Inde: une loi contre la fraude aux examens adoptée pour contrer la contestation étudiante
En Inde, après la démission du ministre de l'Éducation sous la pression de la rue, le gouvernement tente de reprendre la main. Une loi contre la fraude aux examens nationaux, à l'origine de la vaste contestation étudiante, a été adoptée en urgence. Le gouvernement de Narendra Modi espère ainsi apaiser la colère des étudiants, mobilisés à l'appel du Parti des Cafards. Mais sa promesse de durcir les sanctions et d'accélérer les enquêtes sur les fuites d'examens à répétition ne convainc ni le mouvement étudiant, ni l'opposition.
Publié le : 30/07/2026 - 07:38
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Avec notre correspondant à New Delhi, Abdoolah Earally
Présenté en urgence pour tenter d'éteindre la colère du « Parti des Cafards », ce texte durcit les sanctions contre la fraude aux examens nationaux. Ébranlé par ce scandale et la manifestation étudiante, Narendra Modi promet aussi d'accélérer les enquêtes. Mais, pour le fondateur du Parti des Cafards, Abhijeet Dipke, le problème est ailleurs.
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« Des lois, il y en aura tout le temps. Mais tant que les intentions ne sont pas bonnes, rien n’avancera. Dans ce pays, on empile les réformes. Il y a trois jours, Narendra Modi promettait une procédure accélérée, assure-t-il. Qu'est-ce qui s'est passé à la première audience ? Elle a été reportée parce que l'avocat de la police fédérale ne s'est même pas pointé ! On peut voter toutes les lois, si les exécutants sont incompétents, à quoi bon ? »
« Le pouvoir laisse la corruption s'enraciner »
Pour les manifestants comme pour l'opposition, porter les peines jusqu'à 10 ans de prison passe à côté de l’essentiel. Selon eux, le texte ne s'attaque pas aux réseaux de corruption et aux complicités politiques. Dimple Yadav, députée du Parti Samajwadi, principale formation d'opposition dans l'État de l'Uttar Pradesh : « Ce n'est qu'un amendement de plus. Les sujets d'examens continuent de fuiter partout. Le pouvoir laisse la corruption s'enraciner. Je ne pense pas qu'une énième modification de la loi changera la réalité. »
Le texte doit encore être adopté par la Chambre haute du Parlement. Il prévoit des tribunaux d'exception et un durcissement des sanctions contre la fraude aux examens.
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