« J’adore les femmes » : accusé de viols et dernier suspect vivant dans l’affaire Epstein, l’ex-patron français de l’agence de mannequin Élite sort du silence
« Inaction », « lenteur »… Dans l’affaire Epstein, l’État Français est doublement assigné. Par Ebba Karlsson, ex-mannequin suédoise qui accuse de viol un rabatteur présumé du pédocriminel américain et par l’association Innocence en danger au nom des victimes potentielles de l’Américain.
Daniel Siad, rabatteur présumé de Jeffrey Epstein, a été retrouvé mort fin juillet à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine) éteignant, de fait, les investigations le visant, mais pas l’enquête du parquet de Paris autour du dossier Epstein.
« Il y avait l’opportunité de l’entendre, mais rien n’a été fait pendant des mois », a déclaré Ebba Karlsson sur BFMTV mi-août, après avoir révélé sa volonté d’assigner l’Etat sur RTL.
« Je n’ai jamais ni violé personne, ni eu le besoin de violer personne »
Alors qu’il n’a toujours pas été entendu par la police, ni par la justice dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite de la publication des Epstein files, Gérald Marie, devenu le dernier suspect vivant du volet français dans cette affaire, s’est cependant laissé aller à quelques confidences auprès de nos confrères de RTL.
« Elles peuvent aller devant toutes les justices, dire qu’elles veulent, il n’y aura rien » confie l’homme de 76 ans qui vit depuis plusieurs années à Ibiza avec sa femme. Il assure qu’il n’a rien à craindre, ni de la justice, ni des plaignantes.
« J’ai toujours eu un comportement cohérent et correct avec les femmes. J’adore les femmes » affirme l’ancien patron d’Elite, qui conteste toutes les accusations. « Je n’ai jamais ni violé personne, ni eu le besoin de violer personne », a-t-il martelé au micro de RTL.
À titre d’exemple, il évoque sa relation « consentie » selon lui, avec la mannequin américaine Carré Otis dans les années 80, alors qu’elle n’avait que 17 ans : « ce n’est pas la Carré [qu’il] connaît ».
Une rencontre avec Jeffrey Epstein : « un beau mec […] charmant, bien élevé »
S’il est cité dans les Epstein Files, c’est en raison d’une réunion entre lui et Jeffrey Epstein avant la condamnation de ce dernier en 2006 à New York.
D’ailleurs, le Golden-boy de l’agence Elite ne tarit pas d’éloge sur Jeffrey Epstein. « Quand on l’a rencontré, c’est un beau mec d’ailleurs, charmant, bien élevé, bien éduqué, il n’y avait rien à dire, explique-t-il sur RTL.
Il précise cependant que la proposition du financier américain qui souhaitait une collaboration professionnelle n’a pas abouti. Il ne l’a, selon lui, jamais plus revu.
« On a été approchés, on nous a proposé un rendez-vous dans son hôtel particulier à New York. On s’y est rendu, on a discuté, on a envisagé la possibilité de faire quelque chose. On a eu des échanges de construction de ce nouveau bureau et puis on s’est rendu compte, chemin faisant, ce n’était pas pour nous, on n’a pas fait. Tout simplement. »
« On ne juge pas une époque » affirme l’avocate de Gérald Marie
Son avocate Me Céline Bekerman a également pris la parole au micro de RTL. « Ce que les plaignantes ne semblent pas avoir compris, c’est qu’on ne juge pas une époque. On ne juge pas un symbole, on ne juge pas une décennie, on juge une personne a raison des faits qu’elle a commis. Alors on ne devient pas coupable par contamination. »
Si son client Gérald Marie a déjà été entendu dans le cadre d’une enquête préliminaire à la suite des plaintes déposées par d’anciennes mannequins elle souligne une enquête finalement classée sans suite, en soutenant que son client a « confiance en la justice de notre pays ».
« On ne peut pas poursuivre des faits, outre qu’ils ont toujours été contestés, qui remontent aux années 80. C’est un principe élémentaire. Il y a la prescription qui empêche de poursuivre ces faits », souligne l’avocate sur RTL.