Incendie en Gironde : "Pas de retour" des évacués "tant que le feu ne sera pas fixé", les touristes appelés à envisager "une autre destination", les fortes chaleurs "pourraient aggraver" la situation
En Gironde, le retour des 220 000 évacués en raison d’un incendie massif n’aura pas lieu tant que le feu ne sera pas maîtrisé, a annoncé dimanche la préfète du département. L’incendie a déjà ravagé 42 000 hectares et menace de s’aggraver avec la hausse des températures prévue mardi. Les autorités déconseillent aux touristes de se rendre dans la région.
Le retour chez elles des 220 000 personnes évacuées pour cause d’incendie massif en Gironde n’aura pas lieu "tant que le feu ne sera pas fixé", a déclaré dimanche la préfète, disant redouter une possible aggravation du phénomène mardi avec de fortes chaleurs.
"Il n’y aura pas de retour possible dans les collectivités évacuées tant que le feu ne sera pas fixé", a déclaré Sophie Brocas lors d’une conférence de presse, ajoutant qu’il n’y aurait "pas de travail demain (lundi) dans les entreprises de ces collectivités territoriales". Un système "d’activité partielle" va être mis en place pour aider les entreprises concernées par ces évacuations, l’une des plus grandes opérations de ce genre jamais organisées en France à la suite d’incendies d’ampleur inédite.
La préfète a également déconseillé aux touristes de "rejoindre la Gironde", ravagée par le feu, qui a parcouru au moins 42 000 hectares, et les a appelés à envisager "une autre destination".
Elle a confirmé le dernier chiffre de surface parcourue, "10 000 hectares de plus" que samedi, décrivant un incendie qui "poursuit sa progression", porté samedi soir par un "nouvel épisode d’orage de feu", ou "pyrocumulonimbus", un nuage de feu capable de générer ses propres vents.
Ces dernières heures, le feu s’est orienté vers le sud-est en direction de Marcheprime, localité située sur la ligne SNCF entre Bordeaux et Arcachon, qui a été coupée, et non loin de l’autoroute A63, fermée par les autorités sur un tronçon de 60 km.
Cet incendie figure déjà parmi les plus importants répertoriés en France depuis la Seconde Guerre mondiale. En 1949, le grand incendie qui avait embrasé la forêt des Landes de Gascogne, le plus meurtrier jamais vu en France, avait ravagé environ 50 000 hectares.
Et la hausse des températures mardi pourrait alimenter le phénomène, redoutent les autorités. "À partir de mardi, hélas, les températures remontent et on va revenir dans des étiages très élevés, 38, 40 (degrés). C’est un facteur qui pourrait, j’utilise le conditionnel, qui pourrait aggraver le phénomène", a prévenu la préfète.
En outre, les seuils d’alerte aux particules fines ont été dépassés dans quatre départements de Nouvelle-Aquitaine, a déclaré dimanche Cécile Tagliana, directrice générale adjointe de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine. L’épisode de pollution aux particules fines concerne la Gironde, les Landes, la Dordogne et le Lot-et-Garonne, précise sur son site l’Observatoire de la qualité de l’air en Nouvelle-Aquitaine. Les feux de végétation libèrent des gaz et des particules dans l’air dangereux pour l’organisme. Les particules fines, en particulier, sont particulièrement nocives car pouvant pénétrer profondément dans les poumons.