"J’ai failli avoir un malaise", "un ton un peu plus libre bientôt" : comment Laurent Nicollin envisage La Mosson, sa rénovation et le soutien populaire au MHSC
Le Montpellier HSC reste au stade de La Mosson, dont la rénovation a été annoncée par le maire Michaël Delafosse en octobre 2025 mais reste nébuleuse. À l’occasion d’un long entretien avec Midi Libre, à paraître ce jeudi 13 août, Laurent Nicollin, président du club, ne cache pas impatience face aux conditions actuelles et attend des engagements concrets tout en se réjouissant de la ferveur actuelle.
Le Montpellier HSC reste avec la famille Nicollin mais aussi au stade de La Mosson. Dix mois après l’annonce de Michaël Delafosse, le 1er octobre 2025, de miser sur une rénovation de l’enceinte plutôt que sur le projet de déménagement porté par Louis puis Laurent Nicollin, les questions sur la suite restent sans réponse. Et celle de Laurent Nicollin, invariable. "Vous poserez la question à Monsieur le Maire. On n’a pas plus d’éléments", évacue-t-il invariablement depuis plusieurs semaines.
Aucun calendrier des travaux ou évaluation de ceux-ci n’a été à ce jour rendu public. "Stade compliqué, outil pas adapté", insiste le patron montpelliérain, La Mosson demeure pourtant bien une préoccupation essentielle du club pailladin et de son avenir. "Mais s’il faut s’adapter au rythme politique, on ne va pas faire grand-chose. Alors on avance et on posera des questions. J’espère que l’on aura des réponses quand on devra en avoir", souffle encore Laurent Nicollin, qui veut voir où les travaux de rénovation "vont nous mener".
"Quand je passe au salon VIP, qu’il fait 45 degrés…"
Le club, lui, "va avancer un projet, on va aller à la mairie. On veut des engagements sur certaines choses", poursuit-il, dessinant ses attentes à travers une anecdote et un agacement.
"Quand je passe au salon VIP, samedi (contre Dijon), qu’il fait 45 degrés… J’ai failli faire un malaise. Des gens peuvent investir dans une loge, mais avoir des conditions adéquates. À un moment, il faut se poser les bonnes questions, grince-t-il. C’est inadmissible que des gens, qui paient une loge, aient deux fois plus chaud dedans que dehors."
Paradoxalement, l’hypothèse d’une passation de pouvoir à la tête du club, d’un départ de ses historiques propriétaires, a rappelé la place "importante" dans la ville du MHSC. "On s’en rend compte tous les jours, et encore plus peut-être avec la vente éventuelle ou pas, note Laurent Nicollin. Mais on reste dans notre ligne de conduite."
La parole, cependant, pourrait se faire plus insistante, ou piquante, esquisse-t-il, rappelant la cession en cours d’une branche de l’entreprise familiale, engagée avec de nombreux acteurs politiques. "Avec la vente de la partie “déchets”, on aura peut-être un ton un peu plus libre dans quelques mois. On dira haut et fort quand cela ne nous conviendra pas. Cela fera peut-être du mal à entendre à certaines personnes, mais il faudra qu’elles soient à la hauteur de nos espérances."
Le "soutien exceptionnel" de la Butte Paillade
Au présent, en attendant un lifting indispensable, La Mosson, elle, repart sur une saison après une dernière campagne lors de laquelle elle a accueilli 8 659 spectateurs de moyenne. Une affluence, un soutien populaire que Laurent Nicollin ne voit s’accroître qu’avec les résultats, en dépit des initiatives récentes pour améliorer l’accueil.
"On a un noyau dur entre 10 et 12 000 personnes, ce qui n’est pas si mal, estime-t-il. Avec un club qui descendait, on a eu un soutien assez exceptionnel de la part de la Butte (Paillade) l’an passé. Ils ont répondu présent, ils l’ont encore fait samedi. Ensuite, cela va passer par une osmose entre l’équipe et les supporters. Samedi, il y avait un état d’esprit susceptible de créer ça. Mais le petit truc en plus tient aux résultats."