé.
Le Panasonic Lumix FZ82D et le Nikon Coolpix P1100 sont les derniers bridges encore au catalogue, mais ils ne jouent pas dans la même cour : capteur 1/2,3 pouce, allonges délirantes de 1200 et 3000 mm, et une qualité optique qui s’effondre aux longues focales.
7 /10
La vraie concurrence est ailleurs. À 2500 euros, on regarde forcément un hybride plein format d’occasion ou en promotion, un Sony A7 III ou A7 IV accompagné d’un zoom de voyage. Sauf que pour couvrir réellement du 24 au 600 mm, il faut deux objectifs, ou un méga-zoom type Sigma 60-600 mm qui pèse à lui seul plus de deux kilos et coûte le prix du boîtier. La facture grimpe vite.
Reste le RX10 IV, qui se trouve aux environs de 2000 euros et qui partage le même objectif. Si l’ergonomie, l’autofocus IA, la vidéo moderne et l’autonomie ne sont pas vos priorités, il fait toujours d’excellentes photos.
Produits alternatifs
Sony RX10 V
9 /10
9 /10
Notre avis sur Le
Sony RX10 V
Design
9
Le RX10 V est un appareil massif, mais son volume se justifie rapidement à l'usage. La poignée profonde, héritée des hybrides Alpha, équilibre parfaitement le 24-600 mm et permet de tenir l'appareil fermement, même à 600 mm. Le joystick, l'AF-ON, les deux molettes et les nombreuses commandes personnalisables donnent une vraie sensation d'appareil expert. Tout tombe sous les doigts et l'on peut travailler sans quitter le viseur. La tropicalisation, le pare-soleil fourni et le filetage de 72 mm complètent un ensemble qui inspire confiance. Quelques choix agacent : le démarrage parfois très lent, la carte SD dans le logement de batterie et l'écran sans rotule. Mais, pour le reste, Sony a fait du RX10 V un appareil remarquablement abouti.
Logiciel
8
Le RX10 V bénéficie surtout du travail accompli par Sony sur ses derniers Alpha. Le processeur Bionz XR et l'unité dédiée à l'IA permettent à l'appareil de reconnaître une grande variété de sujets, mais aussi d'améliorer la balance des blancs et le traitement des images. L'interface est complète sans être inutilement compliquée, et les nombreuses possibilités de personnalisation permettent de configurer le boîtier exactement selon sa façon de travailler. Les fonctions vidéo sont particulièrement riches, avec S-Log3, S-Cinetone, les LUT et une véritable chaîne de production pensée pour le post-traitement. Même la connexion avec Creators' App et les possibilités de streaming montrent que ce bridge n'a plus grand-chose d'un appareil figé dans le passé. Il y a beaucoup de fonctions, mais elles servent ici réellement l'usage.
Écran / affichage
9
C'est probablement l'un des plus beaux progrès du RX10 V. Le viseur OLED de 3,68 millions de points, capable de monter à 120 i/s, est une vraie réussite : grand, précis, fluide et agréable, il permet de juger immédiatement la mise au point et le rendu de l'image. À 600 mm, où il faut absolument pouvoir cadrer avec précision, cette qualité devient particulièrement précieuse. L'écran tactile de 3 pouces, lui aussi nettement amélioré, affiche une définition confortable et adopte enfin un format 3:2 plus cohérent avec celui des photos. Son principal défaut reste son mécanisme d'inclinaison, qui manque de souplesse en prise de vue verticale ou au ras du sol. Mais dans l'ensemble, le viseur comme l'écran participent directement au plaisir d'utiliser le RX10 V.
Photo
8
C'est en photo que le RX10 V démontre le mieux la pertinence de son concept. Le capteur 1 pouce n'est évidemment pas celui d'un plein format, mais il est très bien exploité et reste capable de produire des images riches, détaillées et propres dans de bonnes conditions de lumière. Le bloc optique est remarquable : le piqué reste élevé sur toute la plage, y compris à 600 mm et à pleine ouverture, tandis que le contraste et les couleurs sont particulièrement réussis. L'autofocus constitue toutefois la véritable révolution par rapport au RX10 IV. Rapide, précis et extrêmement fiable, il accroche les sujets et les suit avec une efficacité qui rapproche réellement ce bridge des meilleurs hybrides. La rafale à 30 i/s, sans blackout, achève de transformer le RX10 V en redoutable appareil d'action et d'animalier. Les limites du petit capteur apparaissent évidemment lorsque la lumière baisse, mais elles sont bien maîtrisées pour un capteur de cette taille.
Vidéo
8
Le RX10 V change complètement de dimension en vidéo. La 4K 60 i/s en 10 bits 4:2:2, la 4K 120 i/s, le S-Log3, le S-Cinetone et la possibilité d'importer des LUT en font un véritable outil de production, très loin du simple mode vidéo que l'on trouve sur beaucoup de bridges. Le potentiel en post-production est important pour qui souhaite travailler ses images, mais l'appareil sait aussi produire immédiatement de très belles images en Rec.709. L'autofocus et le suivi des sujets sont particulièrement précieux en vidéo, tout comme la stabilisation optique. Même le zoom motorisé, plus lent pendant l'enregistrement, a été pensé pour préserver la mise au point et obtenir des mouvements propres. À condition d'accepter les limites inhérentes à un zoom aussi long, le RX10 V est presque aussi convaincant en vidéo qu'en photo.
Autonomie
9
Le passage à la batterie NP-FZ100 est une évolution majeure, et probablement l'une des plus importantes pour l'usage quotidien. Le RX10 V abandonne enfin la petite NP-FW50 du RX10 IV pour la batterie des Alpha récents, avec une autonomie annoncée de 630 vues à l'écran et 570 au viseur. Dans la pratique, l'appareil fait nettement mieux lorsqu'on ne se limite pas au protocole CIPA : 700 à 750 vues au viseur sont facilement envisageables, et notre utilisation intensive a permis d'approcher les 2000 photos sur une après-midi. L'alimentation continue par USB-C permet en outre d'envisager de longues sessions sans se soucier de la batterie. Pour un appareil destiné à l'animalier, au voyage ou au reportage, c'est un changement considérable : l'autonomie cesse enfin d'être une contrainte.
Note finale du test
9 /10
Le RX10 V est un appareil tout-en-un à part. Volumineux et franchement onéreux, il peut rebuter au premier regard : difficile de justifier un tel investissement face à des hybrides plein format devenus accessibles, surtout quand son capteur 1 pouce est d'une taille que l'on retrouve désormais dans certains smartphones haut de gamme. Mais réduire le RX10 V à la taille de son capteur serait passer à côté de ce qui fait sa force. Ce capteur est sophistiqué, toujours très performant, et Sony l'a profondément entouré de technologies modernes : autofocus, suivi des sujets, traitement de l'image et vitesse de fonctionnement ont fait un bond depuis le RX10 IV.
Surtout, le RX10 V donne vraiment envie de faire des photos. Tout va vite, tout répond immédiatement et l'autofocus se montre d'une fiabilité remarquable. Le suivi AF est à la hauteur des meilleurs hybrides, le bloc optique est exceptionnel, avec un piqué élevé sur toute la plage focale, des couleurs naturelles et puissantes et un contraste superbe. Le viseur électronique est lui aussi une vraie réussite : sa définition, sa fluidité et la qualité de son affichage participent directement au plaisir de photographier. Rien ne donne l'impression d'avoir été ajouté à la va-vite : chaque élément, de l'ergonomie à l'écran en passant par la connectique et l'autonomie, a été pensé pour rendre l'appareil plus agréable et plus efficace.
La vidéo n'est pas oubliée, loin de là. Les modes Log ouvrent la porte à un vrai travail de post-production, tandis qu'en Rec.709, le RX10 V produit déjà des images superbes sans nécessiter de traitement lourd. C'est finalement cela qui justifie son prix et son encombrement : non pas un simple bridge doté d'un énorme zoom, mais un appareil capable de tout faire, et de le faire très bien, du grand-angle à l'animalier, de la photo au tournage vidéo, sans changer d'objectif.
Le RX10 V reste donc un appareil de niche, cher et encombrant, avec les limites inhérentes à son capteur 1 pouce. Mais dans cette niche, il est extraordinairement abouti. Il n'existe pratiquement aucun autre appareil capable de réunir dans un seul boîtier un 24-600 mm aussi performant, un autofocus aussi efficace, un viseur aussi réussi et des capacités vidéo aussi complètes. C'est précisément cette absence de compromis sur l'usage qui fait du RX10 V un appareil aussi attachant — et qui permet de comprendre, sinon d'accepter sans discuter, son prix.
Points positifs du Sony RX10 V
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Il donne envie de faire des photos (et des vidéos)
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Le 24-600 mm f/2,4-4, très polyvalent et bon à toutes les focales
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L'autofocus et le suivi des sujets, dignes des meilleurs hybrides
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Rafale à 30 i/s sans blackout
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L'excellent viseur OLED 120 Hz
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La qualité d'image et les couleurs
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La vidéo 4K 60 i/s 10 bits sans crop, et la 4K 120 i/s
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Les profils vidéo Log et la prise en charge des LUT
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Résistance aux intempéries
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Prise en main
Points négatifs du Sony RX10 V
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Les limites du capteur 1 pouce en basse lumière (quoique repoussées très loin)
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Pas de flash intégré
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Prix très élevé pour un bridge