Internet. Vous avez reçu de nombreux mails sur les « pixels de suivi » ? On vous explique pourquoi
« Un point sur le suivi de nos e-mails », « un mot sur nos e-mails », « informations relatives à nos communications », « information sur le suivi de l’expérience clients », « information liée à la nouvelle recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques »… Vous avez probablement dû recevoir ces derniers jours pas mal de mails de ce type. Ces messages proviennent de différents expéditeurs : entreprises, administrations, organisations ou même médias. Ils ont vocation à vous informer de l’utilisation de « pixels de suivi » dans leurs communications. Les « pixels de suivi » sont des petits fichiers invisibles, intégrés dans les courriers de messagerie. Il s’agit généralement de très petites images, d’un pixel par un pixel, précise la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Leur usage n’est pas nouveau mais fait l’objet d’une « croissance significative », selon l’autorité administrative indépendante.
S’ils sont au cœur de l’actualité - et de votre messagerie - ces derniers jours, c’est parce que la Cnil a récemment mis à jour ses recommandations sur leur utilisation, en donnant trois mois aux entreprises concernées pour s’y conformer. Ces nouvelles recommandations ont été rendues publiques le 14 avril : le délai des trois mois a donc expiré le 14 juillet dernier. De nombreux mails d’information ont été envoyés in extremis, voire hors-délai.
À quoi servent les pixels de suivi ?
Lorsque vous ouvrez un mail contenant un pixel de suivi, des informations sont transmises à l‘émetteur du message. L’expéditeur peut alors savoir si le message a été ouvert, à quel moment, sur quel type d’appareil et obtient une localisation approximative (pays, région, ville, quartier…), indique la Cnil. En revanche, ces traceurs ne donnent pas accès au contenu de vos autres courriers, ni à votre messagerie. Ils ont une fonction similaire à celle des cookies, utilisés lors de la navigation sur internet.
Les pixels de suivi sont utilisés à des fins variées : évaluer la bonne réception des courriels, mesurer l’audience, personnaliser la communication en fonction de l’intérêt des utilisateurs… « Concrètement, cet indicateur nous permet de mieux comprendre quelles informations intéressent nos lecteurs, adapter la fréquence de nos messages pour éviter les sollicitations inutiles, améliorer la présentation et l’accessibilité de nos e-mails sur les différents appareils utilisés, vous adresser des contenus plus pertinents », expliquent ainsi Les Petits Frères des pauvres dans le mail adressé à leurs utilisateurs. Cette balise de suivi « nous permet de mesurer l’ouverture de nos messages et d‘évaluer la portée de nos envois », explique également l’Unicef. De son côté, Intersport explique pouvoir « mesurer l’efficacité » de ses campagnes et de « personnaliser la fréquence d’envoi ainsi que le contenu des messages ».
Que disent les nouvelles recommandations de la Cnil ?
« Dans certains cas, les données collectées par le pixel peuvent être croisées avec d’autres informations vous concernant. Cela permet à l’expéditeur d’affiner votre profil : centres d’intérêt, comportements de lecture, réactivité aux messages… Cela peut influencer la manière dont vous êtes ensuite sollicité au sein de votre messagerie et dans d’autres contextes », note la Cnil.
C’est pourquoi l’organisation plaide pour une meilleure information des utilisateurs, et recommande que leur consentement soit requis en cas d’utilisation à des fins publicitaires ou commerciales (pour personnaliser le contenu ou adapter la fréquence d’envoi ou de canal de communication par exemple, ou encore pour créer des profils de destinataires au regard de leurs préférences et centres d’intérêt afin de les cibler dans d’autres contextes que leurs courriels).
Peut-on refuser les pixels ?
Oui. La Cnil précise qu’il est possible de « refuser et retirer votre consentement aussi simplement qu’il vous est proposé de le donner ». Dans ce cas-là, les pixels déposés précédemment ne seront plus exploités et les données collectées devront être supprimées, si aucune autre base légale ne justifie leur conservation.