Incendies en Espagne: «On a pris nos documents, de l’eau et pas grand-chose d’autre»
En Espagne, la région de Madrid et deux provinces voisines, Avila et Tolède, sont confrontées depuis plusieurs jours aux pires incendies de leur histoire. Des dizaines de milliers de personnes qui habitent à proximité des montagnes sont confinées chez elles ou ont dû quitter leur maison pour se réfugier temporairement dans d'autres communes. À Las Rozas, en banlieue de Madrid, un centre sportif est devenu un refuge pour des centaines d’évacués.
Publié le : 26/07/2026 - 07:00Modifié le : 26/07/2026 - 07:02
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Avec notre correspondant à Madrid, Juan Cascon
Des sacs de vêtements, des plaids et des lits pliants où se reposer, certains discutent, d'autres suivent l'actualité sur leur téléphone portable. À Las Rozas, dans un centre sportif reconverti en refuge à environ 60 kilomètres du feu, Mariano et Ana racontent le moment où ils ont dû quitter leur maison :
« Les flammes sont arrivées au village, donc on a rapidement fait nos bagages et on est partis, raconte Mariano. C’est tragique, le mont a déjà brûlé, mais j’espère qu’au moins les maisons et les gens seront sauvés. »
« On a pris nos documents personnels, des bouteilles d’eau et pas grand-chose d’autre », poursuit Ana.
Comme eux, de nombreuses familles ont dû fuir les flammes et passer la nuit dans ce centre, où les autorités et les bénévoles veillent à leurs besoins et à ceux de leurs animaux.
Face à cette situation de crise, les services municipaux sont à pied d'œuvre. « Nous faisons une liste des personnes qui souhaitent aider en tant que bénévoles. Nous identifions les besoins, et en fonction des horaires et de la disponibilité de chacun, nous les contactons, explique David Santos, adjoint au maire de Las Rozas, chargé de la sécurité et des urgences. Nous accueillons ici des habitants de dix communes évacuées de la Communauté de Madrid. Et, pour l’instant, nous n’avons aucune information concernant leur retour chez eux. L’essentiel est de préserver la vie de ces personnes. C’est pourquoi elles ont été évacuées, et qu’elles attendent deux ou trois jours de plus n’a pas vraiment d’importance. »
« Je n'avais jamais vécu quelque chose comme ça »
Maria s’est déplacée avec ses deux enfants et son chat : « Il y a des animateurs qui sont venus jouer avec les enfants et qui ont rapporté des jouets. Et pour le chat, on nous a laissé une grande cage et on nous a donné de la nourriture et de l'eau aussi. Tout ce dont on a besoin est à notre disposition. Je n'avais jamais vécu quelque chose comme ça. »
C'est l’association « Abraza Animal » (Calin Animal en français) qui s'occupe de prendre en charge les animaux, comme l'explique la présidente de l'association, Lola Julia :
Dans un moment de stress, la dernière chose à laquelle on pense, c’est de prendre la litière de son chat. Grâce à des bénévoles et à l’infrastructure dont nous disposons chez Abraza Animal, nous avons apporté notre aide dans ce domaine, avec des draps, des couvertures, des paniers pour chiens, des paniers pour chats, des cages, des bacs à litière, de la nourriture, des friandises, des jouets, des gamelles... Tout ce qu’il faut pour qu’ils se sentent à l’aise, ou du moins qu’ils soient un peu plus sereins au milieu de cette situation dramatique. Les gens sont ravis, ils nous ont beaucoup remerciés. Quand on doit fuir un incendie, on pense d'abord à faire sortir son animal, puisqu’il fait partie de la famille. Quand les gens voient qu'ils ont du soutien ici, ça leur apporte une tranquillité d’esprit, et cela leur enlève, au moins, un poids des épaules.
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Lola Julia, présidente de l'association «Abraza animal»
Chacun se demande quand il sera possible de rentrer chez soi. Mais face à ces feux, samedi soir, les autorités ont ordonné l'évacuation de huit nouvelles communes près de Tolède, au sud de la capitale.
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