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Incendies : le feu en Gironde est "stabilisé", mais a enregistré mardi 14 reprises, celui du Var est désormais "fixé" après avoir parcouru près de 4 500 hectares

Le mégafeu près de Bordeaux, stabilisé mais non fixé, a forcé l'évacuation de 4 000 touristes à Lacanau. Avec 42 000 hectares brûlés, c'est l'incendie le plus vaste depuis 1949. Un pic de chaleur est attendu mercredi, avec des températures jusqu'à 41°C. Dans les Landes, 3 600 hectares ont été ravagés.

Le mégafeu qui ravage les environs de Bordeaux dans le sud-ouest de la France est "stabilisé" mais a enregistré mardi 14 reprises de feu qui ont forcé l'évacuation préventive de milliers de touristes, avant l'arrivée prévue mercredi d'un nouveau "pic de chaleur".

L'incendie est "stabilisé" et ne "progresse pas", a déclaré en fin de journée la préfète du département de la Gironde, Sophie Brocas. Pour autant, les pompiers ont fait face à "14 reprises de feu, c'est très important, sur des zones qui avaient déjà été parcourues par le feu".

Quelque 4.000 personnes ont été évacuées par précaution des hébergements touristiques de Lacanau, "dans le plus grand calme, puisqu'on avait un peu de temps", s'est satisfait le maire Laurent Peyrondet.

Dans l'après-midi, "plusieurs reprises de feu" ont été observées par les autorités, "dans la surface brûlée, tout particulièrement à Lège/Grand Crohot et Marcheprime", soit aux extrémités nord-ouest et sud-est du mégafeu.

Ces récidives sont "un témoignage de la précarité de la situation", avertissait le commandant de pompiers Matthieu Jomain.

Pour prévenir de nouvelles récidive, la DFCI (pour "Défense des forêts contre les incendies") a réalisé 121 km de pare-feux, selon son président Bruno Lafon.

L'incendie de Gironde a brûlé 42.000 hectares à ce jour, soit la plus grande superficie depuis un feu de forêt meurtrier qui avait ravagé environ 50.000 hectares dans la région en 1949.

Vigilance canicule 

Passées à midi en vigilance jaune canicule, les deux départements de la Gironde et des Landes s'apprêtent à vivre selon l'institut Météo-France un "fort pic de chaleur".

Après une première hausse des températures mardi jusqu'à 33 à 35°C dans les terres, le thermomètre devrait atteindre des maximales "souvent comprises entre 38 et 41°C" mercredi, avec des vents un peu moins forts mais plus secs, et avant une nette baisse attendue jeudi.

Depuis le début du mégafeu, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes.

Mais de premiers réfugiés du feu commencent à revenir. Les habitants de trois villes proches de Bordeaux évacuées dans le week-end vont pouvoir rentrer chez eux "s'ils le souhaitent", à la condition de rester prêts à partir en cas de nouvelle menace, a annoncé mardi la préfète de Gironde.

Le feu n'étant pas "fixé", c'est-à-dire contenu, le retour du plus grand nombre dans leurs hébergements n'est à ce stade pas envisageable.

Les soldats du feu poursuivent leur mission, aidés par des volontaires, comme cette demi-douzaine de camions chargés d'eau qui ont rejoint quatre camions de pompiers pour faire le plein pour le prochain incendie depuis un immense camion-citerne au sud de Lège Cap-Ferret.

Un petit groupe court pour lancer des abricots en guise de rafraîchissements aux pompiers juchés sur l'énorme véhicule.

"Je ne sais pas quelle heure il est", avoue à l'AFP Pierre Marie à 19H00, après avoir éteint quatre feux ravivés depuis son arrivée, douze heures plus tôt, pour une journée "à fond".

"Nous versons 8.000 litres sur une zone et une heure plus tard, tout redémarre, souffle-t-il. Nous craignons chaque jour qui passe."

"Tout se fait en cas d'urgence, l'organisation n'est pas bonne", se lamente-t-il, soulignant que le groupe a dû acheter ses propres pompes portables et réservoirs d'eau.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

Dans le département voisin des Landes, le feu désormais "fixé" après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments, et une "grande majorité" des 30.000 évacués dans le département ont été autorisés à regagner leur hébergement, selon le préfet.

Après "trois jours dignes de scènes de guerre", "tout le monde est content de rouvrir", assure derrière son comptoir une boulangère à l'entrée de la ville de Biscarosse.

93 pompiers blessés

Comme lundi et mardi, aucun train ne circulera au sud de Bordeaux mercredi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 conduisant en Espagne est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne, sur le côte basque.

Le gouvernement français tiendra jeudi une réunion pour répondre aux "préoccupations" des entreprises, a annoncé le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin. Le ministère estime qu'environ 130.000 salariés ne peuvent pas travailler, du fait des incendies.

Ces derniers jours, le sud-est de la France a également été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes (sud-est) et dans le Var (sud-est).

Dans ce dernier département, le feu dans le massif du Gros Bessillon est enfin "fixé" mardi soir. La gendarmerie a aussi arrêté un homme de 23 ans soupçonné d'une série de départs de feu de végétation dans le département.