Incendies : ce qu’il convient de faire pour se protéger des fumées très irritantes
Rester chez soi et calfeutrer son logement, éviter l’activité physique, porter un masque FFP2 : le professeur Mathieu Molimard, pneumologue et pharmacologue au CHU de Bordeaux, éclaire sur les mesures à prendre, sur le plan respiratoire, face aux fumées de l’incendie géant en Gironde.
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Le masque FFP2, protection partielle…
Dans le sud-ouest de la France, 2,5 millions de masques FFP2 vont être distribués afin de protéger la population. Car inhaler des fumées d’incendie a des effets respiratoires et ORL (maux de gorge, irritations oculaires, otites chez les enfants) à court terme, peut nécessiter d’hospitaliser des personnes atteintes de maladies respiratoires (asthme, BPCO) et favoriser les infections.
« Ces masques protègent des particules fines qui peuvent contribuer à l’irritation des bronches », explique le professeur Molimard. Mais ils ne remplacent pas la mise à l’abri ni le respect des consignes des autorités, rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
« Et il faut l’avoir bien ajusté sur le visage parce qu’un masque mal mis ne sert à rien. En outre, sa durée de vie, entre 4 et 8 heures, est limitée : une fois humidifié par la respiration, il ne filtre plus correctement », précise le médecin.
L’apport des autres types de masques, est, lui, inexistant. À défaut, il est conseillé de se couvrir le nez et la bouche d’un linge humide pour se protéger de la fumée.
… mais pas la « panacée »
« Le masque FFP2 ne protège pas vis-à-vis des gaz, du monoxyde d’azote produit par les fumées, des aldéhydes, notamment l’acroléine qui nous irrite quand on ressent la fumée, tout cela n’est pas filtré. Le masque FFP2, c’est mieux que rien, mais ce n’est pas la solution à tout. On peut se protéger avec lorsqu’on n’a pas le choix, que l’on doit absolument faire quelque chose à l’extérieur et qu’il y a des fumées », résume le professeur Molimard.
La priorité : se calfeutrer chez soi
Les autorités sanitaires appellent les habitants proches des zones incendiées à « rester confinés, portes, fenêtres et volets fermés », à éviter de conduire un véhicule, sauf consigne d’évacuation, et à n’allumer ni cigarettes, ni bougies, ni encens pour préserver la qualité de l’air intérieur des logements.
Les trappes de tirage de la cheminée et les bouches d’aération doivent être tirées, la ventilation mécanique contrôlée (VMC) arrêtée.
« La première des protections, c’est de ne pas s’exposer à la fumée, c’est-à-dire ne pas sortir, si on peut éviter de le faire », insiste le professeur Molimard. « Quand le vent aura tourné et que l’air sera de meilleure qualité, on pourra à nouveau aérer sa maison. »
Eviter le sport en extérieur
« Il ne faut pas faire d’exercice inutile, comme du footing ou des activités sportives en extérieur parce qu’on augmente la ventilation et on expose davantage ses bronches à des produits irritants et toxiques. Le risque aigu lié à l’inspiration de fumée qui va irriter les bronches, c’est d’avoir une crise d’asthme ou d’aggraver sa bronchite chronique. Et si l’on est malade des bronches, ce n’est pas le moment d’oublier son traitement ! », selon le spécialiste.
Attention en nettoyant les cendres
Pour ceux qui retrouvent leur logement dans une zone évacuée, il est recommandé d’éviter tout contact avec poussières, cendres et suies produites par la combustion du bois. Le nettoyage doit se faire muni de gants et exclusivement à l’eau (lingettes humides, serpillières) : aspirateur, souffleur, nettoyeur haute pression de type karcher, balayage à sec sont proscrits.
Femmes enceintes et personnes vulnérables doivent porter un masque FFP2 lors du nettoyage. Laver et éplucher légumes et fruits du jardin, ne pas consommer d’œufs de son poulailler et laisser couler les robinets pendant deux minutes avant de boire l’eau, est aussi recommandé.
Vigilance pour les plus vulnérables
Les personnes asthmatiques, souffrant de pathologies cardiovasculaires, respiratoires ou immunologiques chroniques, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées doivent contacter un généraliste voire le 15, en cas de symptômes ou d’une gêne respiratoire.
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