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Incendie des Hautes Fagnes détecté par un steward : qui sont ces nombreux bénévoles qui veillent sur ce site naturel ? - RTBF Actus

La première mission de ces stewards, "c’est essentiellement d’avoir des yeux là où les gardes forestiers ne peuvent en avoir, car ils ne savent pas avoir des yeux partout en même temps", explique Stéphane Califice. C’est notamment essentiel le week-end et les jours fériés. "A ce moment-là, il n’y a qu’un garde forestier du cantonnement qui est de permanence", précise Stéphane Califice.

Les stewards sont donc là pour regarder si les règles en vigueur pour protéger la nature dans le Hautes Fagnes sont respectées. 

L’une de leur mission est de sensibiliser les visiteurs, par exemple en les sensibilisant au risque d’incendie, mais aussi de leur rappeler les bonnes pratiques telles que rester sur les chemins balisés ou ne pas abandonner ses déchets. "Ça peut être de tenir son chien en laisse, ça peut être de ne pas faire de bivouac", ajoute Stéphane Califice. Lorsque le drapeau rouge est hissé, "ils sont aussi là pour surveiller que les gens respectent ces drapeaux rouges et n’aillent pas s’aventurer là où c’est fermé", poursuit le responsable du projet "stewards". Cependant, en aucun cas, il ne s’agit de verbaliser les visiteurs, car cela reste une compétence des gardes forestiers.

Les yeux des stewards servent à repérer ce qui est anormal. Qu’il s’agisse de visiteurs récalcitrants ou de départ de feu, les stewards ont toujours le numéro de téléphone du garde forestier en fonction pour le prévenir.

Les stewards sont également là pour aider les visiteurs du Parc Naturel des Hautes Fagnes. "Ils sont vraiment sur les chemins, sur le terrain ou parfois sur des podiums, des zones où il y a pas mal de promeneurs qui passent. Ils sont là essentiellement pour informer", précise Stéphane Califice. Ainsi, ils sont en mesure de conseiller un itinéraire, par exemple ou de guider un promeneur égaré.

Chaque steward reçoit deux jours de formation. L’un, organisé par le DNF, porte surtout sur la réglementation et les zones des Hautes Fagnes où les stewards seront déployés. L’autre est consacré à la manière de communiquer avec les visiteurs.

Les stewards sont essentiellement présents dans sept zones du Parc Naturel des Hautes Fagnes, dont les environs de la Baraque Michel, du Signal de Botrange. Ils sont généralement en binôme, même s’il arrive que certains soient seuls. Certains stewards circulent à vélo sur un itinéraire prédéfini en collaboration avec la Division Nature et Forêts.

"Idéalement, on devrait être avec environ 8 à 10 stewards par jour", explique Stéphane Califice. "Pour le moment, on est souvent à 4-5 stewards", nuance-t-il, car les 120 stewards bénévoles recrutés ne suffisent pas pour assurer une présence systématique dans tous les endroits prévus.

Idéalement, le Parc Naturel des Hautes Fagnes devrait recruter davantage de stewards. Le projet "Stewards" est subventionné par la Région wallonne et, comme l’explique Stéphane Califice, "c’est un projet qui est financé jusqu’à fin août de cette année". "Le Parc Naturel a décidé de payer une petite coordination du projet jusqu’à la fin de cette année-ci, mais par la suite, on ne sait pas comment la coordination va être subventionnée", poursuit Stéphane Califice qui espère pouvoir encore compter à l’avenir sur un budget pour gérer et planifier les équipes de stewards. "Un cas comme aujourd’hui montre encore l’importance vraiment élevée d’avoir des stewards sur le terrain. S’il n’y avait pas eu de stewards, sans doute que le feu aurait encore été détecté bien plus tard", ajoute-t-il.

A côté des 120 stewards du Parc Naturel, d’autres bénévoles s’activent au long de l’année pour préserver les Hautes Fagnes. Depuis près d’un siècle, l’association "Les Amis de la Fagne" fédère les volontaires pour protéger le territoire fagnard. "On organise des excursions guidées pour sensibiliser le public, des excursions guidées par des guides toujours bénévoles", confie Roger Herman, président honoraire de l’association.

Au fil du temps, cette association a aussi acquis des terrains. "Progressivement, en complément de la réserve naturelle domaniale (ndlr, gérée par le DNF), la société des Amis de la Fagne a acquis des terrains fagnards qu’elle gère elle-même", précise Roger Herman. Des terrains, des réserves naturelles, que les bénévoles de l’association entretiennent ou restaurent.

Certains membres des "Amis de la Fagne" œuvrent d’ailleurs aussi comme stewards bénévoles du Parc Naturel des Hautes Fagnes, car l’un n’empêche pas l’autre.

Il arrive aussi que les bénévoles des Amis de la Fagne prêtent main-forte au DNF. "On avait en projet, mais maintenant l’incendie récent va l’empêcher, d’aller repiquer dans les zones restaurées des éricacées, c’est-à-dire des petites plantes qui sont les plantes spécifiques des tourbières, pour favoriser la restauration, car le personnel appointé du DNF n’est pas suffisamment nombreux pour faire tout ça", explique Roger Herman, inquiet de voir l’incendie en cours dans les Hautes Fagnes bouleverser les projets des bénévoles. "J’espère que le feu ne va pas pénétrer trop profondément dans la tourbe et détruire vraiment ce qui fait la valeur et la base de la réserve. On verra ça dans les prochains jours", confie-t-il.