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Incendies en Gironde : Le Porge "sacrifié pour sauver le Cap Ferret" ? Pourquoi la colère gronde chez les habitants de cette ville prêts à saisir la justice

l'essentiel Alors qu'Emmanuel Macron s’est déplacé en Gironde en début de semaine, les habitants du Porge, commune ravagée par les flammes, ont exprimé leur colère. Ils estiment avoir été "abandonnés" par l’État et ont déjà décidé de s'organiser en créant un collectif. Plusieurs d'entre eux sont persuadés qu'il a été choisi de déployer plus de moyens pour protéger la presqu'île du Cap Ferret.

La commune du Porge a-t-elle été "sacrifiée sur l'autel de la presqu’île" du Cap-Ferret ? Cette expression entendue lors des nombreuses réactions d'habitants dont les maisons ont été détruites par l'incendie géant qui ravage la Gironde reflète bien leur colère. Des centaines d'entre eux dénoncent la gestion des secours et s’interrogent sur la répartition des moyens engagés pour tenter de contenir les flammes.

Un collectif créé, un avocat bordelais sollicité

Un collectif d'habitants du Porge s'est constitué afin d'engager une démarche judiciaire dans le but d'établir les responsabilités dans ce drame. Un groupe WhatsApp rassemblerait déjà plus de 500 personnes. "Notre objectif est simple : obtenir des réponses concrètes, faire toute la lumière sur les événements et obtenir la réparation des préjudices subis", écrit-elle sur Facebook Ludivine Daurignac, une habitante qui a vu sa maison réduite en cendres. Selon un recensement organisé par la mairie, plus de 190 logements ont été détruits par le mégafeu au Porge.

Au Porge, ville ravagée par l’incendie XXL en Gironde, des habitants ont monté un collectif pour intenter une action en justice. Ils se sentent “sacrifiés” et pointent des défaillances dans les mécanismes d’alerte. #franceinfo pic.twitter.com/sA5ok0ewu7

— franceinfo (@franceinfo) July 30, 2026

Me Sylvain Galinat, avocat du barreau de Bordeaux, a répondu à l'appel des Porgeais en colère. "On cherche les qualifications juridiques, il y aura sûrement un dépôt de plainte pénale mais aussi des actions sur les plans administratif et civil", a-t-il commenté dans divers médias en appuyant sur la détermination des habitants. Sollicité par La Dépêche du Midi, l'avocat n'a pas répondu à nos sollicitations.

La répartition des moyens de secours en question

Au cœur des interrogations : le moment où l’incendie s’est rapproché de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Des habitants du Porge affirment avoir constaté le départ ou le redéploiement de moyens vers d’autres secteurs alors que leurs propres maisons étaient encore menacées. Ils s'interrogent désormais sur cette répartition, qu'ils jugent non équitable entre les différentes zones exposées.

Les sinistrés racontent avoir vu les flammes progresser vers les habitations sans comprendre pourquoi leur secteur ne bénéficiait pas de davantage de moyens. "Quand le mur de feu est arrivé sur l'avenue du bassin d'Arcachon, on n'avait aucun moyen des pompiers, il n'y avait que le fourgon et l'unité du Porge", a témoigné le gestionnaire de la forêt communale.

Les pompiers contestent l’idée d’un choix

Une villa détruite par les flammes au Porge en Gironde.
Une villa détruite par les flammes au Porge en Gironde. AFP - JULIEN DE ROSA

Les nombreux témoignages recueillis par nos confrères doivent toutefois être replacés dans le contexte exceptionnel des incendies qui touchent la Gironde. Face à un feu de cette intensité, les pompiers doivent arbitrer entre plusieurs secteurs menacés, protéger les populations et empêcher les flammes de franchir certaines lignes. Le choix n'est pas celui de savoir quelles maisons sauver, mais de déterminer où les moyens doivent être déployés pour être le plus efficace et le plus utile possible.

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La préfecture et les secours contestent l’idée selon laquelle les moyens auraient été déplacés pour protéger les habitants les plus aisés de la presqu’île. En Gironde, et comme ailleurs, les pompiers assurent qu'ils se concentrent sur l'opérationnel. En clair : la "préservation des vies humaines" et des "territoires menacés".

Invité à réagir, le maire du Porge, Martial Zaninetti, a tempéré : "Le temps de l'analyse, ce n'est pas aujourd'hui... Il faudra faire le bilan, mais beaucoup plus tard."