Israël veut déplacer les Palestiniens hors de Gaza
Israël est prêt à déplacer les habitants de Gaza hors du territoire ravagé par la guerre si les États-Unis donnent leur feu vert, a déclaré mercredi son ministre de la Défense, évoquant des transferts « par la mer et par les airs ».
En définitive, il n'existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration de sa population, a déclaré le ministre Israël Katz lors d'une conférence organisée par le site d'information israélien Ynet.
L'an dernier, le président américain Donald Trump avait proposé de faire le ménage en transférant les quelque deux millions d'habitants de Gaza vers des pays comme l'Égypte et la Jordanie, avant de rétropédaler face au tollé.
Selon M. Katz, M. Trump n'a pas renoncé à son idée, il l'a seulement suspendue face à la pression de pays arabes.
Mais le plan n'est pas remisé, il fait l'objet de discussions en permanence, même en ce moment.
Sans dire d'où il tenait ce chiffre, M. Katz a aussi assuré que 80 % [des Gazaouis] veulent partir, mais que le Hamas les en empêche.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dit attendre le feu vert ds États-Unis. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / Menahem Kahana
Le gouvernement israélien est organisé et prêt à les faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles, a-t-il ajouté.
Mais pour que cela se produise, nous avons besoin des États-Unis. Quand donneront-ils leur accord? Lorsqu'il deviendra clair que le Hamas ne remplit pas ses obligations dans le cadre des négociations autour du plan de paix défendu par les États-Unis, a-t-il poursuivi.
M. Katz défend depuis plusieurs mois une telle mesure présentée comme une émigration volontaire des habitants de la bande de Gaza.
Son collègue Bezalel Smotrich, ministre des Finances issu d'un parti d'extrême droite, a même proposé en février d'élargir cette mesure aux Palestiniens de Cisjordanie.
Le déplacement forcé d'une population civile est un crime de guerre, au regard du droit international.
À Gaza, la plupart des habitants ont été déplacés par la guerre destructrice lancée par Israël après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le Hamas, qui ont fait plus de 1200 morts sur le sol israélien.
Depuis trois ans, plus de 73 000 personnes ont été tuées par l'armée israélienne à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par les Nations unies.
Aucun retrait de Gaza, dit Nétanyahou
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a de son côté affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans le territoire palestinien.
Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60 % de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent.
Le premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la ligne jaune qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile, en vigueur depuis octobre 2025.

Le plan de paix de Donald Trump prévoit plusieurs phases de retrait de l'armée israélienne. La première phase de retrait a été effectuée le 10 octobre 2025.
Photo : Radio-Canada / Francis Lamontagne
Lors de cette visite, la première depuis la trêve, M. Nétanyahou a réitéré son objectif de désarmer le Hamas et démilitariser Gaza.
Gaza ne représentera plus une menace pour Israël. Cet objectif a, dans une large mesure, déjà été atteint. Mais il reste encore du travail à accomplir, et nous l'achèverons, a dit le dirigeant, venu pour la dernière fois en avril 2025.
Élections cruciales
Ce déplacement intervient en pleine campagne pour les élections législatives en Israël, où la question du devenir de la présence israélienne dans ce territoire palestinien joue un rôle central.
Il se tient aussi au moment où le président américain Donald Trump tente d'arracher un accord pour tourner la page de la guerre.
Confronté à un scrutin qui s'annonce très serré, M. Nétanyahou a rejeté le mois dernier l'ultime étape du plan de paix. Le Hamas avait lui accepté le texte qui, dans sa version publiée par le Conseil de paix, lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, est engagé dans une difficile bataille pour sa réélection en octobre. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Ohad Zwigenberg
Mais Israël refuse tout retrait militaire tant que le mouvement islamiste palestinien ne serait pas véritablement désarmé.
En dépit du cessez-le-feu, l'armée israélienne bombarde quasi quotidiennement le territoire palestinien.
Mardi, Israël a affirmé avoir arrêté le chef de la sécurité intérieure du mouvement islamiste palestinien Hamas lors d'une opération à Gaza.
Les opérations israéliennes y ont fait au moins 1334 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.
À lire aussi :
- Les élections israéliennes « les plus importantes des 30 dernières années »
- Israël : les élections législatives se tiendront le 27 octobre