Incendies : toujours inquiétant dans le Var, mais feu « fixé » en Gironde
Après plus de 42 000 hectares ravagés en Gironde et 1 800 dans le Var, les incendies sont sous contrôle samedi soir, mais la vigilance reste de mise en raison des conditions météorologiques instables.
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La situation sur le front des incendies était «stabilisée» samedi soir dans le Var, mais «le combat continue» en raison des vents changeants, tandis qu’en Gironde la plupart des personnes évacuées ont pu regagner leur domicile après dix jours de lutte contre un mégafeu désormais «fixé», mais pas «éteint».
Les incendies sont globalement «aujourd’hui sous contrôle» en France, même si «tout cela reste très évolutif», a commenté le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un entretien à La Tribune Dimanche.

Dans le massif du Gros Bessillon, dans le Var, où un brasier démarré vendredi a ravagé 1.800 hectares, «nous restons prudents parce que le combat continue, les vents changent, ils sont parfois tournoyants, et la vérité d’un soir n’est pas forcément la vérité des lendemains matins», a commenté le préfet Simon Babre.
Je n’ai jamais vu ça, la situation ne fait qu’empirer d’année en année
Quelque 2.500 personnes ont été évacuées vendredi soir de cette zone, comme Germaine, qui a fui son village de Montfort-sur-Argens et a dormi dans un gymnase transformé en centre d’accueil. «Je n’ai jamais vu ça, la situation ne fait qu’empirer d’année en année», se désole la retraitée, qui «attend de savoir si (sa) maison a brûlé».
Dans cette localité de 1.400 habitants perchée sur une colline, «90% de la surface boisée et naturelle a disparu», évalue le maire Philippe Chuyen. C’est le quatrième brasier d’ampleur qu’affrontent les pompiers depuis le 19 juillet dans le centre du Var.
Des renforts sont arrivés avec 1.500 sapeurs-pompiers mobilisés, six hélicoptères bombardiers d’eau, huit Canadair et deux Dash.
« Bon retour chez vous »
A près de 600 km de là, en Gironde, le mégafeu qui a ravagé 42.000 hectares en dix jours «ne progresse plus».
»Feu fixé ne veut pas dire feu éteint«, a néanmoins prévenu la préfète Sophie Brocas, faisant état de »deux points chauds qui demeurent«, une zone dunaire près du littoral atlantique à hauteur du Porge et un secteur au sud de Lacanau.
Parmi les 224.000 personnes évacuées »au plus fort de la crise«, 208.000 au total ont été autorisées à retourner chez elles, dont 10.750 samedi. Comme à Marcheprime, commune forestière de 5.700 habitants frôlée par les flammes, où des panneaux »Bon retour chez vous« ont été installés aux entrées de la ville.
Depuis leurs véhicules, les riverains regagnant leur logement saluent le maire qui les accueille sur le parvis de l’hôtel de ville, certains retenant difficilement leur émotion. »Les habitants peuvent recommencer à vivre, même s’il y a une balafre«, analyse l’édile, Manuel Martinez.
Ailleurs en Gironde, l’étape de la reconstruction a déjà commencé, surtout pour les agents d’Enedis, qui gèrent le réseau électrique. »Je viens d’Agen mais je me suis porté volontaire pour aider«, explique le technicien Xavier Picotto, qui contribue à remplacer des poteaux en bois par des équivalents en béton, plus résistants aux futures flammes.
Un »coordinateur national« rattaché à Matignon va être nommé pour piloter le chantier de la reconstruction dans les zones sinistrées par les feux qui ont brûlé plus de 117.000 hectares de forêt en France depuis le début de l’année 2026, a annoncé le Premier ministre. Il a par ailleurs estimé qu’aller en vacances en Gironde était »un geste de solidarité«.
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