Une fin de match de folie, des Springboks au tapis... L'Australie vient à bout des champions du monde
Les Wallabies méritaient de battre les champions du monde mais l’exploit a été terni, ou pimenté, par dix dernières minutes rocambolesques avec des Australiens réduits à... onze.
Quelle pagaille ! Les douze dernières minutes de ce test de Perth ont ressemblé à une comédie burlesque. Les Australiens, qui menaient 42-17, ont subi tour à tour quatre cartons jaunes, tout en se voyant refuser un essai ! Et par-dessus le marché, l’arbitre italien Andrea Piardi était privé de l’usage de la liaison radio avec la cabine vidéo. On lui prêta donc un téléphone portable ou plutôt deux, un noir et un bleu. Et les Sud-Africains, à quinze contre onze pendant deux minutes, ont été à deux doigts de réussir la remontada du siècle avec leur équipe remaniée. Mais le dieu du rugby veilla à ce que l’esprit de la partie, et du rugby en général, soit préservé. L’Australie s’est imposée 42-38, assurant une série de cinq matchs sans défaite à Les Kiss.
Évidemment, on pourrait revenir sur chacune de ces péripéties rocambolesques qui ont démontré les mauvais côtés de la vidéo. Sur les quatre cartons, celui subi par Joseph Sua’ali’i, pour une position de hors-jeu dans la ligne, nous sembla vraiment très sévère. Les trois autres répondaient aux fameux "observables" qui guident les arbitres. L’un d’entre eux aboutit à l’annulation de l’essai de Tom Wright sur interception (à douze contre quinze car Paisami avait, au préalable, tamponné Feinberg-Mngomezulu à retardement (77e).
Lonergan énorme
Auparavant, les Wallabies avaient réussi leur meilleure performance de l’année, en marquant cinq essais en trente-six minutes (23e-59e). Notre favori fut celui conclu par Ben Donaldson en bout de ligne, après une action riche de quatorze phases toute en construction, terminée par une série de passes avant contact tout en justesse. Un rugby de dentelle et de délicatesse du quatuor Salakaia-Loto, Ikitau, Sua’ali’i et donc Donaldson.
L’Australie a offert un joli récital offensif. Elle fut pourtant contrée dans les dix premières minutes par la défense hyperagressive des Boks. Elle était faite pour mettre la pression sur Donaldson qui avait, en plus, tendance à se mettre trop en profondeur. Mais les Wallabies trouvèrent la parade en cessant de placer Donaldson en premier receveur au profit de Fraser McReight, Harry Wilson, Rob Valetini et Hunter Paisami. Donaldson se retrouva en second receveur et l’Australie put donner la pleine mesure de son potentiel créatif ballon en mains, avec un excellent Len Ikitau. On ajoute deux ballons piqués en touche par Jeremy Williams à des moments clés, la puissance du capitaine Harry Wilson et, surtout, la démonstration de Ryan Lonergan. Le demi de mêlée des Brumbies fut éclatant de lucidité et de maîtrise. Un vrai travail de chef d’orchestre doublé d’un bilan impeccable en tant que buteur.
On lui reprochera juste son carton jaune, pour faute cynique, sur une mêlée enfoncée. Il aurait dû laisser les Springboks marquer. Seul petit accroc de la soirée pour ce joueur révélé sur le tard (première sélection à 27 ans). Quant aux Boks, ils n’avaient plus encaissé autant de points depuis dix ans (2016, 57-15 face aux All Blacks).