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Insolite auto. Bond Bug, seuls les anglais pouvaient sortir une voiture à trois roues orange

La Bond Bug naît du rachat de Bond Cars Ltd par Reliant Motor Company. Qui sont ces gens ? Reliant est basé à Tamworth et produit des petites voitures à trois roues comme la Regal.

La Robin deviendra culte plus tard quand l’émission Top Gear en fera un running gag en s’amusant à la coucher sur le flanc en prenant des virages un peu fort.

Bond Cars Ltd est une entreprise basée à Preston, Lancashire, spécialisée elle aussi dans les petites voitures économiques…à trois roues comme la Bond Minicar et la Bond 875. Quel autre pays pouvait abriter, en toute impunité, deux constructeurs de voitures à trois roues ? 

Une voiture branchée 

Reliant a racheté son concurrent mais que va-t-il en faire maintenant ? Plutôt que de fermer purement et simplement la marque Bond, Reliant décide de l'utiliser pour lancer un véhicule audacieux destiné aux jeunes acheteurs, dans l'esprit « groovy » de la culture Carnaby Street des années 1970.

Du nom de la rue piétonne emblématique de Soho, épicentre du “Swinging London” des années 60 et rue la plus branchée de Londres. L’idée est simple, sortir une voiture branchée, pour casser l’image des petites voitures à trois roues de la marque. 

  • Reliant était spécialisé dans les trois roues, mais pas seulement. Photo Reliant

    Reliant était spécialisé dans les trois roues, mais pas seulement. Photo Reliant

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  • Le constructeur Bond va se faire racheter par Reliant. Photo Reliant.

    Le constructeur Bond va se faire racheter par Reliant. Photo Reliant.

  • Les voitures à trois roues bénéficiaient d'une législation et d'une fiscalité favorables. Photo Reliant.

    Les voitures à trois roues bénéficiaient d'une législation et d'une fiscalité favorables. Photo Reliant.

Du crayon à la série 

Reliant confie le projet à Tom Karen, designer tchèque naturalisé britannique travaillant pour Ogle Design à Letchworth, Hertfordshire, un studio avec lequel Reliant collabore déjà depuis longtemps.

Karen avait esquissé dès 1963 l'idée d'un petit trois-roues sportif deux places, mais Reliant avait rejeté le concept à l'époque. Après le rachat de Bond, le projet est ressuscité et devient la Bond Bug. La voiture reprend un châssis en acier embouti conçu par l'ingénieur en chef de Reliant, John Crosthwaite, et utilise de nombreux composants mécaniques de la Reliant Regal et de la future Reliant Robin 750.

Le moteur est un quatre cylindres en ligne de 700 cm³ en alliage léger, monté à l'avant, développant 29 ch pour les versions 700 et 700E, et 31 ch pour la 700ES grâce à une culasse redessinée et un taux de compression plus élevé. 

Une carrosserie en fibre de verre collée 

La carrosserie est en fibre de verre collée (et non boulonnée), ce qui fait de cette Bug un engin extrêmement léger avec seulement 373 à 394 kg selon les versions. Autre avantage, cette carrosserie ne rouille pas. L’originalité ne s’arrête pas là.

La Bond Bug mesure 1,27 m de hauteur seulement, avec un capot avant relevable et des éléments latéraux amovibles au lieu de portes conventionnelles.

Pour simplifier la production et réduire les coûts, le designer Karen impose une couleur unique : le client aura le choix entre l’orange ou l’orange. Seuls six exemplaires blancs seront produits pour la marque de cigarettes Rothmans. 

  • Reliant mise tout sur l'orange. photo Reliant.

    Reliant mise tout sur l'orange. photo Reliant.

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  • Rien dans cette voiture ne ressemble à une voiture. Photo Carandclassic

    Rien dans cette voiture ne ressemble à une voiture. Photo Carandclassic

  • Trois versions étaient disponibles. photo Reliant.

    Trois versions étaient disponibles. photo Reliant.

Un développement record

Le développement de la voiture prendra seulement douze mois, entre la validation du projet.

La production débute en juin 1970 à l'usine Bond de Preston, puis est transférée à l'usine Reliant de Tamworth à partir de l'été 1971, avant la fermeture définitive de Preston en décembre 1970.

La voiture est alors présentée comme “la Ferrari qu'un ado de 16 ans peut conduire”. L’argument est le suivant : avec sa position de conduite très basse, la Bond accentue la sensation de vitesse, comme en karting. 

Un lancement réussi 

Le lancement officiel a lieu en mai 1970 à Woburn Abbey, où la Bug reçoit un accueil enthousiaste de la presse et du public. Les médias parlent d’une “nouvelle forme de transport”.

Pour enfoncer le clou, la publicité utilise des slogans accrocheurs comme “the bird puller” (l'attrape-filles), reflétant l'esprit décalé des années 1970. Tout le monde salue son design audacieux et son côté amusant, mais quelques voix s’élèvent pour se demander…qui va acheter ça ? 

  • Le poste de pilotage est basique. Photo Carandclassic.

    Le poste de pilotage est basique. Photo Carandclassic.

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  • La Bond Bug ne sera pas un succès. Photo Carandclassic.

    La Bond Bug ne sera pas un succès. Photo Carandclassic.

  • Tout l'avant bascule pour entrer dans le véhicule. Photo Carandclassic.

    Tout l'avant bascule pour entrer dans le véhicule. Photo Carandclassic.

Pas simple à vendre 

La transmission est une boîte manuelle à 4 vitesses, avec un arbre de transmission vers les roues arrière, ce qui en fait une propulsion, alors que la vitesse maximale annoncée est de 122 km/h, supérieure à la limite de vitesse britannique de l'époque, et comparable à une Mini 850 cm³.

Mais difficile de vendre cette Bug comme une voiture normale. On lui reproche d’emblée son tarif disproportionné pour une trois roues. A 629£, elle coûtait plus cher qu'une Mini 850 cm³ affichée à 620£, qui offrait quatre places, quatre roues et une bien meilleure praticité.

L’accès se fait en soulevant tout l’avant, ce qui n’est pas forcément pratique, et il n’y a pas de coffre. Reliant compte alors sur la fiscalité avantageuse des trois roues, taxées 10£/an contre 25£ pour une Mini, mais cela ne suffit pas à séduire les foules. 

Un échec commercial

Sur quatre années de production, la Bond Bug sera produite à seulement 2270 exemplaires.

Les ventes n'ont jamais atteint les objectifs fixés par la petite marque anglaise. La production sera discrètement arrêtée en mai 1974 pour libérer de la capacité de production au profit de la nouvelle Reliant Robin 750, dont la demande était plus forte.

Aujourd'hui, on estime qu'environ 150 à 200 Bond Bug sont encore en état de circuler dans le monde, avec plusieurs centaines d'autres stockées dans des garages. Cette rareté, combinée à son design iconique, en fait une voiture de collection recherchée, devenue culte.

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 Le destin de Reliant 

Après l'arrêt de la Bond Bug en 1974, la marque Bond disparaît définitivement, laissant la place à Reliant. Le modeste constructeur continue de produire ses trois-roues (Robin, Regal) et développe plus tard des modèles quatre roues comme la Reliant Kitten qui sort en 1975.

Au début des années 2000, le patron de Reliant Motor Company contacte Xavier de La Chapelle pour lui racheter le concept De La Chapelle Roadster et l’industrialiser en Angleterre sous sa propre marque. Mais quelques semaines plus tard, le patron anglais

perd toute sa fortune dans l’explosion de la bulle internet. La marque survit jusqu'en 2001, date à laquelle la production cesse définitivement. 

Tentatives de relance 

A noter que des prototypes de Bond Bug à quatre roues ont même été étudiés dans les années 1970, mais jamais commercialisés.

-En 1990 Mike et Gary Webster achètent les moules originaux de Reliant et produisent moins de 30 kits de Bond Bug à quatre roues, en utilisant des pièces de Reliant Robin/Rialto, sous le nom de Webster Bug.

-En 1994, Reliant dévoile un prototype de “nouvelle Bond Bug” redessinée par Tom Karen, avec des phares ronds et des lignes arrondies. Le projet est néanmoins abandonné par la direction par la direction, jugé trop risqué.

-En 1998, une évolution à quatre roues du Sprint est étudiée, mais là encore, Reliant refuse de financer le développement.