Incendie dans les Fagnes : plus d'un siècle de feux majeurs recensés, dont le cataclysme record de 2011 avec 1 300 hectares de végétation partis en fumée
Le plan d’urgence provincial a été déclenché ce vendredi 14 août 2026Le point sur la situation ce samedi matin
L’histoire documentée des feux de forêt sur le haut plateau fagnard s’étend sur plus d’un siècle. L’un des premiers sinistres mis noir sur blanc et à grande échelle remonte à l’été 1911. À l’époque, une période de canicule sèche transforme la végétation en amadou. Débuté au mois d’août, le feu mettra près de deux mois à s’éteindre. Mobilisant plus de 2 000 soldats belges et prussiens armés de simples pelles, l’événement, qualifié par la presse régionale d’“Enfer de Dante”, détruit plusieurs centaines d’hectares et suscite les premières prises de conscience quant à la protection environnementale du site.

D’autres feux marquants ont traversé le XXe siècle, notamment durant les sécheresses historiques de 1947 et de 1976. Plus récemment, en mai 2023, un incendie a ravagé plus de 170 hectares dans le secteur de Brackvenn, nécessitant l’intervention concertée des services de secours belges et allemands. Mais l’incendie le plus dévastateur de l’histoire moderne du plateau reste celui du printemps 2011.

Les 25 et 26 avril 2011, les Hautes Fagnes connaissent la pire catastrophe de leur histoire récente. En ce printemps 2011, les conditions météorologiques sont critiques : une sécheresse prolongée, des températures anormalement élevées pour la saison et des rafales de vent puissantes. Bien que le drapeau rouge, signalant l’interdiction stricte d’accès à la réserve, soit hissé, un départ de feu survient en fin d’après-midi du lundi de Pâques.

En quelques heures, les flammes se propagent à une vitesse fulgurante. Au total, l’incendie ravage plus de 1 300 hectares de végétation, soit près d’un tiers de la réserve naturelle classée à cette période. Le bilan est considérable : l’équivalent de près de 2 000 terrains de football part en fumée. L’imagerie spatiale d’urgence a permis d’évaluer la délimitation exacte de la zone calcinée.

Face à la violence du sinistre, une mobilisation sans précédent est déclenchée. Des centaines de pompiers issus des zones de secours des régions verviétoises et liégeoises et de la Communauté germanophone, renforcés par des effectifs allemands et la Protection civile, luttent jour et nuit sur un terrain particulièrement difficile d’accès. Un hélicoptère de la police fédérale avait été déployé pour guider les opérations au sol, tandis que la Belgique active le service européen “GMES SAFER”, pour disposer d’une cartographie satellite en temps réel.

Comme le relataient à l’époque les reportages de L’Avenir, les dégâts matériels ont touché également de plein fouet les infrastructures touristiques. Près de 3,5 kilomètres de caillebottis, ces passerelles en bois aménagées pour permettre le passage des randonneurs sans dégrader la tourbe, sont détruits. Parmi eux figuraient des tronçons flambant neufs achevés juste avant le week-end pascal.
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