« J’ai mis tous les atouts de mon côté » : la Niçoise Marjolaine Pierré vise le podium, ce samedi, du dernier championnat du monde 70.3 organisé à Nice
Dernier frisson en Baie des Anges ! Ce week-end, Nice accueille pour la dernière fois les championnats du monde 70.3, ultime plongée de l’élite mondiale dans ses eaux turquoise, avant que cette prestigieuse parenthèse ne se referme définitivement.
Pour autant, sur une distance où s’entrechoquent les ambitions, où s’opposent athlètes issus de l’olympisme et purs spécialistes de l’Ironman, rarement rendez-vous planétaire n’aura été aussi dense et relevé.
Chez les hommes, le plateau est tout juste exceptionnel. Et Jelle Geens, double champion du monde et tenant du titre, va devoir composer avec des rivaux plus déterminés que jamais à s’inviter eux aussi à la table des plus grands.
À l’image de Kristian Blummenfelt, ancien recordman du monde sur le full (7 h 49 min 16 s), de Gustav Iden, autre Norvégien, couronné en 2019 et 2021, du Belge Marten Van Riel, qui s’était imposé ici à Nice l’an dernier, ou encore du Néo-Zélandais Hayden Wilde, qui lui performe surtout sur le T100 Triathlon World Tour. Sans oublier les Français Vincent Luis et Léon Chevalier, capables de venir semer la zizanie au sein de la hiérarchie et d’aller grimper sur la boîte.
« Rester focus sur ma course »
Chez les femmes, seule manque à l’appel la reine Lucy (Charles-Barclay), qui avait fait main basse sur la course en 2025 (à Marbella), mais qui, en retard dans sa préparation, a finalement choisi de ne se concentrer cette fois que sur Hawaï.
Si en son absence, la triple championne du monde, Taylor Knibb, est donnée grande favorite, elle aura néanmoins pas mal de fil à retordre avec les Kat Matthews, Laura Philipp ou encore Julie Derron, toutes venues se mesurer à un parcours qui ne pardonne ni les approximations ni les défaillances. Au milieu de cette constellation de stars internationales, une Française aura une raison supplémentaire de regarder vers le large : Marjolaine Pierré. La Niçoise d’adoption connaît chaque nuance de ce décor, cette lumière qui illumine l’ambition, ces routes piégeuses de l’arrière-pays (dont le redouté col de Vence) et cette Promenade des Anglais qu’elle aura l’occasion de fouler devant un public qui, forcément, la considérera un peu comme l’une des siennes.
Et la jeune femme, jeudi en conférence de presse, est apparue tout sourire, prête à donner un autre cap à son destin. « Cet été, j’ai choisi de prendre des risques, en intégrant à ma prépa cinq semaines de stage en altitude, à Font Romeu. Le but, c’était de booster les globules, pour espérer un pic de forme au moment voulu. C’est la première fois que je fais ça, et on verra bien si ça porte ses fruits. En tout cas, j’ai mis tous les atouts de mon côté, pour ne pas rater l’occasion si elle se présente… »
Et d’évoquer ses envies de podium, elle qui, il y a un an, l’avait frôlé de si près en Espagne.
« J’étais malade à l’époque, et je ne pensais même pas prendre le départ. Alors honnêtement, cette 5e place, c’était inespéré (…) Il y a 10 jours, j’ai encore attrapé un virus ; on va voir si j’arrive à surmonter tout ça, mais je pense que la clé sera de rester concentrée sur ma course, et de ne pas être trop dans l’émotion… »
Mais derrière cette bataille annoncée pour le titre, une autre histoire va donc s’écrire. Il restera certes les images, les exploits, et les souvenirs, mais aussi cette étrange sensation d’avoir assisté, avant même le départ, à la fin de quelque chose de grand. D’unique…
Programme (1931 m de natation, 90,1 km de vélo, 21 km de course à pied).
Samedi : course femmes (3000 inscrites) Départ des pros, plage des Ponchettes, à 7 heures. 11 h 20 : arrivée estimée de la première.
Dimanche : course hommes (3500 inscrits) Départ des pros, plage des Ponchettes à 7 heures. A rrivée estimée du premier : 10 h 50.