taraskuzio.com

Ismaïl, 4 ans, tué dans la chute d’un ascenseur : un technicien et deux entreprises condamnés huit ans après la mort du garçon

l'essentiel Huit ans après la mort d’Ismaïl, 4 ans, écrasé dans la chute d’un ascenseur à Argenteuil, la justice a condamné, ce mercredi 2 septembre, le technicien qui était intervenu sur l’appareil ainsi que son ancien employeur et l’entreprise ayant assemblé l’ascenseur.

Plus de huit ans après le drame, le verdict est tombé. Ce mercredi 2 septembre, le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d'Oise) a reconnu pénalement responsables les trois prévenus poursuivis après la mort d’Ismaïl, 4 ans, au centre commercial Côté Seine, à Argenteuil, rapporte l'AFP.

À lire aussi : Incarcéré pour avoir tué Emilio, son beau-fils de 14 ans, il met le feu à sa cellule pour brûler vif son codétenu soupçonné de pédophilie

Un décès brutal

Le 8 juin 2018, la famille d’Ismaïl se rend au centre commercial. Arrivée au premier étage, une partie de la famille sort de l’ascenseur. Le petit garçon les suit. C’est alors que la cabine chute brutalement.

Ismaïl se retrouve coincé au niveau du thorax, entre la cage de l’ascenseur et le palier. Sa mère, restée bloquée dans la cabine, assiste impuissante à la scène. Malgré les secours, l’enfant meurt sur place.

À lire aussi : "On sait de quoi Lyhanna est morte" : trois mois après le drame, l’avocat de ses parents révèle pourquoi la réponse doit rester secrète

L’appareil était un modèle hydraulique, un système relativement rare en France. En 2015, une fuite d’huile avait été constatée et des travaux réalisés par un technicien de Bagneux Hydraulique, société à laquelle TK Elevator sous-traitait certaines opérations.

Une erreur à l'origine de l'incident

Âgé aujourd’hui de 67 ans, Jean-Marc H., technicien de maintenance au moment des faits, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. Son ancien employeur, Bagneux Hydraulique, a écopé de 80 000 euros d’amende. L’assembleur de l’ascenseur, TK Elevator, anciennement ThyssenKrupp, a été condamné à 225 000 euros d’amende.

Salarié de l’entreprise depuis 1978, Jean-Marc H. avait alors remplacé le flexible servant au transport de l’huile. Mais plusieurs expertises réalisées dans le cadre de l’enquête ont conclu que son raccordement n’avait pas été correctement effectué.

À lire aussi : Deux adolescentes tuées dans un accident de la route en Lot-et-Garonne : le conducteur condamné à une peine de prison avec sursis

À la barre, le technicien a reconnu avoir commis une erreur, sans parvenir à expliquer précisément comment celle-ci avait pu se produire. Une faute qui, selon les expertises, s’inscrit au cœur de la chaîne ayant conduit à l’accident. Le tribunal a donc retenu une responsabilité pénale pour les trois prévenus.

La mère d’Ismaïl veut "avancer"

À l’issue de l’audience, la mère d’Ismaïl s’est montrée très émue. "La justice a su répondre au fait qu’ils ont été négligents et qu’ils sont donc tous responsables, a-t-elle déclaré. On va pouvoir commencer, huit ans après, à avancer".

À lire aussi : Mort de Tyméo et de son père en Belgique : Bryan s’est-il suicidé après avoir découvert son fils mort dans la voiture ? La nouvelle piste des enquêteurs

L’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, a salué une "bonne décision". Selon lui, ce type de drame est trop souvent cantonné à la question des indemnisations. "Habituellement, lorsqu'il y a ce type de drame, la justice considère que ça doit se régler d'un point de vue purement civil, d'un point de vue des indemnisations", a-t-il expliqué.